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L’aspiration pneumatique des déchets: le progrès est en marche

Publié le 07 octobre 2014 par Emmanuel S. @auxangesetc

Dans mon quartier flambant neuf, il a été instauré la « collecte pneumatique » des déchets. Autrement dit, je descends au pied de mon immeuble, je jette le tout soit dans une borne au couvercle jaune pour la poubelle recyclage, soit dans une borne au couverte gris pour la poubelle qui pue.

Et là, magie du progrès: les déchets tombent. Ah non, en fait, c’est la gravité. Le progrès vient après: les déchets tombent sur une sorte de tapis roulant 4 fois plus grand qu’au supermarché (à vrai dire c’est un système d’aspiration, mais je ne trouvais rien de drôle à cela), et amène les déchets dans un lieu de stockage, toujours sous terre, pour que ces déchets puissent être aspirés par un camion spécial, le tout en déhors du périmètre du quartier. Ou plutôt, juste à la sortie du micro-quartier.

C’est beau le progrès. Mais pas parfait.

C’est sûr, cette magnifique nouveauté était avant tout un discours électoraliste de la mairie et un argument de vente du promoteur prêt à tout pour vendre du rêve au travers d’une société de promotion immobilière. Et oui, en cas de problème, il ne faudrait quand même pas assumer en direct les impondérables d’un chantier de construction, que l’on s’appelle Bouygues, Kaufman & Broad ou Vinci. Je ne cite pas ici les filiales de mon employeur, ça ferait mauvais genre…

Anyway… Il est indéniable que cela est confortable de ne pas avoir le matin à 6h les camions qui passent dans la rue, le bruit et les cris des éboueurs qui accompagnent la tournée matinale, sans compter les automobilistes parisiens déjà en stress à cette heure de la journée. Toutefois, ce système est basé sur la responsabilité des habitants. Et c’est là que la bas blesse. Il ne faut jamais faire confiance à l’être humain! Entre les bornes salies parce que les gens ne savent pas jeter une poubelle normalement sans en mettre partout tant que cela n’est pas chez eux et ceux qui continent de remplir les bornes quand elles sont coincées et débordent, sans oublier les flemmards qui ne savent pas porter un carton sur les bornes dédiées parce qu’il faut marche 3mn (comme me l’a dit une voisine, et je n’invite rien, un carton, c’est lourd (y’a vraiment des cons gens curieux!) et puis elle ne va quand même pas faire ça toute seule!). Et puis bien sûr, il ne faut pas oublier que le camion d’aspiration fait un boucan d’enfer et tombe en panne tous les deux mois, obligeant la mairie à mettre en place une collecte comme au bon vieux temps, avec des bons vieux camions-poubelle et les rats qui rôdent.

Au final, nous sommes vraiment dans une société d’assistés où l’égoïsme règne en maître malgré l’arrivée au pouvoir des socialistes. Je croyait que l’égoïsme était l’apanage des mecs de droite comme moi. Tout fout le camp dans le monde!

Au-delà des incivilités et de la bêtise humaine, c’est malgré tout un progrès: on évite les nuisances du ramassage des ordures et les poubelles non esthétiques dans le paysage urbain et au pied de nos fenêtres et balcons. C’est surtout toute une organisation et une technologie de pointe pour permettre cela. Globalement, mais j’ai pas tout bien compris, tout démarre avec des capteurs qui détectent les déchets dans les bornes. S’ensuit alors la création d’une dépression statique dans les canalisations de collecte grâce à la mise en route de turbo-exctrateurs. Le transport est ensuite assuré par la circulation d’air dans les réseaux. Arrivés au point de collecte finale, ils sont compactés et gardés dans un conteneur hermétique. Mais ce n’est pas fini, car l’air utilisée pour le transport des déchets est filtrée à l’aide de filtres à particules grâce auxquels poussière et odeurs sont éliminés avant que l’air ne soit expulsé dans l’atmosphère via un silencieux.

Et je reste admiratif car il faut organiser la collecte pour 15 immeubles du quartier en un même système de ramassage et d’acheminement avant que la récupération finale des déchets. Au total, il y a plus de 230 bornes de collecte au pied des immeubles, soit 15 immeubles, 3,200 logements pour environ 4,800 habitants. Cela apporte malgré tout un confort non négligeable financé par nos impôts et la taxe de collecte des ordures ménagères, soit toute la commune!

Si vous êtes curieux, voici quelques infos sur le système: clic et clic.

Le nouveau quartier en construction aux Batignolles va également opter pour cette solution. Comme quoi, le bio via le terme « éco-quartier » est également au goût du jour pour les déchets, magnifique!


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