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La sélection de la semaine : Le roi des scarabées, Alcyon, Shakleton l’odyssée de l’endurance, Inspecteur Londubec, Rudolf Turkey et Jean-Corentin Carré l’enfant soldat

Par Casedepart @_NicolasAlbert

Pendant les vacances, Case Départ ne s’arrête pas et continue de vous proposer sa sélection de la semaine. En vous ouvrant sa bibliothèque, le blog met en lumière de très bonnes bandes dessinées. Parmi les albums, il y a : Le roi des scarabées : l’histoire d’un poète maudit dans le Danemark du 19e siècle, le deuxième tome de la très bonne série fantastico-mythologique de Marazano & Ferreira : Alcyon, Shackleton l’odysée de l’endurance qui raconte l’expédition folle de cet aventurier dans le cercle polaire Antarctique en 1914, la première enquête de l’Inspecteur Londubec : une adaptation de l’Affaire de Tulle, le premier volume du nouveau manga Komikku : Rudolf Turkey et Jean-Corentin Carré l’enfant soldat : le premier opus de la nouvelle sur le plus jeune poilu français de la Première Guerre Mondiale. Bonnes lectures.

Le roi des scarabées

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Après L’astragale (Sarbacane, 2013, Prix Polar SNCF), Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg reviennent avec un nouvel album, Le roi des scarabées. L’histoire d’Askel, jeune garçon entouré de femmes fortes, qui souhaite devenir écrivain dans le Danemark de la fin du 19e siècle.

Résumé de l’éditeur : Aksel est né dans une famille de riches propriétaires terriens dans le Danemark de la fin du XIXe siècle. La première partie du livre célèbre somptueusement la pureté magique de l’enfance à travers de superbes scènes uniquement visuelles, puis peu à peu Aksel grandissant, on bascule vers un récit plus réaliste où Aksel, poète sensible et vulnérable, ne peut affronter « le monde réel » tel qu’il est.

roi des scarabées (2)
Le récit de Anne-Caroline Pandolfo est une adaptation très libre du roman Niels Lyhne de Jens Peter Jacobsen, écrit en 1880. L’histoire romanesque conte un morceau de la vie d’Askel, sur plusieurs décennies, de la fin de son enfance jusqu’à sa mort quasi tragique. Dans la première partie de l’album, le lecteur découvre les premiers pas de ce poète danois maudit. Dans sa petite ville campagnarde, il est entouré de sa mère, femme seule lumineuse et lettrée, mais aussi de Laurine, sa cousine fascinante, désagréable et mystérieuse. Au bord du Lac Tisso, il aime jouer avec son ami Sophus à des jeux d’enfants où l’imaginaire est exacerbé. Cette belle amitié sera remise en cause avec l’arrivée de Fredrik, garçon mature qui vient vivre chez lui. Fini les après-midis au bord des rives du lac, remplacés par les dessins, les poèmes et les longues réflexions sur la vie. La seconde partie de l’album se déroule à Copenhague. Si ses écrits sont brillants, ils ne sont pas reconnus par ses pairs ni par le public. Dans la capitale danoise, il retrouvera Fredrik et tombera amoureux de Rebbeka, la femme de son ami. Cet amour impossible sera le reflet de sa vie : des femmes somptueuses l’entourant mais qu’il ne pourra jamais atteindre, mais aussi son incapacité à se fondre dans un monde qu’il ne comprend pas toujours. Le récit sombre, pessimiste et à la tension dramatique forte est marqué par la relation qu’entretient le jeune homme avec Soren, un vieil ami de la famille, botaniste et collectionneur de scarabées et secrètement amoureux de sa mère. Ce regard bienveillant de l’homme de science sur l’existence d’Askel donne une dimension humaine très forte à l’histoire. En toile de fond, nous noterons aussi la fin d’une époque, celle de la religion protestante, laissant place à celle des naturalistes et de la science (comme Darwin), dans la vie des danois. Ce passage important de la fin du 19e siècle dans le pays nordique est subtilement mis en lumière par le renoncement de la foi du héros et l’entrée dans sa vie de Soren.

Le trait en noir et blanc de Terkel Risbjerg est d’une belle sensibilité. Avec des feutres, il compose de belles planches où le regard des personnages sont magnifiés. Dans la veine de Bastien Vivès ou de Christophe Blain, il réussit à transmettre les émotions et le pessimisme de ce très beau récit romanesque.

  • Le roi des scarabées
  • Scénariste : Anne-Caroline Pandolfo
  • Dessinateur : Terkel Risbjerg
  • Editeur: Sarbacane
  • Prix: 24€
  • Sortie: 08 octobre 2014

Alcyon

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Après un premier album qui nous avait laissé une très bonne impression, Richard Marazano et Christophe Ferreira sont de retour avec le deuxième opus d’Alcyon, intitulé La tentation du roi Midas. Aventure, mythologie et humour sont toujours présent dans ce nouveau volume.

Résumé de l’éditeur : Alcyon et Phoebe sont partis à l’aventure pour retrouver un collier légendaire, pensant ainsi pouvoir réparer une injustice faite à leur tribu et à leurs pères respectifs. Aidés par Kirilos, un jeune Sparte, les jeunes amis se sont embarqués sur la mer Egée, mais ils sont poursuivis par un tueur qui a pour mission de les empêcher d’accomplir leur quête fabuleuse. Ils découvrent bientôt la réalité de créatures qu’ils croyaient légendaires, comme les fameuses harpies.

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Après leur diptyque Le monde de Milo, qui leur avait valu le Prix de la bande annonce BD, les deux auteurs s’attaquent avec beaucoup de réussite à une histoire mythologique de grande qualité. Richard Marazano montre dans ce deuxième tome qu’il sait raconter des histoires. Dense et bien documenté, son récit teinté de fantastique fait vivre de belles aventures à ses deux jeunes héros. Alors que Phoebe et Alcyon sont aux prises avec les Harpies et luttent contre une tempête sur leur radeau de fortune, leurs deux pères s’écharpent dans une prison. Ces deux personnages apportent énormément d’humour à l’histoire même s’ils sont moins présents que dans le précédent opus. Accompagné par Kyrilos, le sparte, les adolescents sont toujours à la recherche de ce fameux collier magique et l’intrigue prend une autre tournure avec les monstres, les dieux et les héros mythiques qui sont aussi au cœur de l’album, ainsi qu’un décor nouveau : une île étrange et déserte. Le trait rafraîchissant de Christophe Ferreira est toujours aussi plaisant. L’auteur français tokyoïte nous révèle des planches à la croisée des dessins animés des années 80, telles Les mystérieuses cités d’or et des films d’animation d’Hayao Miyazaki et cela fait mouche. Vivement le denier volume de ce triptyque !

  • Alcyon, tome 2/3 : La tentation du roi Midas
  • Scénariste : Richard Marazano
  • Dessinateur : Christophe Ferreira
  • Editeur: Dargaud
  • Prix: 13.99€
  • Sortie: 03 octobre 2014

Shackleton, l’odyssée de l’endurance

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Nick Bertozzi propose un beau roman graphique, Shackleton l’odyssée de l’endurance aux éditions Cambourakis, qui met en scène l’expédition de l’explorateur et de son équipe, en Antarctique en 1914. Une période où le continent connaissait ses premières découvertes.

Résumé de l’éditeur : Plymouth, le 4 août 1914. Le grand explorateur Ernest Shackleton se lance avec ses hommes et une horde de chiens dans l’une des expéditions les plus ambitieuses jamais menées en Antarctique, à bord du bien nommé Endurance. Conscients des sacrifices qu’il leur en coûtera — mais loin d’imaginer qu’ils y laisseront deux années de leur vie, prisonniers des glaces qui étreignent ces redoutables mers du bout du monde —, les marins ne céderont jamais au renoncement. Ballon de foot au bout du pied pour tromper la monotonie des banquises, banjo en bandoulière pour réchauffer les coeurs, ils braveront les éléments déchaînés et les étés sans nuit pour tenter de conquérir, d’échecs en réussites, leur objectif de toujours : rallier le pôle Sud à pied.

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Il y a cent ans, Ernest Shackleton se lançait avec ses hommes dans une folle aventure comme pouvait l’être les découvertes dans les milieux reculés les plus hostiles sur Terre. Un peu comme a pu l’être l’expédition des Lepage sur l’Aérolabe jusqu’à la base scientifique Dumont-Durville, que nous vous avions proposé la semaine dernière. Pourtant on est loin du confort de la base française en 2014. En effet, en 1914, l’aventurier avait pour but d’atteindre le pôle Sud à pied. Le lecteur le sait dès le début, ils échoueront. Pourtant il sera assez accroché par le chemin qui les mèneront jusque sur les rivages du continent. Tout était bien organisé dès le départ : partir d’Angleterre, faire escale à Buenos Aires, faire une halte sur l’île de Georgie, atteindre la baie de Vashel, puis utiliser les traîneaux tirés par des chiens et enfin repartir vers le Royaume-Uni sur un autre navire.

L’auteur de Jérusalem portrait de famille (Casterman, 2009) ne nous épargne rien : ni les éléments déchaînés (vent, tempête), ni les glaces qui emprisonnent leur navire, ni les icebergs, ni les galères, ni la mort de tous les chiens, ni les orteils coupés. Pourtant, cette équipage ne se découragera jamais et cet optimisme se ressent à chaque page : ils joueront au foot sur les glaces, aux cartes, liront et même continueront de chanter accompagnés d’un banjo. L’équipage de l’expédition transantarctique impérale est hétéroclite : 28 hommes dont des navigateurs, des officiers, des mécaniciens, des chauffeurs, un maître-chien, des matelots mais aussi un artiste, un photographe et des hommes de science. Malgré tous les aléas, ils survivront miraculeusement. Le trait en noir et blanc teinté de gris de l’auteur américain insuffle ce petit goût d’aventure, parfait pour son ouvrage très documenté.

  • Shackleton, l’odyssée de l’endurance
  • Auteur : Nick Bertozzi
  • Editeur: Cambourakis
  • Prix: 19€
  • Sortie: 17 septembre 2014

 Inspecteur Londubec

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Les éditions Long Bec publient le premier tome de leur nouvelle série Inspecteur Londubec. Ce polar animalier parodique est scénarisé par Emmanuel Trédez et mis en image par Stéphane Nicolet.

Résumé de l’éditeur : Tandis que l’Inspecteur Londubec et son adjoint Tetdeuf enquêtent sur un odieux trafic de bébés, la petite ville de Trifouilly, déjà sous le choc, est inondée de lettres anonymes qui dénoncent chaque jour le comportement honteux de l’un de ses habitants, soulevant à chaque fois un nouveau scandale. Le commissaire, un chaud lapin, est lui-même victime d’une dénonciation. Chassé par sa femme après qu’elle a découvert sa liaison avec une grosse cochonne, il demande à l’inspecteur Londubec de se consacrer en priorité à l’affaire des lettres anonymes.

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Inspiré d’un fait divers des années 20, l’Affaire de Tulle, dont Henri-Georges Clouzot fera un film Le corbeau, ce petit polar animalier ne paye pas de mine. Pourtant, cette histoire d’Emmanuel Trédez est assez bien maîtrisée, mettant en scène des animaux anthropomorphes dont le héros Londubec, cigogne plutôt fin limier et se transformant en un être hyper-puissant lorsqu’il ingurgite de la choucroute, mais aussi son acolyte Tedteuf, canard, aux jeux de mots douteux et autres vieilles expressions inusitées, qui est de très bons conseils. Toute cette joyeuse galerie d’êtres vivants est plutôt dans la veine de Canardo (Sokal, Casterman) que de Blacksad (Guarnido & Diaz Canales, Dargaud). En effet, l’humour est l’ingrédient principal de cette série ; ce qui permet au lecteur de passer un agréable moment. En ce qui concerne la partie graphique, c’est assez réussi aussi. Le trait vif et jeté de Stéphane Nicolet est composé de fines hachures. Malgré parfois quelques petites erreurs dans la mise en scène et la composition des cases, le tout est agréable à l’œil. A gommer pour les prochaines enquêtes de la cigogne.

Inspecteur Londubec : début plutôt réussi de cette petite série animalière sympathique. A suivre.

  • Inspecteur Londubec, tome 1 : La cigogne marche sur des oeufs
  • Scénariste : Emmanuel Trédez
  • Dessinateur : Stéphane Nicolet
  • Editeur: Long Bec
  • Prix: 12€
  • Sortie: 10 octobre 2014

Rudolf Turkey

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Les éditions Komikku publient Rudolf Turkey, une nouvelle licence seinen signée Hiroko Nagakura. Dans ce nouveau manga, le lecteur fait la connaissance de l’adjoint au maire de Gond Land, un homme arrogant et cynique.

Résumé de l’éditeur :

Son nom : Rudolf Turkey.

Ses atouts : l’argent et le pouvoir.

Son caractère : arrogant et insolent.

Les raisons d’en vouloir à sa vie : infinies.

“Saviez-vous que de tous les gens qui ont braqué une arme sur Rudolf Turkey, aucun ne s’en est jamais sorti indemne ?”

États-Unis, années 50. Rudolf a une conception toute personnelle de la justice. Adjoint au maire de la métropole Gond Land, il aime l’argent, le pouvoir et les femmes. Découvrez le quotidien hors du commun de cet homme aux appétits insatiables et aux ennemis innombrables.

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Pré-publié au Japon par le magazine Harta depuis 2012, Rudolf Turkey ne va pas laisser les amateurs de seinen indifférents. Le récit de Hiroko Nagakura mêle habilement l’action et humour. Dans un cadre d’une sorte de Las Vegas fantasmé des années 50, on pénètre dans les casinos et les cabarets où les jeunes femmes souvent dénudées se tiennent aux côtés des mafieux et bandits en tout genre. Dès les premières pages, le ton est donné : le cynisme est poussé à son paroxysme. On découvre le personnage principal, Turkey : un homme charismatique, attirant la gente féminine mais arrogant et imbu de sa personne. Il n’hésite pas à utiliser des moyens à la limite de la légalité pour régler les affaires courantes. Adjoint au maire de Gon Land, il use et abuse du pouvoir de l’argent pour asservir ses adversaires. Les coups et les mitraillettes pleuvent, ce qui rythme parfaitement le récit : une débauche de moyen que reconnaît le mangaka pour nous en mettre plein la vue. Scènes rocambolesques comme dans les films des années 50/60, il mise aussi sur des personnages drôles et parfois caricaturaux. Surprenant sur le plan scénaristique, ce seinen l’est aussi sur le plan graphique. Le trait marqué de Nagakura est fait des hachures afin d’imprimer le mouvements aux personnages. Utilisant parfois les aplats de noir ou de gris pour les ombres ou les vêtements. Un début prometteur pour cette nouvelle série.

  • Rudolf Turkey, volume 1
  • Auteur : Hiroko Nagakura
  • Editeur: Komikku
  • Prix: 7.90€
  • Sortie: 09 octobre 2014

Jean-Corentin Carré, l’enfant soldat

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Jean-Corentin Carré est considéré comme le plus jeune poilu de France. C’est son parcours hors-du-commun qu’ont voulu raconter Pascal Bresson, Lionel Chouin et Stéphane Duval, dans leur nouvelle série Jean-Corentin Carré l’enfant soldat, publiée aux éditions Paquet.

Résumé de l’éditeur : 1914. La guerre est déclarée. Jean-Corentin Carré veut partir à la guerre, mais il est trop jeune. Alors il va mentir, et devenir un héros. L’enfant soldat, le petit poilu du Faouët, le plus jeune soldat de la guerre.

Jean Corentin Carré est né le 9 janvier 1900, dans la commune du Faouët (Morbihan). Témoignant d’une certaine précocité intellectuelle, le jeune homme se montre plutôt doué pour les études. En 1912, son maître d’école le recommande au percepteur de sa ville, qui l’emploie comme commis aux écritures, une carrière d’employé de bureau, vite interrompue par la déclaration de guerre. Le père de Jean Corentin, mobilisé, part pour le front. Son fils veut le suivre, mais, à 14 ans, il est bien trop jeune et sa demande d’engagement volontaire est refusée.

En avril 1915, il annonce à ses parents sa décision de quitter la France pour l’Amérique Latine. Mais s’il quitte bien le Morbihan, c’est pour se rendre à Pau. Là, il se présente au bureau de recrutement, où il déclare s’appeler Auguste Duthoy, né le 10 avril 1897 à Rumigny, dans les Ardennes. Ce lieu de naissance n’est pas anodin. La ville de Rumigny étant située dans zone envahie, il est impossible aux autorités militaires françaises de contacter sa municipalité pour demander confirmation de l’état-civil du jeune homme. Ainsi dispensé de prouver son âge et son identité, Jean Corentin Carré est incorporé. Il est alors l’un des plus jeunes soldats de France, sinon le plus jeune. Il effectue son temps d’instruction militaire à la 29e compagnie du 410e R.I., dont le dépôt est à Rennes. Son niveau d’instruction le destine tout naturellement à suivre le peloton des élèves caporaux. Toutefois, il n’est pas encore titulaire du grade lorsqu’il part pour le front, le 20 octobre 1915.

C’est en Champagne qu’il découvre la guerre. Après un bref passage à Sainte-Menehould puis une période d’instruction à Sivry-sur-Ante, il prend les tranchées le 15 novembre dans le secteur du Mesnil-lès-Hurlus. Il ne pouvait rêver pires conditions pour un baptême du feu, l’enfer, les tranchées, les affrontements à la baïonnette, l’horreur. Depuis l’offensive de septembre, le secteur reste très agité. Le froid et la neige n’arrangent rien.

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Prévue en triptyque, la série se penche sur le destin de Jean-Corentin Carré, reconnu comme le plus jeune poilu français parti au front. Entre 1915 et 1918, cet adolescent rencontrera toute l’horreur de la guerre, entre le froid, la faim, les nuisibles, les bombes, les morts et les blessés ; jusqu’à sa fin tragique. Le récit très classique de Pascal Bresson se fonde sur une histoire vraie. Il s’est donc beaucoup documenté pour nous proposer la biographie dessinée de cet enfant. Pour le premier tome (1915-1916), le scénariste se concentre sur les premiers pas de son héros dans la Grande Guerre. Le lecteur comprend comment l’école et l’église françaises jouaient sur le sentiment de revanche nationale (guerre contre la Prusse 1870-1871), en conditionnant les enfants dès leur plus jeune âge. Ce jeune garçon, doué à l’école, ressentira cette haine contre les allemands mais aussi cette irrésistible envie de rejoindre son père. Le lecteur découvre aussi la supercherie de Jean-Corentin pour s’engager alors qu’il n’est pas majeur, son incorporation, ses entraînements et enfin son arrivée dans les tranchées. Si nous ne sommes pas très convaincu par l’histoire et son intrigue, il en va de même avec la partie graphique. Le duo de dessinateurs, Lionel Chouin et Stéphane Duval ne livrent pas des planches d’une grande qualité. Les personnages prennent des poses souvent figées et leurs visages sont trop changeant d’une case à l’autre. De plus, les décors sont a minima et ils préféreront de grands aplats de couleurs pour les masquer. Alors que la thématique de départ laissait entrevoir une belle histoire, ce n’est pas d’une grande réussite. Dans le flot d’albums hommage à La grande guerre, le lecteur choisira plutôt La grande guerre de Charlie (Mills et Colquhoun, Delirium), La grande guerre par Joe Sacco (Futuropolis), Le chant du cygne (Babouche, Dorison et Herzet, Le Lombard) ou La mort blanche (Adlard et Morrisson, Delcourt).

  • Jean-Corentin Carré, l’enfant soldat, tome 1 : 1915-1916
  • Scénariste : Pascal Bresson
  • Dessinateurs : David Chouin et Stéphane Simon
  • Editeur: Paquet
  • Prix: 13.50€
  • Sortie: 08 octobre 2014

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