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Culturopolis-Express

Publié le 22 septembre 2014 par Delanopolis
Reprise de nos virées culturelles à Paris ... Culturopolis-Express
1) Hôtel Europe : Bernardo Furioso

Le ridicule ne tue pas. BHL en est la preuve vivante depuis plus de 40 ans sur la scène culturelle française. Il ne faut donc pas s'énerver mais au contraire se distraire des saillies de ce fanfarosophe accusé à tort d'avoir pris la place d'authentiques penseurs et artistes. L'espace médiatique donné aux écrits et bouffonneries de BHL n'aurait pas été accordé à des propos plus sérieux. BHL n'a pas mangé le pain des intellectuels, il s'est fait livrer une fournée qui n'a fait défaut qu'aux gens de télévision, et encore. BHL est un jeu à somme nulle.

Son temps est en tout cas passé, il est désormais supplanté par des Onfray et des Enthoven, guère plus solides mais carrément moins drôles. Un ami critique de théâtre m'a traîné la semaine dernière à sa pièce "Hôtel Europe", en me promettant une franche tranche de rigolade. Le fait est que cette longue éructation, mélange de "name dropping" - comme disent les Américains - et de coprolalie est parfois distrayante. Par exemple, la narration du déhanché fatal de Pamela Harriman, ambassadrice des Etats-Unis clintoniens et croqueuse d'hommes riches, dans les eaux de la piscine du Ritz était bien amusante en ce qu'elle nous montrait BHL pour ce qu'il est : un petit garçon émerveillé d'être quelquefois admis dans le bassin des grands.

Hélas, l'accumulation de diatribes gratuites et de dithyrambes inutiles, selon que BHL vous a classé dans la catégorie des bons ou des méchants, l'usage immodéré de la vulgarité pour suppléer à la faiblesse des argumentaires, tout cela finit par casser la tête et provoquer un haut-le-coeur.

Jacques Weber sauve la pièce in fine : comment parvient-il à son âge à retenir chaque parole de cette diarrhée verbale sans hésiter une seule seconde ? Avec BHL, tout est toujours dans le physique.


2) Lucy et les Combattants

Le cinéma pour adolescents est représenté en ce moment sur les écrans par un film de Luc Besson, "Lucy" et par celui d'un jeune réalisateur remarqué à Cannes, selon la formule suspecte et consacrée, Thomas Cailley. Besson n'a pas son pareil pour enfoncer des portes ouvertes et convaincre son public qu'il est plus malin que ses personnages. Histoire inepte, psychologie ridicule, personnages caricaturaux à la limite du racisme, intrigue éculée : rien ne fait défaut à ce navet à ranger dare-dare dans le frigo du cinéma légumier. Tant pis pour les rondeurs mamo-mammifères de Scarlett Johansson. Cailley a tenté, lui, le registre du réalisme populaire en décrivant la cavale de deux jeunes paumés effectuant une préparation militaire et se transformant soudain en Robinson Crusoe du parcours du combattant. Mais le réalisme, c'est difficile : à un moment il faut aborder la rive symbolique et poétique de toute oeuvre et le raccord est périlleux. Cailley le fait tout à trac, sans vraisemblance aucune et son film se termine en queue de poisson. Disons que ce fut un coup d'essai sans être encore un coup de maître.


3 - Tiki Pop

C'est astucieux, inattendu et drôle de faire revivre au musée du Quai Branly les décors hawaiens qui s'emparèrent des bars et restaurants californiens des années 1930 aux années 1960. Ce croisement du primitivisme et de la matière plastique donna tant de fraîches émotions, y compris érotiques, à tous ces mâles occidentaux qui réussissaient mais s'ennuyaient un peu au bureau. A quand le néo-tiki-pop ?


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