Magazine Culture

Contrecoups de Nathan Filer

Par Karine Simon @karine59630

Le 4 novembre 2014

Synopsis :

Matthew a 19 ans, et c’est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu’il entend partout, tout le temps…
Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui « ressemble à un serpent ». Pour comprendre son passé et s’en libérer, Matthew dessine, écrit. Il raconte l’enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l’adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l’internement… Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l’hôpital psychiatrique, les soignants débordés, l’ennui abyssal… Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde.
Bouleversant, tourmenté, souvent drôle, Contrecoups est un roman tendre et courageux, porté par une voix absolument unique.

couv5093931

Les premières lignes :

Je l’avoue, je ne suis pas quelqu’un de bien. Des fois, j’essaie, mais souvent je n’y arrive pas. Alors quand mon tour est venu de me couvrir les yeux et de compter jusqu’à cent… j’ai triché.
Je me suis mis là où on devait se mettre quand c’était son tour de compter, vers les bacs de recyclage, à côté de la boutique qui vend des barbecues jetables et des sardines de rechange. Et tout près, caché derrière un point d’eau, se trouve un petit carré d’herbe en friche.

Mon avis :

Ce roman fait parti des meilleurs bouquins de cette rentrée littéraire 2014, du moins si l’on en croit les divers échos de la presse et de la blogosphère. Il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de me faire ma propre idée. C’est chose faite.

Ce roman est très particulier puisqu’il nous plonge dans les méandres de la folie et de la schizophrénie. Matthew, le narrateur, souffre de cette maladie, et il va nous conter son histoire, depuis son enfance jusqu’à son internement. Ce qui fait la force de ce roman, c’est que l’écriture est assez décousue. Vous me direz, mais généralement, ce n’est pas une qualité ! Mais ici, je trouve qui si, justement. En effet ça colle parfaitement à la personnalité complexe du narrateur.

Je suis très vite entrée dans l’histoire. Pourtant, ça ne semblait pas évident, tant les chapitres s’alternaient de façon hétéroclite. Mais, justement, je voulais connaitre le fil conducteur, trouver ce qui les reliait, et ce lien, c’est tout simplement Matthew, il n’y a pas d’autre chose à comprendre. J’ai beaucoup apprécié d’entendre cette voix unique, qui porte un regard très éclairé sur sa propre maladie.

Ça n’a rien à voir avec la pitié. La pitié, je l’ai déjà vue dans le regard des autres, surtout chez les infirmières psychiatriques – soit les fraîchement diplômées qui ne sont pas encore endurcies, soit les maternelles aux yeux humides qui, en me regardant, voient ce qui aurait pu arriver à leur propre môme.

Nous allons donc suivre l’évolution de la maladie de Matthew, de la petite enfance, en passant par l’adolescence, et enfin l’âge adulte. J’ai beaucoup aimé le personnage de Simon, le frère aîné de Matthew. Ce dernier est décédé accidentellement assez jeune. Il souffrait de la trisomie 21. Cet accident sera décisif dans la future maladie de Matthew. Il le changera à jamais, lui, et le reste de sa famille. Le personnage de Nanny Noo, sa grand-mère est tout aussi agréable, il apporte la touche de tendresse à Matthew, même dans les moments difficiles, quand sa mère baisse les bras et n’est plus capable d’être présente.

– Mais ce sont des garçons ! C’est normal qu’ils fassent des bêtises, non ? En plus, ils savaient l’un comme l’autre que c’était défendu de descendre là-bas. On ne peut pas tout rejeter sur Matt. »

L’écriture de Nathan Filer m’a complètement convaincu. Alternant moments heureux et drôles, et d’autres beaucoup plus sombres, et difficiles, l’auteur emmène le lecteur dans un tourbillon d’émotions, mais surtout il l’éclaire sur une maladie bien trop souvent méconnue et stigmatisée : la schizophrénie.

Ce roman est disponible aux Editions Michel Lafon depuis le 28 août 2014.

Cette lecture entre dans le challenge 1% de la Rentrée Littéraire 2014.

challengerl2014

22/24


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Karine Simon 2997 partages Voir son profil
Voir son blog

Magazines