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The Smashing Pumpkins – Adore

Publié le 07 octobre 2014 par Touteouie @Toute_Ouie

adore deluxe edition the smashing pumpkinsAdore est sans doute l’album le plus sous-estimé de la discographie des Smashing Pumpkins. Alors que le chef d’œuvre ressort sous forme deluxe avec 107 morceaux (oui, oui), on a eu envie de nous replonger dedans.

Lorsqu’Adore sort en 1998, il suscite autant de haine que de louanges. Exit Jimmy Chamberlain et ses talents de batteur (merci les boîtes à rythmes), pas de gros riffs qui font saigner les oreilles comme les Pumpkins savent très bien faire. Au lieu de ça, on se retrouve dans un monde sombre, et empli de peine. Certes, avant Adore, la joie de vivre n’a jamais été un fonds de commerce dans les paroles de Billy Corgan, mais là, on souffre en douceur, même si heureusement il n’y a pas que ça. Il n’y a qu’à prendre la toute première chanson d’Adore, To Sheila, petite balade à la guitare sèche, qu’on écouterait volontiers au coin du feu avec un amoureux (partons dans les clichés). Ava Adore arrive ensuite avec ses gros sabots et son ambiance hypnotique et vampirique. Profitons-en pour dire que son clip lui va à ravir. Perfect revient dans la légèreté même si le titre est vite oublié lorsque Daphné Descends commence et nous emmène dans l’intimité de Daphné éprise de son mystérieux amant. D’où vient-il ? Qui est-il ? Tout ce qu’on sait c’est qu’elle ne peut pas lui résister…

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S’en suivent 3 titres comme des lettres ouvertes à Maman Corgan. Once upon a time est une douce introduction à plusieurs voix, avant de plonger dans la magnifique Tear. Petite explication de texte : Tear peut dire deux choses selon la façon dont le mot est prononcé : soit déchirer, soit larme. Tu vas vite comprendre pourquoi on s’attarde sur ce point. Tear est sans doute le titre le plus triste de l’album, et c’est aussi le plus chargé d’émotion jusque dans l’instrumentation. On dégringole avec la batterie dès le départ avant de lancer un rideau de larmes avec les violons. Puis Corgan seul (ou presque), semble se parler à lui-même ou plutôt au fantôme de sa défunte mère. Tear semble faire office de thérapie de bout en bout. On a rarement vu de plus belles chansons sur ce thème, soyons honnête.

Comme si on n’avait pas suffisamment pleuré, Crestfallen vient enfoncer le clou. Beaucoup plus douce que la précédente mais pour autant tout aussi puissante, Crestfallen reste sur la même thématique. Corgan a vraiment des choses à régler avec Dieu. « Along the way, I lost my faith »…

Appels + Oranges vient remettre une petite lueur de chaleur musicale. L’électronique est désormais bien plus présente que jusqu’à maintenant, mais le tout fonctionne bien. Pug nous fait penser à du Garbage – en tout cas son couplet. En même temps, c’est la même période. The Tale of Dusty and Pistol Pete passe vite et on enchaîne avec Annie-Dog (son piano entêtant), l’atmosphérique Shame et la tragique Behold the Nightmare. Ces trois chansons sont un vrai délice pour pleins de raisons différentes, mais ce qui les caractérise le plus est sans doute la sobriété. En même temps, à ce stade de l’écoute, ça fait 1h qu’on est plongé dans l’ambiance imparable d’Adore et on a-d-o-r-e ! (ahah, on se retient depuis le début !)

Le 14e titre s’intitule For Martha. Et qui est Martha à ton avis ? Maman Corgan, pardi ! La veinarde récupère quelques-unes des plus belles paroles écrites par son fiston « your picture out of time / left aching in my mind / shadows kept alive ». C’est aussi le morceau le plus long de l’album avec ses 8 minutes délicieuses.

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Blank Page est le dernier « vrai titre » d’Adore. On finit l’album parfait en douceur, comme si on essayait de trouver la paix, ou comme si Billie tentait de remplir la feuille blanche. Ça sent l’absence et la douleur. Mais surtout c’est un morceau qui n’a pas vraiment de fin, comme si la plaie était encore ouverte. Et c’est pas la 16ème chanson répondant au nom de « 17 » (il fallait le faire), qui va arranger les choses. Quelques accords au piano et puis s’en vont dans les airs.

On aura passé 73 minutes avec un album triste, cotonneux, autant aérien que lourd. Bref, Corgan a bien dosé la chose. Il faut dire que ce disque est passé des milliers de fois dans la chaîne hi-fi, puis, l’ordi, puis l’iPod sans qu’on s’en lasse. On ira même jusqu’à dire que si on devait aller sur une île déserte, c’est l’album qu’on emmènerait.

Adore a été pendant très longtemps le seul album des Pumpkins qu’on écoutait. C’était le premier sur lequel on se penchait et on ne pensait pas trouver mieux dans leur discographie. On reste sur notre position, même si Siamese Dream et Mellon Collie and the Infinite Sadness (pour ne citer qu’eux) ont aussi de très beaux moments de grâce. Alors oui, on va vite acheter notre édition collector deluxe. Et on espère t’avoir donné envie.

D’ailleurs il y a quoi dans cette réédition méga collector ?
L’album remasterisé forcément, en stéréo et aussi en mono, tant qu’à faire. Des démos, des raretés et de remixes sans compté des versions live captées à Sao Paulo. Et puis tant qu’à faire, il y a aussi un DVD, des photos inédites etc. Mmmmh miam ! Resteplus qu’à espérer qu’en live, ils jouent beaucoup plus Adore maintenant que son blason a été redoré !


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