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Bon rétablissement, Palladium: l'hôpital dans tous ses états!

Par Filou49 @blog_bazart
21 septembre 2014

 L'an passé, le mois de septembre avait été pour moi synonyme de chambre d'hôpital puisque j'avais du subir une ( petite) intervention chirurgicale qui m'avait fait voir de l'intérieur les coulisses de ces établissements, aussi rassurants qu'effrayants...

Et cette année, inconsciemment, je me suis fait une nouvelle cure de blouses blanches et de perfusions, mais heureusement à distance, puisque en tant que lecteur ou simple spectateur.

En effet après l'excellent Hippocrate ( dont je redis tout le bien dont je pense, le film étant toujours en salles), je me suis plongé coup sur coup dans un autre film et un roman qui ont l'hôpital en toile de fond... heureusement que le film était plus léger que le livre, sinon, l'angoissé que je suis aurais certainement fait une petite syncope :

1.Bon rétablissement !: un film de Jean Becker qui ne traine pas trop la jambe!!

Bon rétablissement, Palladium: l'hôpital dans tous ses états!

Je l'ai dit la semaine dernière lors de ma dernière sélection ciné en date, j'avais eu la chance d'assister au tout début du mois de septembre à une avant première proposé par l'UGC Confluence en présence du réalisateur Jean Becker et de son acteur principal Jean Lanvin autour de leur nouveau film en commun, intitulé Bon Rétablissement!, un film qui est à l'affiche de toutes les salles depuis mercredi dernier.

 

ugc confluence bon rétablissement
J'y suis allé sans beaucoup d'excitations, car je suis loin d'être un fanatique du cinéma de Jean Becker et j'y ai trainé un ami qui n'avait jamais eu la chance(?) de voir un film de ce cinéaste, et si ce dernier n'a vraiment pas été convaincu et ne semble pas prêt à replonger dans un film de Becker Junior de sitôt, j'ai, de mon côté, était plutôt déçu en bien comme on dit, en trouvant que le film, pourtant assez conforme à l'esprit des films de ce cinéaste gommait une bonne partie des défauts de son cinéma.

En effet, laissant de côté les pêches à la lignes, les saucissons pinard (enfin le pinard pas totalement, on a le droit à une dégustation de jurançon) et les virées en vélo le long d'un fleuve, Jean Becker semble plutôt aller du coté du  « film de copains » à la Yves Robert, qui a fait les belles heures de la comédie française dans les années 70 ( et qui fait partie de mes films cultes que je ne me lasse pas de voir). 

Cela est évidemment du à la présence de Jean-Loup Dabadie que l’on a plaisir à retrouver pour nous trousser des dialogues et des bons mots plutôt percutants et saisissants.

Tout le monde est gentil dans ce film, sans doute un peu trop, le personnage de Gérard Lanvin semble découvrir à 60 ans passés qu'une jeune fille de 14 ans peut tomber enceinte sans connaitre le père du gosse, mais cette candeur absence de cynisme et de manichéisme fait parfois du bien..

bon-retablissement
Alors certes, la réalisation est pépère, le scénario ne casse pas forcément une patte à un canard (mais une jambe à un Gérard Lanvin bougon comme jamais), mais on a plaisir à y voir une flopée de personnages hauts en couleur interprétée par des acteurs qui ont plaisir à jouer ensemble, épaulés par des seconds rôles bien étoffés (surtout Swan Artaud, vraiment touchant en prostitué et un Fred Testot pour une fois pas trop faux en flic en mal de père) et quelques guest-stars dans des premiers rôles au cinéma plutôt convaincants (Daniel Guichard, Anne Sophie Lapix).

Bref, évidemment, ce "Bon Rétablissement!" n'est pas un immense film, mais plutôt une agréable surprise, qui a au moins le mérite de nous rendre l'athmosphère d'un hôpital un peu moins anxiogène.

  2. Palladium: l'enfer c'est moi même...

palladium
...un univers anxiogène que l'on ressent par contre bien plus dans "Palladium", un premier roman paru lors de la rentrée littéraire 2013 écrit par un certain Boris Razon. J'avais beaucoup entendu parler de ce roman, ardemment défendu par la critique et figurait parmi les finalistes du Goncourt, mais j'avais peur de lire, de par son sujet, particulièrement anxiogène pour un angoissé et pas loin de l'hypocondrie que je suis...

Et puis finalement, lorsque je l'ai vu paraitre dans la sélection des blogueurs du livre de poche du mois de septembre ( car c'est aussi la rentrée pour les poches), je me suis dit que je pouvais quand même pas passer à côté de ce livre qui nous présente de l'intérieur la brusque descente aux enfers d'un homme qui se retrouve paralysé en quelques semaines, puis six mois qu'il passe sur son lit d'hôpital, en proie à de nombreuses hallucinations.

Le livre commence de manière très fort, avec cent premières pages, haletantes, addictives, qui défilent comme un compte à rebours implacable, où la maladie accapare progressivement  le corps de ce journaliste qui ne sait pas comment parer ce corps étranger qui s'immisce en lui de façon de plus en plus terrifiante.

Boris Razon cherche à comprendre comment il a bien pu se retrouver paralysé de la tête aux pieds sur un lit d'hôpital; à la recherche de l'instant fatidique, et j'ai trouvé cette démarche passionnante et effrayante en même temps.

Ensuite, dans un second chapitre, on part dans un univers totalement barré, dans lequel l'auteur nous narre les voyages totalement hallucinés  que son esprit a pu faire.  Si l'idée de mélanger hallucinations du malade  et extraits bruts de son dossier médical est vraiment épatant, mix saississant de froideur clinicienne et de délires inhérents à la maladie et aux médicaments, il faut reconnaitre qu'on a quand même du mal à suivre ces passages tellement hors de toute raison, où l'on croise pirates sanguinaires, prostituées japonaises, chiens maquillés,  et bout d'une centaine de passages on perd le fil et on a du mal à s'accrocher à quelque chose de tangible, malgré l'évidence du style littéraire.

Heureusement, la dernière (courte) partie, lorsque l'auteur recouvre peu à peu ses esprits, captive à nouveau, et surtout bouleverse totalement, notamment dans cette scène magnifique où Boris Razon ne se reconnait pas dans le miroir de l'ascenseur et voit son double d'avant la maladie lui dire au revoir...

Une scène absolulement déchirante comme on en lit rarement dans la littérature française. Une lecture dérangeante, inconfortable mais en même temps déchirante et indispensable.


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