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Zola jesus – taiga│ de l’ombre à la lumière

Publié le 07 octobre 2014 par Acrossthedays @AcrossTheDays

Zola Jesus est ce genre de personnage volatile et mystérieux que l’on découvre au fil des albums. Pour son 5ème opus, Nika Roza Danilova de son vrai nom perpétue une certaine légende : afin de s’éloigner des nuisances sonores de Los Angeles, elle est partie composer sur l’île de Vashon Island, non loin de Washington, au creux des forêts où elle a grandi. Là où les paysages ont une importance telle qu’ils baptiseront finalement l’album Taiga. Un an après le magistral Conatus, les cheveux subitement devenus bruns, Zola Jesus dévoile onze morceaux dans une atmosphère de changement qui nous intrigue beaucoup.

QMgnCEa ZOLA JESUS   TAIGA│ DE LOMBRE À LA LUMIÈRE

Taiga ouvre l’album, et l’on retrouve immédiatement l’ambiance sombre des albums précédents. Des chœurs lointains nous envahissent quand soudain la voix, à vif, transperce ce qu’il restait de silence. Le rythme saccadé fait son entrée et accélère le morceau quand soudain tout s’arrête : les cuivres prennent le relais et l’épique est bel et bien là. Le morceau s’achève comme il a commencé, à travers les chœurs. Taiga est noir, Taiga est intense mais est surtout d’une puissance à faire oublier les albums précédents.

S’en suit le premier single de l’album, Dangerous Days. Plus pop, plus lumineux, les synthés détendent l’atmosphère et offrent à ce morceau un élan nouveau. Zola Jesus peut faire autre chose que de la dark wave, et ce n’est pas sans nous rappeler les excellents Seekir ou Ixode des albums précédents.

Dust ralentit la cadence et calme le jeu. Malgré tout, le morceau reste une ballade au refrain particulièrement réussi. Les chœurs impressionnent par leur pertinence, les cuivres se devinent subtilement et les montées demeurent marquantes.

Une pause suffira, car Hunger prend le relais d’une poigne déterminée. Les cris en retrait font monter une certaine tension qui n’est pas pour nous déplaire, et la voix de Nika Danilova continue son chemin en écrasant tout sur son passage. On savourera également les montées réverbérées de chœurs multiples, qui perdurent au fil de l’album pour notre plus grand plaisir. Zola Jesus fait du Zola Jesus, mais en mieux.

C’est avec Go (Blank Sea) que l’album prend une grande partie de son sens. Cette chanson révèle le meilleur de l’artiste, qui transforme un refrain en hymne poignant. La voix résonne et scande, les effets complètent et le rythme haletant parfait les harmonies. Le chant se dédouble pour mieux gagner en puissance, et c’est réussi. Go (Blank Sea) coupe le souffle jusqu’à ce que les voix nous libèrent finalement, après 4 minutes d’une très belle intensité.

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Ego complète l’onirisme, mais c’est Lawless qui relance la force de Taiga. Oscillant entre l’ombre et la lumière, le morceau semble idéal pour parfaire un album qui a d’ores et déjà su faire ses preuves. Zola Jesus conserve sa place de diva goth, parmis les Lykke Li et autres concurrentes à ce poste. Les mélodies sont pertinentes et la voix ne faiblit pas. C’est grand, très grand, et l’on ne s’en lasse pas.

C’est a capella que continue l’album avec Nail et l’artiste prouve ce que l’on savait déjà : sa voix est irréprochable. Elle peut mener un morceau du début à sa fin sans faille aucune. Long Way Down suit dans la même lignée, et convainc sans pour autant transcender.
Un orchestre ouvre Hollow, quand soudain la voix reprend le dessus, seulement accompagnée d’une basse. Un choix judicieux car les intentions semblent plus profondes, et l’ampleur du refrain surpasse presque les morceaux précédents. Les violons enchaînent, et la magie opère tandis que sous les tambours le chant reprend. Tout semble parfaitement calculé pour nous offrir les tubes que l’on attendait de l’artiste.

It’s Not Over clôt l’album, et l’on y retrouve les effets de reverse, si caractéristiques de Zola Jesus, qui clame que ce n’est pas fini. On se surprend à trouver des brèches de lumières intenses à chaque coin de mélodie. Le morceau, au lieu d’achever l’album, tend vers une suite que l’on a hâte de découvrir.

Nika Danilova parlait de Taiga comme l’album de la maturité et de la liberté, et l’on saisit au mot ce qu’elle a voulu exprimer. Cet opus renferme onze morceaux à la fois sombres et lumineux, à la fois épiques et majestueux, et l’on est finalement comblés par tant de générosité. Zola Jesus est une conquérante, qui a su balayer la concurrence en quelques refrains seulement.


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