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L'amour dure trois ans - 7,5/10

Par Aelezig

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Un film de Frédéric Beigbeder (2011 - France, Belgique) avec Gaspard Proust, Louise Bourgoin, Joey Starr, Nicolas Bedos, Frédérique Bel, Jonathan Lambert, Bernard Menez, Anny Duperey, Elisa Sednaoui, Valérie Lemercier

Excellent surprise !

L'histoire : Marc sort d'un divorce douloureux, après trois ans de mariage. Dévasté, il se lance dans l'écriture d'un roman racontant sa triste expérience, sous forme de brûlot désabusé, visant à prouver que l'amour n'existe pas, en dehors de l'attirance physique des débuts. Mais il tombe de nouveau amoureux. La belle Alice se montre pourtant difficile à séduire, d'autant qu'elle est déjà en couple. Mais peu à peu, leur histoire se révèle vraiment sérieuse... Et c'est là que jeune écrivain apprend que son livre va être publié. Il ne faut surtout pas qu'Alice apprenne qu'il en est l'auteur, ou elle va immédiatement le prendre pour un infâme goujat et tourner les talons à tout jamais...

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Mon avis : Hier soir, après un week-end chargé, j'étais HS et j'avais les oreilles en feuilles de chou frisé.* Il me fallait quelque chose d'à la fois peu bruyant (pas un gros bazar hollywoodien), d'un peu risqué (comme ça je pouvais aller me coucher si c'était trop nul, sans rien rater) mais d'un peu attirant (si c'était bien, cela me distrairait des deux sirènes dans ma tête). Beigbeder sur la 2. Pile poil, ce qu'il me fallait. J'étais assez persuadée de tomber sur un bon gros nanar prétentieux, bobo parigot intello, qui allait me permettre de me défouler sur le blog ce matin ! Rien que le titre présageait de gros états d'âmes cyniques et énervants ! A l'image du réalisateur, chroniqueur littéraire mondain et fêtard, le genre qui me sort pas les yeux et les oreilles. Alors même que je n'ai jamais rien lu de lui...

Quelle erreur ! Le garçon est romantique ! J'ai été très agréablement surprise et le Fredo m'a fait oublier mes oreilles pendant une heure quarante ! (ce que ni les toubibs ni les acupuncteurs et autres noms en -pathes, -istes, ou -eurs, ou -logues, ne réussissent à faire ! vive le cinéma !). J'ai beaucoup aimé ce petit film, frais, intelligent, drôle et original.

La mise en scène, déjà, est tout sauf planplan. Faux-plans séquence imitant la célèbre pub de CNP Assurance, sur la Valse n° 2 de la Suite Jazz de Dmitri Chostakovitch, avec des citations de tous ordres qui s'inscrivent sur l'écran. Personnage central s'adressant au spectateur. Et un tas de gentilles trouvailles, de bons vrais gags qui font rire sans être niais et toute une galerie de personnages farfelus, fort bien interprétés. J'ai adoré tous les acteurs, à commencer par les trois rôles principaux. Gaspard Proust, c'était la première fois que je le voyais... en dehors de ses sketches télé qui ne me font pas rire. Et ce fut une révélation, drôle, classieux, sincère, juste. J'ai même aimé Louise, que j'assassine régulièrement dans ce blog ! Charmante, délicieuse, jolie comme un coeur, nature. Joey Starr, ce n'est pas nouveau, lui je l'aime depuis longtemps, ce garçon et je le trouve prodigieux à l'écran.

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Une comédie ébouriffante et pleine de fraîcheur ! Un bien joli moment. J'ai adoré les passages où Beigbeder s'amuse gentiment (et avec sa complicité) de son confrère en écriture, Marc Levy... qui, dans le film, est le responsable de son divorce et lui a piqué sa femme !

Le film est adapté du roman éponyme de Beigbeider, en partie autobiographique.

Marrante l'affiche : un tube de rouge à lèvres ? non, une cartouche de revolver ! Du rouge cosmétique ou du sang ? Tout un programme. A noter... de magnifiques images de mon cher Pays Basque !

Les critiques ont bien aimé aussi : "Le film est drôle et pétillant. Léger, au bon sens du terme. Les dialogues claquent, les personnages sont croqués avec le regard aiguisé du moraliste, la bande originale est exquise... Et les acteurs sont, tous, aux petits oignons". (Le Monde). "Il y a de l'humour, du recul, de l'hypersensualité dans ce premier film de Beigbeder, une comédie dont on se souviendra bien au-delà de trois ans." (Le Parisien). "Une comédie romantique, légère et pétillante (...). Beigbeder dose avec doigté les mots d'esprit, les scènes d'humour désabusé, de mélancolie et d'amour fou. Il a trouvé en Gaspard Proust son parfait alter ego cinématographique." (Le Figaroscope). On trouve bien quelques commentaires négatifs, mais qui ressemblent davantage à un règlement de compte envers Beigbeder, "forcément" superficiel, "forcément" égocentrique. Ca sent la mauvaise foi. Moi, à part sa tronche agaçante à la télé, qui d'ailleurs me conduisait vers un a priori défavorable (voir début de la chronique), je restais quand même "fraîche" de tout jugement préalable, "ouverte" à toute proposition... et j'ai été totalement séduite ! Les Cahiers du Cinéma, bien sûr ronchonnent : "Il ne ressort de cet exercice de séduction qu'une atmosphère de connivence généralisée où le fameux mauvais esprit de l'auteur se révèle pour ce qu'il est : un artifice de plus pour oublier qu'on patauge dans l'infect". Seigneur, qu'y a-t-il d'infect là-dedans ?

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Côté public, c'est très partagé. Beaucoup ont aimé, beaucoup déblatèrent sur le personnage Beigbeder. Tout ça encore une fois sent les a priori non digérés... Etrange.

Allez... laissez vous tenter !

* Je souffre d'acouphènes invalidants depuis huit ans.


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