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Le roi disait que j'étais diable

Par Apollinee

téléchargement.jpg" Aliénor d'Aquitaine a vécu plus de quatre-vingts ans. Ce roman couvre la première partie de sa vie, depuis son mariage avec Louis VII (elle a treize ans jusqu'à son divorce, quinze ans plus tard. J'ai pris le parti de considérer ces quinze années comme celles  de l'ennui, de l'impatience, de la maturation jusqu'à cette reine qu'Aliénor deviendra aux côtés d'Henri Plantagenêt"

Qui mieux que l'auteur peut nous camper le propos, celui d'un roman à deux voix - et même trois vers la fin tandis que Raymond de Poitiers, seigneur d'Antioche prend la parole - celle d'Aliénor, la narratrice et la voix intérieure de  Louis VII qui s'adresse à elle.

Dotée d'un tempérament de feu, de colère, partant de guerre, la jeune Aliénor éprouve d'emblée une sorte de répulsion pour son frais mari, frais monté sur le trône royal : 

"Mon avenir se tient là, pâle et languide dans un écoeurant parfum de menthe. Car la vérité m'apparaît: je vais épouser un moine".

Epris autant qu'effrayé, fasciné par la personnalité de son épouse, le  roi comprend d'emblée qu'il a fini la partie avant même que de la commencer : " On ne marie pas impunément le pouvoir et l'innocence."

Enlevée à ses terres d'Aquitaine et ses chères forêts, la toute jeune fille découvre le Nord, Paris, "Plus grouillante que Bordeaux et Poitiers réunis" , la méfiance voire l'hostilité de certains courtisans. Elle introduit à la cour poésie, chants, musique ainsi que quelques usages de luxe et de liberté.Elle corrompt le Roi dans son rapport à l'Eglise, dans son intégrité même, dans son humanité: "Je hais cet attirail de clémence et de bouche tordue qui usurpe le trône."  La" calamiteuse croisade" de Damas aura raison de leur union: le 21 mars 1152 le couple obtient l'annulation de son mariage pour raison de consanguinité . Aliénor épouse alors , le 18 mai de cette même année, Henri Plantagenêt , à Poitiers .

Une lecture recommandée qui révèle un souffle épique maïtrisé.

Le roi disait que j'étais diable,  Clara Dupont-Monod, roman, Ed. Grasset, août 2014, 240 pp, 18 €


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