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Michel (De Baz'art) a succombé à la Near Death Experience de Michel (Houellebecq)

Par Filou49 @blog_bazart
22 septembre 2014

 Et si on en remettait une couche sur les 100 ans du Comoedia? On n'a pas tous les jours 100 ans, comme dirait l'autre, et puis tous les soirs ou presque il y a des passionnantes rencontres avec des cinéastes qui s'y passent.. et quand je ne peux pas y aller, c'est mon cher comparse Michel qui y va. C'était le cas jeudi soir, lors d'une projection du film "Near Death Experience" en présence du réalisateur du film Gustave Kervern.

L’adorable Gustave Kervern - et très bon acteur au demeurant, cf "Dans la cour"- y est venu présenter son dernier film, tout étonné d’avoir une salle pleine pour son film, qui ne connait visiblement pas le même succès dans les autres villes de France.

Une rencontre passionnante, très prolixe en anecdotes, et autres histoires de tournage, et un film qui personnellement ne me tentait pas beaucoup (voir Michel Houellebecq et sa gueule ravagée seul sur l'écran pendant 1h30 n'était pas un perspective qui m'enthousiasmait plus que de raison), mais qui a beaucoup ravi Michel, et il nous explique pourquoi dès à présent.

near death
Êtes-vous parés pour l’expérience ? Êtes-vous prêts à accompagner Paul, employé France-Télécom en plein burnout dans son dernier voyage ? Père, mari, employé dépassé par sa propre médiocrité et la vie en générale, il enfourche son vélo et décide de mettre fin à ses jour à l’ombre de la montagne Sainte Victoire, dernière témoin de sa sainte défaite. Clochard céleste, durant deux jours Paul fait le point et s’interroge : « Un père mort ne vaut-il pas mieux qu’un père sans vie ? »

« Comment vivre lorsqu’on n’aime pas les gens mais que l’on aime le bruit que font les gens ?» Emouvantes confessions devant sa famille de pierres, ou drolatique rencontre avec un braconnier Paul cherche mais ne trouve pas.

Surtout ne vous laissez pas décourager par se pitch dépressif, « Near Death Expérience » est une formidable ballade et une vraie expérience cinématographique. Tourné en dix jour avec une caméra vidéo fin de siècle (le XXe il ne faut pas exagérer !) et un formidable acteur/personnage débutant au cinéma : Houellebecq  plus Houellebecq que jamais, ce film est un pur moment de cinéma.

Delépine et Kervern nous ont déjà montré dans leurs précédents films qu’ils savent ce que mettre en scène veut dire et chaque plan de ce film est un tableau, surréaliste, tachiste, cubiste, dadaïste, fauviste mais surtout un tableau qui pleure, transpire et souffre, qui vit malgré la morbidité du sujet.

Comment l’univers très à gauche des compères Kervern et Delepinne s’est retrouvé soluble dans la pensée très réactionnaire de l’écrivain idéologue Houellebecq fait partie des nombreuses questions que l’on se pose lorsque les lumières se rallument.

Un film qui interpelle et questionne c’est assez rare finalement, ne passez pas à coté de cette expérience. 


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