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Alabama monroe - 8/10

Par Aelezig

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Un film de Felix Van Groeningen (2012 - Belgique) avec Johan Heldenberg, Veerle Baetens

Un très joli mélo.

L'histoire : Belgique, Flandre. Elise est tatoueuse, Didier musicien de country et passionné par l'Amérique. Ils ont une petite fille, Maybelle, six ans, atteinte de leucémie...

Mon avis : Le mélo est un genre bien difficile, très largement moqué et méprisé. Tirer les larmes, au travers des événements les plus tragiques d'une vie humaine, ça semble "facile", un tantinet voyeur ou tarte à la crème, c'est selon. Mais il en est des beaux. Et dans ce cas, cela tient surtout à l'écriture précise des caractères des personnages, et à l'implication des comédiens, qui doivent se montrer forts et séduisants, pour qu'ils nous arrachent le coeur, mais sans mièvrerie. Au final, le mélo n'est pas un art facile... bien au contraire, c'est un art difficile !

Et ici, nous en avons un exemple parfait. Le sujet est épouvantable et on s'attend à verser des torrents de larmes. Ca agace. Juste cinq minutes. Car la vie du couple est racontée, grâce aux flash-backs, à travers divers moments de sa vie, heureux ou malheureux. Ce n'est donc pas juste une histoire horrible, mais l'aventure d'un amour. Un duo charismatique, interprété à la perfection par d'adorables inconnus (pour nous Français) dont je vais m'efforcer de retenir le nom ! Ils sont à chaque seconde parfaitement justes, heureux ou malheureux, courageux ou désespérés.

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Par ailleurs, il y a cet arrière-fond peu commun : un univers de cowboys et de country (bluegrass, mon préféré)... aux Pays-Bas ! C'est original, c'est sympa, ils ne sont pas comme tout le monde, ces deux cocos, on les adore ! Et leur groupe musical est prétexte à une bande son fabuleuse ! A savoir : ce sont les deux acteurs qui jouent et chantent. Et ils le font vachement bien.

La réalisation ne tombe pas dans la monotonie souvent liée au mélo : un peu difficile de faire de la fantaisie avec un sujet aussi triste. Les réalisateurs tombent dans le piège du linéaire, de la chronologie, et on se retrouve avec une sorte de production tout juste bonne pour la télé. Ici, Von Groeningen tente le filtre... raté. Placé sur quelques scènes, on se demande à quoi il sert, et c'est moche. Heureusement, il n'utilise cette technique qu'avec parcimonie. Son intelligence cinématographique, c'est avec les flash-backs qu'il l'obtient : nombreux, et pas forcément dans l'ordre ; cela donne du rythme au film, nous empêche de tomber dans la torpeur car il faut se resituer ; ça permet aussi une sorte de suspense, car des scènes du passé son soudainement coupées pour revenir à une autre période, et on ne sait pas ce qui s'est passé. Très habile.

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Au final, c'est un très joli film, prenant, émouvant, avec un couple inoubliable. Et une dernière image absolument bouleversante.

Drôle de titre ? Vous aurez toutes les explications dans le film...

La critique adore : "Un mélodrame poignant porté par des acteurs formidables et une BO sublime. Le coup de cœur de l’été." (AVoirALire) ; "On tient là un miracle en marche qui enchante, broie, émerveille, terrasse. Et laisse le spectateur occupé à recoudre son cœur." (Métro) "Pour la finesse de son écriture, la puissance de son interprétation et la maîtrise dont fait preuve Felix Van Groeningen pour nous entraîner dans ce maelström mélo-psycho-musical, on tape dans les mains, et plutôt deux fois qu'une". (Charlie Hebdo) "Film bouleversant (...), "Alabama Monroe", à la photographie remarquable, possède une lumière et un ton singuliers, à la croisée entre l'Amérique et le pays flamand, la romance et le drame, la légèreté et la noirceur." (La Croix).

Les spectateurs ont tout autant adoré.

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Le son de cloche qui fâche : "Van Groeningen narre une histoire de losers magnifiques d’une banalité à faire peur." Banal ? Ah ben non ! De la country sauce flamande, rien que pour ça, c'est déjà top ! Des losers ? Ah ben non ! Juste des êtres humains, courageux mais pas surhommes.

A noter que le film est adapté... d'une pièce de théâtre (co-écrite par l'acteur Johan Heldenbergh) ! Incroyable, on ne s'en doute à aucun moment ; le film n'est pas littéraire du tout, les extérieurs et les scènes musicales ont leur propre espace, et on imagine que sur scène, il n'y avait pas ces flash-backs.

Il est bien aussi, le cinéma belge, en ce moment, non ?

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