En passant dans les jardins circulaires, des êtres incroyables sont assis, debout, méditant, regardant le visiteur ou l'ignorant cordialement. Et, plus on s'enfonce dans les fougères, dans la forêt, plus les oeuvres sont folles, poétiques, suspendues, surréalistes, déroutantes.
C'est avec des yeux d'enfants que nous fouillons les feuillages du regard et cherchons les trésors cachés. C'est avec un regard émerveillé que nous nous fondons dans le décor, que nous frôlons une sculpture et que nous nous laissons arroser par le jet d'eau arc-en-ciel. Le manège des chevaux est à l'arrêt mais nos cerveaux sont en pleine ébullition. Et ça, qu'est-ce que c'est ? Et là, à ton avis, qu'a donc voulu représenter l'artiste ? La plupart du temps, on demeure en désaccord. Aucune hypothèse n'est la bonne et elles sont toutes valables. On plane en apesanteur dans un autre univers.
Le cadre naturel est immense et sans limites. Les expositions éphémères dénotent et s'intègrent dans le paysage, à la fois dérangeantes et installées comme une évidence. Et puis, en revenant vers le château, un instant magique : les cocons. On descend quelques marches parce que, comme on dit, on a vu de la lumière et on a voulu entrer. On s'arrête au seuil parce que l'eau rase les premières marches de cette salle en sous-sol, on se penche et on laisse l'art nous submerger de sensations et d'émotions.
Plus loin, c'est le verger et une autre roseraie, cette fois quasiment entièrement consacrée à ces nobles fleurs. Il y en a de toutes les couleurs et de toutes les senteurs. D'espèces de démons mi-diables, mi-Bacchus, se marrent doucement en nous observant humer les roses. On dirait que les bougres vont se lever et nous courir après.
A la sortie, on bénit les propriétaires hollandais d'avoir su allier à la perfection l'art et la nature, d'avoir fait naître cet incroyable jardin et d'entretenir cet esprit farfelu et brillant. Toute l'intelligence des passionnés.
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