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Tiré de l’étagère | « A nous deux, Paris ! » de Benoît Duteurtre

Publié le 02 octobre 2014 par Generationnelles @generationnelle

Ranger le dernier best-seller à la mode amène souvent à redécouvrir des chefs d’oeuvre cachés bien au chaud dans sa bibliothèque.

Paris-Canaille laisse les Anciens bien songeurs mais un autre Paris si proche et déjà daté est célébré par beaucoup. Benoît Duteurtre amène les lecteurs d’ « A nous deux, Paris! » dans un saut délectable vers le passé.

De quoi ça parle? Paris 1980. Le Forum des Halles  scintille de sa structure flambant neuve faisant oublier le « ventre de Paris » du paysage de la capitale. C’est dans ce quartier rutilant vibrant aux sons punk, mode new-wave et rythmes funky que débarque Jérôme. L’étudiant fou de musique vient finir ses études d’Histoire de l’Art avec le profond désir de goûter à tous les plaisirs de la capitale notamment les nocturnes. Lui laisseront-ils un goût amer?

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Qu’est- ce qu’on en pense? C’est un grand plaisir d’ouvrir  » A nous deux, Paris! » sans véritable à priori, avec même une relative envie de découvrir la cité des années 80. Peut-être parce que cette époque a soulevé pas mal de fantasmes, la new-wave à la française en tête, sans doute aussi parce qu’elle englobait pas mal de révolutions dans différents domaines évoquées déjà dans La Meilleure Part des hommes de Tristan Garcia. Mais là où Garcia voyait de la politique et des symboles dans toutes les actions, Benoît Duteurtre préfère la description pas à pas de ce Rastignac à l’ère de Jacno. Des premiers pas dans la capitale de ce provincial ambitieux, aux premières galères en passant par les premiers doutes, tout y est pour pousser très loin ce roman d’apprentissage vintage délicieux. Plongées dans les rencontres jazz, les concerts punk et les soirées disco, il faut souvent prendre sur soi pour ne pas danser en rythme sur ces musiques racontées, ou regretter de n’avoir pas pu connaître un brin de ces temps obsolètes. Mais le rêve  ternit vite et  cette vie de bohème portée sur l’alcool et  la drogue connaît ses limites. Des limites irrévocables. Nostalgique sans être passéiste, idyllique sans être idéaliste, ce livre est beaucoup plus qu’un divertissement, et peut toucher droit  le coeur ses lecteurs.

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