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Comment les boîtes de nuit nous pompent tout notre fric

Publié le 03 novembre 2014 par Edelit @TransacEDHEC

300 bouteilles, 24 jéroboams (3,2 litres) et 10 mathusalems (6,4 litres) de Cristal Roederer pour un total de 900 000 euros : telles sont les commandes que vous pourrez apercevoir dans les plus grandes boîtes de nuits, de Paris à Ibiza. Comment expliquer une folie pareille ? Comment ces établissements à la réputation bien taillée sont ils parvenus à faire naître une telle euphorie qui dure chaque année de juin à septembre ? Par delà les paillettes et les strip-teaseuses, à quelle stratégie se plient ces grandes boîtes de nuits ? 

La nuit, tout est permis…

Il existe une différence primordiale entre le business nocturne et le business diurne. Les attentes des consommateurs ne sont pas les mêmes, leur état d’esprit non plus. Evidemment, les boîtes le savent et en profitent. Une étude de l’Observatoire de la Nuit révéla que cette dernière inciterait près de 38% des personnes sondées à faire des achats déraisonnables en terme de prix et de quantité. Quoi de plus jouissif pour la boîte ? N’est-ce pas à ce moment là seulement que des bouteilles à plusieurs centaines d’euros, des consommations à 20€ l’unité ou des paquets de cigarettes également à 20€ se vendent comme des petits pains ?

En effet, la nuit est bien un moment particulier : liberté, excitation et intimité font partie des mots qu’on lui associe le plus souvent. C’est également une occasion unique pour se glisser dans la peau d’un nouveau personnage. Or nul ne peut prétendre jouer au Dom Juan sans consommer, et mutatis mutandis sans sortir son portefeuille.

Une mise en scène d’exception, le meilleur appât à clients

La réputation d’une boîte de nuit se joue sur ce terrain. C’est à celle qui sera la plus inventive et la plus folle que la palme reviendra. Il s’agit tout d’abord de recevoir des artistes d’exception. Evidemment, le nombre de zéros sur le chéquier va de paire avec la notoriété de l’artiste.

Loin d’être la plus célèbre, Shy’m demande pas moins de 10 000 € pour se produire sur scène l’espace d’une demi-heure. Pis encore, elle requiert pour son arrivée une Mercedes avec chauffeur et d’autres exigences des plus folkloriques. Mais parlons des vrais artistes, ceux qui vous donnent la chaire de poule, ceux pour lesquels les tables s’arrachent pour 1 500 € grand minimum, ceux qui attirent milliardaires et millionnaires par dizaines y compris le fameux Javed Fiyaz. 50 Cent par exemple désire 50 000 $ pour 30 petites minutes durant lesquelles il ne fait guère mieux que chanter en playback et de vous asperger de Grey Goose. 100 000 $/heure, qui dit mieux ? Enfin, la rumeur dit qu’il faudrait débourser plusieurs centaines de milliers de dollars pour l’excentrique Lady Gaga.

La venue de ces artistes est pourtant très vite rentabilisée : ils font même office d’aimants. Akon et David Guetta auraient attirés 3 000 personnes au Gotha Club Cannes. Le calcul est alors simple pour mesurer l’ampleur des profits réalisés par la boîte lorsque l’entrée simple coûte parfois plus de 50€.

Mais là ne s’arrête pas la folie des boîtes de nuits. Tout est fait de sorte que vous ayez des étoiles dans les yeux. Stripteaseuses, animations visuelles, des partenaires VIP tels que Fred, Dom Perignon ou Van Cleef & Arpels et surtout des lieux d’une grande renommée. Impossible de monter une boîte avec un véritable avenir si elle ne se situe pas sur des endroits réputés et où l’affluence est importante. Une exception : si vous voulez lancer une boîte avec un style particulier, votre choix pour l’emplacement est assez libre.

Mais d’où viennent ces profits colossaux ?

Deux milliards d’euros et plus de 300 millions d’entrées : c’était le chiffre d’affaires des établissements nocturnes qui, en une dizaine d’années, a été multiplié par deux. Pas étonnant lorsque l’on connaît le prix moyen d’une entrée simple et d’une bouteille de vodka ou de champagne (ou de whisky pour les amateurs).

Les clients ont tous un point commun : un compte en banque suffisamment fourni pour pouvoir consommer des boissons aux coûts parfois délirants mais avec de grandes répercussions sur leur notoriété durant la soirée. Et les profits ne sont pas des moindres pour le club : achetée environ 90€ l’unité en gros, la bouteille de Dom Pérignon 2004 est revendue entre 350 et 750 euros soit une marge de 4 à 8 fois le prix de la bouteille.

Mais les boîtes ne sont pas les seules à s’enrichir. Vous recherchez un travail ou seul votre cupidité et votre sens du relationnel compte ? Devenez promoteur de soirée, ou VIP host : c’est le job idéal. Ils n’ont qu’un seul but, nous faire venir à la soirée pour dépenser le plus possible. En retour, ils feront à peu près tout pour que votre soirée soit idyllique mais aussi pour que vous reveniez le plus souvent possible. Bref, il gagne à nous faire dépenser, et leurs gains ne sont pas des moindres. Comptez 100 000 € par an (pourboire non compris évidemment) pour un VIP host dans les plus grandes boîtes de nuits, sans oublier les nombreux selfies possibles avec les plus grandes stars présentes à la soirée.

Une soirée comme nulle part ailleurs

Finalement, la stratégie est assez simple. Dès que la boîte a réussi à se créer une réputation, le travail est terminé et c’est vous et vous seul qui écrivez cette stratégie. La boîte de nuit est un endroit particulier : accompagnés de jolies filles, ou de Dom Pe, le but est de s’exposer. Dès lors, entrer sans consommer n’est même pas envisageable. Une fois de plus les chiffres parlent d’eux mêmes : c’est chaque été plus de 3000 bouteilles de Dom Pérignon qui sont achetées dans ces lieux mythiques.

Finalement, la vraie force de ces boîtes est d’arriver à nous faire revenir tous les soirs d’été alors qu’à chaque réveil, c’est le même rituel infernal qui se répète lorsque l’on découvre nos tickets de Carte bancaire dans nos poches…

Clubbing
Une soirée agitée pour le milliardaire pakistanais, Javed Fiyaz.

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