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Cube

Publié le 28 octobre 2014 par Cinephileamateur
Cube De : Vincenzo Natali.
Avec : Maurice Dean Wint, Nicole De Boer, Nicky Guadagni, David Hewlett, Andrew Miller, Wayne Robson, Julian Richings...
Genre : Thriller - Fantastique.
Origine : Canada.
Durée : 1 heure 26.
Date de sortie : 28 avril 1999.
Synopsis : Un groupe de personnes, sans savoir pourquoi, se retrouve enfermé dans une prison surréaliste, un labyrinthe sans fin constitué de pièces cubiques communicantes et équipées de pièges mortels. Le policier, l'architecte, l'étudiante en mathématiques, la psychologue et l'autiste captifs ne savent qu'une seule chose : chacun possède un don particulier qui, combiné aux autres, peut les aider à s'évader. Au fur et à mesure que la peur grandit, les conflits personnels et les luttes de pouvoir s'amplifient. Il leur faudrait pourtant réussir à s'associer pour échapper à une mort certaine.
Bande annonce française
"- Pour l’amour du ciel, Worth, vous vivez pour quoi ?! Vous n’avez pas d’enfants, de femme ou de copine ?!
- Non, mais j’ai une belle collection de films pornographiques."

5.0
Cube
Ça faisait un petit moment maintenant que je voulais revoir "Cube". Je ne l'avais pas revu depuis mon adolescence mais j'en gardais un très bon souvenir et j'étais assez curieux de voir si mon ressenti avait changé vis à vis de ce long métrage. C'est donc avec un certain plaisir que confortablement installé chez moi, je me suis mis à le revoir.
Et j'aime toujours autant. J'ai beaucoup d'affection pour ce scénario écrit par Vincenzo Natali, André Bijelic et Graeme Manson. Il y a des petites choses qui m'ont plus interpellé comme le fait que c'est assez bruyant, les protagonistes criant assez souvent malgré leur faible nombre mais ce huis clos n'en demeure pas moins toujours aussi captivant. J'ai beaucoup apprécié cette descente aux Enfers de la nature humaine, cette escalade de violence psychologique qui fait que d'abord uni, ce groupe va s'effriter et s'autodétruire au fur et à mesure qu'ils se sentent pris au piège.
Si le scénario tente de compliquer les choses avec ses théorèmes mathématiques sensé nous perdre un peu, j'ai trouvé ce jeu diabolique très malin, un "Saw" avant l'heure à la différence près qu'ici, on ignore pourquoi ils ont été choisis, qui les as enfermé et si ils ont réellement une chance de s'en sortir. Ce côté énigmatique, cet enfermement gratuit renforce encore plus le danger psychologique que le film procure d'autant plus qu'on est pris dans ce piège dès les premières secondes. C'est prisonniers qu'on va apprendre à connaître nos personnages.
Bien que me souvenant de l'issue finale, j'ai en tout cas été toujours fasciné par cette intrigue et j'y aie toujours ressenti ce sentiment de claustrophobie qui me fait dire que le film est toujours aussi efficace. Les pièges aurait pu être en plus grand nombre, on aurait pu avoir un côté jouissif à voir ses pièges mortels et sadique mais le scénario ne tombe jamais dans le voyeurisme et c'est aussi en ça qu'il puise sa force. De plus, il y a un petit humour qui est présent que j'ai apprécié car parfaitement bien dosé et qu'il ne fait jamais retombé la tension générale.
Devant la caméra, les différents acteurs jouent le jeu. De mémoire je les trouvais un peu plus consistant, un peu plus profond avec plus d'ampleur à l'écran mais au final même si je les trouve moins charismatique maintenant et jouant un peu dans les excès avec ce petit côté excité qui ne cesse de crier, je continue quand même d'apprécier cette distribution. A l'image de leurs personnages respectifs, chacun à son rôle à jouer, chacun à sa place et chacun fait ce que l'on attends de lui.
C'est le cas par exemple de Maurice Dean Wint en Quentin. Alors qu'on sympathise assez vite avec lui, la descente de ce personnage est sans doute celle qui nous apparait comme la plus brutale. Alors qu'on nous le présente comme un leader naturel, il devient vite source de danger et nous montre bien la bêtise humaine à laquelle on ne peut pas échapper dans ce cube. J'ai trouvé en tout cas l'évolution de ce personnage plutôt intéressant et le comédien plutôt convaincant dans la façon de jouer cette évolution.
C'est aussi le cas de Nicky Guadagni dans la peau du Docteur Helen Holloway qui renverse bien elle aussi la tendance. Alors qu'elle est celle qui m'a tout de suite bien agacé, son évolution fait qu'on arrive à mieux l'apprécier par la suite. Peut-être pas au point de l'apprécier totalement mais suffisamment pour que son sort nous intéresse. Ce renversement de caractère est vraiment bien amené je trouve et assez fidèle je pense (même si je peux me tromper je ne suis pas un expert dans le sujet) à ce que l'enfermement et la nature humaine peut provoquer chez nous.
J'ai vraiment apprécié que les personnages ne rentrent pas dans des cases. Tout comme le cube, ils changent, évoluent, nous montre leurs vrais visages petit à petit. C'est la même chose pour David Hewlett qui fait un excellent David Worth. Lui aussi va bousculer son personnage et l'acteur va s'en sortir à ravir. J'aime ainsi énormément sa vision lors de la scène finale qui nous pousse aussi à nous interroger. Dans un monde capable d'enfermer de façon totalement gratuite des personnes dans un cube mortel, où sommes-nous le plus en sécurité ? A l'intérieur ou à l'extérieur ? La nature humaine à de si bas instinct. Peut-on vraiment se repentir ?
Nicole de Boer en Leaven est, elle aussi, très bonne. Elle interprète bien son rôle c'est juste qu'au niveau du scénario, je trouve son changement, son évolution peut être un peu trop brutal. Quoiqu'il en soit, ce n'est jamais choquant et sa place n'en demeure pas moins justifiée au même titre qu’Andrew Miller qui est parfait en Kazan. Peut-être la seule personne à rester elle-même et celle qui fait que du coup on a toujours de l'empathie pour lui. Si sa place trouve une justification dans le scénario, c'est sans doute le seul personnage qui nous donne une lueur d'espoir dans la nature humaine. Une lueur un peu tronqué par son handicap mais qui nous aide aussi à garder l'envie que ses différents personnages puissent éventuellement s'en sortir.
Dans ce huis clos de toute façon, tout le monde à son importance. Chaque pions est là pour une raison bien précise et chaque acteur à son moment à lui qui fait que personne n'est mis en retrait ou au contraire, trop en avant. C'est valable pour Julian Richings qui nous fait une très bonne première victime ou Wayne Robson en Rennes que j'ai beaucoup aimé et que j'aurais d'ailleurs bien aimé voir un peu plus. Si le jeux des comédiens est moins prenant que dans mes souvenirs, tous sont vraiment très bons malgré tout.
Tourné en moins d'un mois pour un budget de 350 000 dollars, la mise en scène de Vincenzo Natali est juste brillante et démontre un grand talent. Toujours bien placé, sa caméra se balade dans ce cube au point qu'on ressent très fortement la claustrophobie ambiante sans pourtant ressentir le moindre ennui. Tous comme les personnages, on ne sait plus où donner de la tête, on reste aux aguets, on tente de percer le mystère de ce labyrinthe et on se laisse prendre au jeu de ce film qui révèle notre propre peur de rester enfermer.
La réalisation diablement efficace exploite à merveille le décor magistral qui joue habilement avec un code couleur et une sensation de grand cercueil mouvant. Filmé uniquement dans une seule et même pièce en exploitant juste la couleur et la lumière (l'unique cube de décor faisant 4,30 mètres sur 4,30 mètres), on est pris au piège. Avec pourtant une multitude de détail, on a l'impression que le cube est imposant et on est donc pris par ce récit qui a su nous convaincre et gagner en crédibilité dans son visuel.
Puisque je parle du visuel, il y a quand même une autre petite différence entre mon ressenti d'adolescent et celui que j'ai pu éprouver lors de mon dernier visionnage. En effet, si je reste bluffé par la maitrise de cette mise en scène et l'utilisation du décor, quelques effets spéciaux ont quand même pris un sacré coup de vieux. Fort heureusement, le film n’en abuse pas donc ça n'ait jamais gênant mais lors de certains pièges, on le ressent malgré tout. Leurs faibles nombres accentue aussi en tout cas le fait que le film ne tombe jamais dans le voyeurisme et joue beaucoup sur sa psychologie.
Les différents costumes sont bons sinon. Très minimaliste, ils mettent tout le monde sur le même pied d'égalité tandis que les maquillages font leurs boulots (à part peut-être 2 ou 3 tâches de sang). Le montage est lui aussi bien ficelé ce qui nous permet de rester toujours dans l'intrigue sans jamais être ennuyé. D'ailleurs la durée de ce film est très bonne, ni trop long, ni trop court avec son lot de mystère qui demeure et qui nous offrira après sa fin ouverte, son lot de suites cinématographiques prévisibles. Je ne sais pas si l'idée de suite étaient prévue ou si on voulait juste une fin ouverte avec sa libre interprétation du spectateur mais ses dernières je ne les aient pas encore visionner de peur d'être déçu, que la magie n'opère plus surtout que Vincenzo Natali n'est plus ensuite attaché à ce projet.
Quoiqu'il en soit, la réalisation est très bonne. C'est énigmatique, on est amené à se poser des questions, à se faire nos propres théories et bien que parfois ça semble brouillon (avec du recul l'utilisation des nombres premiers, des formules mathématique voir même des bottes des personnages est un peu facile pour ne citer que ses exemples), le côté sombre de cette histoire est bien mis en scène. J'ai bien aimé aussi la bande originale composée par Mark Korven qui reste discrète et fait ce que l'on attend d'elle.
Pour résumer, bien que je trouve plus de petites choses à redire sur ce film comparé à ma première vision lors de mon adolescence, mon ressenti final vis à vis de "Cube" reste inchangé. Avec un tel budget et un décor minimaliste, Vincenzo Natali nous offre une belle leçon de cinéma très intéressante. Prenant de bout en bout, je suis toujours aussi captivé par ce film grâce à son aspect divertissant qui le rend très efficace mais aussi pour son aspect plus psychologique qui fait que le film soulève certaines questions et nous amène à prendre un peu part à cette aventure. J'ai repris beaucoup de plaisir à le voir et même si le long métrage commence à prendre sur lui le poids des années, je le reverrais toujours avec ce même grand plaisir.
Cube
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