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Kinderzimmer

Publié le 07 octobre 2014 par Pralinerie @Pralinerie
Ce roman de Valentine Goby a été beaucoup mis en avant lors de la dernière rentrée littéraire comme un incontournable. Je ne peux qu'adhérer à cette opinion !  J'ai d'abord pensé : "voici un énième roman sur la déportation et les camps de concentration". C'est un sujet important, lié à la mémoire. Mais c'est un sujet qui suscite une production très vaste, où le pire côtoie le meilleur. J'avais peur que de lire un roman sans originalité. Eh bien, c'est loin d'être le cas ! Il est encore possible de parler des camps et de dire des choses nouvelles.  Suzanne, alias Mila, est une déportée politique française. Elle arrive à Ravensbrück en 1944. Enceinte. Elle découvre cet enfer qu'est le camp. Elle voit la déshumanisation, la maladie, la mort. Et elle s'interroge : est-elle vraiment enceinte ? Rien ne bouge, rien ne se voit. Et pourtant, la vie grandit en elle.  Histoire d'une survie, d'une mémoire mais aussi réflexion sur le roman et l'histoire, ce livre est un très bel objet. Il interroge la mémoire, les dates et la construction de la grande comme de la petite histoire. Il mêle des voix diverses, celle de Mila bien sûr, mais aussi celles de toutes ces femmes qui l'entourent. Elles parlent en français, en polonais, en allemand. Leurs phrases sont courtes, hachées. Certaines émergent de cette masse indistincte avant d'y replonger, de s'y noyer à nouveau. C'est certainement cette narration, qui inclut toutes les femmes, qui m'a fait entrer dans ce livre Pas de sentiments, des sensations uniquement. Elle est là aussi la déshumanisation : Mila est un corps mais son âme a disparu. Son seul objectif est de survivre, elle ne s'attarde plus sur la tristesse ou la joie. Certes, elle participe à une solidarité qui donne de l'espoir aux prisonnières. Mais ce n'est pas par engagement, c'est pour la survie ! Je reprocherai cependant à ce roman son langage cru, la violence des images : la saleté, la maladie, les tas de cadavres sont de toutes les pages. On comprend à moins que ça. On se laisse surprendre, écœurer, déstabiliser les premières fois. Puis l'on est toujours plus révulsé par ces images insupportables.  Rembrandt

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