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All Night Long

Publié le 15 octobre 2014 par Olivier Walmacq

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Genre: drame, horreur, gore (interdit aux -16 ans)
Année: 1992
Durée: 1h30

L'histoire: Alors qu'ils attendent à un passage à niveau, Shinji, Kensuke et Tetsuya sont les témoins d'un meurtre particulièrement odieux. Soudés par cette douloureuse expérience, les trois jeunes hommes vont rapidement se lier d'amitié. Alors qu'ils projettent de faire une fête, l'un d'eux est agressé et sa petite amie, violée. Retrouvant les auteurs de l'agression, les adolescents basculent alors dans une débauche de violence jusqu'au bout de la nuit. 

La critique d'Inthemoodforgore:

Rassurez vous, je ne vous parlerai pas du vieux tube de Lionel Richie ! Non, mon billet porte sur un film japonais homonyme. Un film qui parle de jeunesse et d'ultra violence, tiens ça faisait longtemps... Précédé d'une sulfureuse réputation, voici All Night Long de Katsuya Matsumura. Premier opus d'une franchise dont le sixième et dernier épisode date de 2009, ce film est régulièrement cité comme l'une des références de l'horreur asiatique. Le réalisateur dirigera les deux séquelles suivantes avant de commettre en 1995, le très controversé Concrete-Encased High School Girl Murder Case, film choc qui retrace l'effroyable martyr de l'étudiante Junko Furuta à la fin des années 80 (et dont je vous conseille de lire la chronique sur le blog).

Pour autant, All Night Long est-il le feu d'artifice annoncé ? Hé bien pas du tout, mais alors du tout. Comment dit-on "gros pétard mouillé" en japonais ? Voici un film très largement surestimé. La déception est donc à la hauteur de l'attente, mais j'y reviendrai plus tard. Attention spoilers: Shinji est étudiant tout comme Tetsuya. Kensuke lui, est chômeur mais aussi un riche fils à papa.
Tous trois se trouvent par hasard à attendre la levée des barrières d'un passage à niveau. Une jeune femme qui patientait également est soudain agressée et poignardée par un déséquilibré. Témoins de cette scène choquante, les trois jeunes surmontent leur peur et réussissent à mettre en fuite le fou furieux sans parvenir pour autant à sauver la jeune femme.

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Dans un premier temps traumatisés, les ados vont très vite se lier d'amitié bien n'aient pas grand chose en commun. Ils décident d'organiser une méga fête avec alcool et filles à gogo. Le problème, c'est que ces trois parfaits losers accumulent les échecs sociaux en même temps que les déboires sentimentaux. Le plus malchanceux est Tetsuya avec son look d'ado binoclard, mal dans sa peau, qui suce son pouce aussitôt qu'il est trop fortement émotionné (!) D
es trois, seul Shinji parvient à débuter une relation avec une fille, totalement hystérique au demeurant. Un soir, alors qu'il commence à flirter dans une rue mal éclairée, le couple se fait agresser par une bande de voyous. La fille est violée et enlevée par le groupe tandis que Shinji est sévèrement passé à tabac. Dès qu'il reprend ses esprits, il court alerter ses deux amis. Kensuke lui prête alors un fusil à pompe. Très vite, les trois adolescents retrouvent le repaire de la bande et se lancent dans une expédition punitive, s'entrainant mutuellement dans un déchaînement de violence sans limite et sans pitié...

Il faut bien reconnaître qu'il n'y a pas grand chose à sauver dans ce film. Présenté comme l'un des plus gros chocs du cinéma asiatique de ces vingt (et quelques) dernières années, All Night Long est une très grande déception. Et cela, sur quasiment tous les points. La réalisation est molle, faiblarde, apathique. Alors que l'on s'attend à une succession quasi ininterrompue de scènes gore, nous avons droit, après le premier meurtre, à soixante dix minutes de palabres interminables et sans intérêt.
Oui, le réalisateur met une heure dix à nous présenter ces trois ados maladroits (et peu sympathiques) en prise avec leur libido post pubère. Leur but: se taper une meuf (aujourdhui, on dirait pécho) ou, au moins, en ramener une à la fameuse soirée sous peine de passer pour un con. L'intrigue est donc rasoir au possible. L'interprétation, saupoudrée de ces expressions exagérées qui caractérisent le cinéma nippon, est limite énervante. Les filles en font des caisses par leurs airs maniérés ; la palme revenant à la petite amie de Shinji qui frôle la syncope à chaque réplique.

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Les garçons ne sont pas en reste par l'exubérance de leurs mimiques insupportables. De vraies têtes à claques... Alors, on se dit qu'il y aura les vingt dernières minutes et le règlement de compte entre les jeunes, pour rattraper le coup. On se dit qu'à coup sûr, on va avoir droit à notre quota de sensations fortes et que All Night Long va enfin lancer les hostilités. Mais là encore, le film déçoit.
Évidemment, l'affrontement final est violent et assez gore mais très loin de l'insoutenable spectacle que certains commentateurs se faisaient un plaisir de décrire. Sur le même thème, Irréversible de Gaspar Noé va beaucoup plus loin dans la brutalité et le trash. Pour une fois que la comparaison joue en faveur d'un film français, ne nous privons pas de le souligner.


Bref, All Night Long a tout de l'oeuvre surcotée par les médias et les internautes. Sincèrement, on aurait pu s'attendre à autre chose de la part du réalisateur du terrible Concrete-Encased. Il faut croire qu'en 1992, Matsumura fourbissait encore ses armes puisqu'il s'agit là de son tout premier film. J'ai du mal pourtant à lui trouver des excuses tant il tape à côté de la plaque.
L'étude sociologique qu'il fait de la jeunesse japonaise m'a laissé pour le moins perplexe. En dehors du constat (facile) que cette jeunesse s'occidentalise vitesse grand V, le cinéaste nous la présente d'une façon peu flatteuse et surtout très manichéenne. Pour lui, les jeunes nippons sont soit des fainéants, soit des incapables soit des psychopathes en puissance. C'est un peu restrictif tout ça.

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Quitte à faire une oeuvre qui se veut être un instantané de son époque, il aurait fallu creuser un peu plus Monsieur Matsumura, plutôt que de s'attarder honteusement sur une histoire à l'eau de rose entre post adolescents encore boutonneux. Non, ce film n'a pas du tout répondu à mes attentes. Il n'a même pas réussi à me surprendre par la contre exploitation du sujet, comme l'avait fait récemment Psycho Suicide Dolls. C'est donc un constat d'échec sans appel pour la première réalisation de Katsuya Matsumura. Par la suite, il paraîtrait que le réalisateur a rectifié le tir lors des deux épisodes suivants en proposant des films beaucoup plus gore. Ne les ayant pas encore vus, je n'en serai que plus circonspect, vu la douche prise avec ce premier opus. Avec All Night Long, il y a clairement tromperie sur la marchandise car on se rapproche beaucoup plus de la purge indigeste que de la claque cinématographique.
Ce qui démontre, une fois de plus, qu'il faut se montrer plus que jamais méfiant avec les films à la réputation un peu trop tapageuse. Desolé Katsuya mais t'as tout faux sur coup là...

Note: 05/20 (et c'est généreux)
Note naveteuse: 12,5/20


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