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La porteuse de mots d’Anne Pouget

Par Karine Simon @karine59630

Le 6 octobre 2014

Synopsis :

« A l’eau ! A l’eau ! Qui veut de ma bonne eau ? » Du matin au soir, Pernelle arpente les rues de Paris. Sur ses épaules, deux lourds seaux remplis de l’eau qu’elle propose aux passants. Dans sa poche, un papier froissé couvert de mots qu’elle s’acharne à déchiffrer. Car la petite porteuse d’eau caresse un rêve secret : apprendre à lire. Ce n’est qu’un espoir inaccessible… jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’Enzo, un jeune étudiant italien prêt à lui donner des leçons. C’est la première étape d’une succession d’évènements incroyables qui mèneront Pernelle bien au-delà de ses rêves.

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Les premières lignes :

Pernelle se massa les épaules, ultime répit avant de se jeter dans la mêlée : malgré l’heure matinale, la fontaine de la Halle était assaillie de monde ; ça chahutait, ça criait, ça se bousculait autant que dans une basse-cour à l’heure du grain. Armée de ses seaux, la jeune fille se fraya un chemin, reçut quelques coups au passage, en distribua autant, avant d’attraper la margelle pour ne plus la lâcher.

Mon avis :

Je ne connaissais ni l’auteure, ni le livre. Mais un concours de circonstances a fait que j’ai échangé ce livre contre un autre avec une autre blogueuse qui se reconnaîtra, et je la remercie encore pour cette très jolie découverte.

Anne Pouget est une romancière et historienne française spécialiste du Moyen Age. Elle a déjà reçu de nombreuses récompenses pour son travail, et je peux vous dire qu’après la lecture de La porteuse de mots, que c’est grandement mérité.

Pernelle est une porteuse d’eau, comme on en trouvait beaucoup dans le Paris moyenâgeux, et certainement dans d’autres grandes villes de l’époque. Chaque matin, c’est un véritable bras de fer pour se rendre aux trop peu nombreuses fontaines de la ville en pleine expansion, pour remplir ses seaux et aller distribuer son eau contre quelques piécettes. Mais Pernelle n’a pas le choix, elle est issue d’une famille pauvre, elle vit avec ses parents et son frère. Pernelle rêve d’apprendre à lire, mais à l’époque quand on est une fille et qui plus est sans ressources, c’est quasiment utopique. Mais c’est sans compter sur le courage et la détermination de la jeune fille.

J’ai tout adoré dans ce roman jeunesse abordable dès dix ans, je pense. Les personnages sont très attachants. Mais ce qui m’a surtout plu, c’est le côté historique du livre. Les descriptions du Paris de l’époque, l’ambiance du roman, le vocabulaire employé. Il a un réel côté pédagogique.

On y retrouve également les croyances encore à l’époque, la peur du diable, la sorcellerie. On y découvre les cours de justice, et les avocats pour animaux (oui, vous avez bien lu). Il y a de nombreux parallèles avec des faits historiques avérés, tel que la naissance de la princesse Claude, fille du Roi Louis XII, et future Reine d’Angleterre. On y apprend des métiers depuis longtemps disparus, et des inventions de l’époque (Les boutons, par exemple), et les débuts de l’imprimerie. Certains des personnages du roman, sont des personnages réels, tels que Erasme et Aldo Manuzio. Un petit lexique à la fin permet de découvrir, plus en détails, les faits historiques avérés, et les biographies des différents personnages réels.

Alors oui l’histoire est un peu convenue, il arrive les pires malheurs à la jeune fille, et bien évidement, elle et sa famille, s’en sortent à chaque fois. Elle reçoit du soutien, et tout cela est un peu trop positif par rapport à la vraie vie. Mais il ne faut pas oublier que ce petit roman s’adresse aux plus jeunes et qu’on pourrait dire cela de nombreux contes jeunesses. Personnellement, ça ne m’a pas du tout dérangé.

L’écriture est simple mais efficace. L’ensemble se lit très vite, et j’ai eu du mal à m’arrêter de lire.

Une mélodie n’est musique que parce qu’elle est composée avec des notes différentes, une alternance de sons doux, de sons forts, ainsi que des silences qui, se liant et se succédant, forment une harmonieuse unité. De même, si notre vie ne se résumait qu’à des choses heureuses, comme un son identique répété à l’infini, à quoi ressemblerait la musique de notre vie ?

En bref, voilà un petit roman que je conseille vivement, si vous aimez l’histoire et la littérature jeunesse. Pour ma part, je vais m’intéresser de plus près aux autres publications de l’auteure.

Ce roman est disponible aux Editions Casterman depuis le 17 septembre 2014.

Cette lecture entre dans le challenge 1% de la Rentrée Littéraire.

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