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Le monde selon Garp

Publié le 21 septembre 2014 par Olivier Walmacq

Garp est un homme comme tant d'autres dont la vie déferle sur l'écran avec son enfance, ses premiers émois, les tragédies et la mort...

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La critique selon Borat

Il est toujours malheureux d'aborder un film quand l'un des principaux intéressés vient de nous quitter. Déjà parce qu'on s'était dit qu'on avait le temps de le faire. Avec Robin Williams c'est bel et bien le cas. Au début de sa carrière, Robin Williams est avant tout une star de télé et son premier rôle au cinéma est un échec artistique et commercial à savoir Popeye de Robert Altman. Pourtant il rebondit avec Le monde selon Garp de George Roy Hill, le réalisateur de L'arnaque. Outre Williams on retrouve également Glenn Close, John Lithgow, Mary Beth Hurt et Amanda Plummer. Le monde selon Garp peut se voir comme l'ancêtre de Forrest Gump puisque l'on découvre l'existence d'un personnage de sa naissance jusqu'à un certain point de sa vie. Il nous montre également le portrait d'une population mais aussi certaines visions du monde moderne comme le féminisme ou le fanatisme. Catégorisé comme une comédie-dramatique, Le monde selon Garp est peut être plus profond qu'on ne peut le penser au premier abord.

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(attention spoilers) Le film commence et finit dans les airs mais le traitement est totalement différend. Ainsi la première image du film montre Garp balancé dans les airs par sa mère. Il se finit sur Garp dans un hélicoptère en état critique repensant à sa vie. La vie de Garp est au combienbanale et pourtant le spectateur s'ébahie et s'émeut de ce monsieur-tout-le-monde. C'est là où le talent de Robin Williams fonctionne à merveille: réussir à transcender un rôle qu'aurait pu tenir un De Niro en mode Actor's studio (rien de mal Bob, c'était juste une boutade). Il sait autant amuser qu'émouvoir et c'est en cela que Garp devient un héros attachant et poignant auquel le spectateur peut se familiariser. Même si l'auteur John Irving avait mis beaucoup de lui dans son roman, la prestation de Williams renvoie au quotidien et ses aventures n'en deviennent que plus passionnantes. On suit le quotidien et ses aventures n'en deviennent que plus passionnantes. On suit le combat de sa mère pour une certaine libération de la femme, son combat à lui contre les violences commises sur les femmes et une certaine forme de fanatisme, son amitié avec un transexuel, l'amour de sa vie, l'angoisse de la page blanche et surtout l'accident. 

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Si la première partie se veut assez merveilleuse avec la vie qui suit son court, la seconde est terriblement bouleversante et accumule les drames. En une scène tout éclate: deux mâchoires cassées, un pénis sectionné, un enfant tué, un autre borgne. Un choc qui permet de donner une certaine morale aux éléments. Une fellation adultère amène à l'objet du délit supprimé et la punition pour la femme de Garp sera la mâchoire cassée, véhicule de l'acte (désolé pour la crudité). De l'autre la fureur de Garp tuant son fils l'enferme dans un mutisme nécessaire au deuil et au pardon. Au final, ils sont responsablles de l'accident tous les deux et devront pardonner leurs péchés respectifs: lui la mort de son fils, elle l'adultère. Outre cela et comme dit plus haut, le film s'intéresse au féminisme et ses dérives. Ainsi, la mère de Garp incarnée par Glenn Close (cela a dû lui faire plaisir d'avoir un fils de cinq ans de moins qu'elle!) a ouvert un centre pour femmes battues ou en difficulté. Alors que son fils commence à écrire des romans, elle devient une star et rapidement les dérives arrivent. 

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En effet, elle devient trop importante et certaines fanatiques voient d'un mauvais oeil le combat de la mère et du fils contre les Jamesiennes. Miss James fut victime de viol et son agresseur a été jusqu'à lui couper la langue. Les Jamesiennes reprennent cela soi-disant en solidarité avec la victime. Sauf que si elles étaient vraiment solidaires, elles auraient arrêté lorsqu'Ellen leur a demandé. Le propre d'une secte. La mort de la mère de Garp ne fera que confirmer cela. Si elles n'ont pas tué sa mère, les Jamesiennes lui interdisent à lui et à tous les hommes d'assister aux commémorations. Un affront confirmant l'aspect sectaire de ces femmes et si Garp s'exilera de toute cette folie, il n'en reste pas moins que son sort est déjà levé et la fin aussi absurde que tragique d'arriver. (fin des spoilers) Le monde de Garp s'impose comme un film sur la vie et son absurdité, où la bêtise et l'imagination se confrontent souvent avec violence. Un film peu évoqué dans la filmographie de Robin Williams comme dans celle de son réalisateur et rarement diffusé (je l'avais vu l'an dernier sur Arte qui plus est en VO) et qui méritait bien d'être mis en valeur. Le reste du casting s'avère de grande qualité notamment John Lithgow émouvant en transexuel et bien éloigné de ses rôles de méchant que lui a offert par exemple Brian De Palma.

Un film magnifique où se cotoie la vie et la mort avec une certaine subtilité et permettant à Robin Williams de trouver un premier grand rôle.

Note: 18/20


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