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Jeux interdits - 8/10

Par Aelezig

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Un film de René Clément (1952 - France) avec Brigitte Fossey, Georges Poujouly (N.B.), Lucien Hubert, Suzanne Courtal, Laurence Badie

Drôle, impertinent et tendre.

L'histoire : Seconde guerre mondiale. L'exode. Les gens du nord de la France fuient vers le sud, encore libre. Parmi eux, un couple et leur toute petite fille de cinq ans, Paulette. Abattus par une rafale ennemie, comme tant d'autres, les parents de Paulette ne se réveillent pas et l'enfant comprend qu'ils sont morts. Elle récupère son petit chien, mort lui aussi, mais au moins lui elle peut encore le tenir dans ses bras. Puis elle s'en va. Elle est recueillie par une famille de paysans où Pierre, un peu plus âgé qu'elle, la prend sous sa protection. Il lui dit que les morts doivent être mis dans des trous... il faut donc en creuser un pour le chien. Ils choisissent un vieux moulin abandonné. Puis Pierre explique qu'il faut une croix... Comme dans les cimetières. C'est quoi les cimetières ? demande Paulette. C'est là où on regroupe les morts, pour qu'ils ne soient pas tout seuls, lui répond Pierre. Il faut donc de la compagnie pour le petit chien ! Les enfants commencent à enterrer les uns auprès des autres tous les petits animaux morts qu'ils trouvent et leur confectionnent de belles tombes avec des crucifix qu'ils chipent à droite et à gauche...

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Mon avis : Voilà un sacré bail que je voulais voir ce classique incontournable, avec cependant la peur d'être déçue tant on en a entendu parler. Je craignais que ça soit totalement démodé, mièvre, roudoudou. Pas du tout. C'est réellement une oeuvre à voir, très forte, dont l'aspect tragique est contrebalancé par l'innocence paisible des enfants au milieu de ces événements difficiles, beaucoup d'humour et des personnages hauts en couleurs.

Merci, encore et encore, à Arte de nous permettre ces voyages, géographiques et temporels, dans le cinéma mondial de qualité.

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Quand on évoque ce film, le premier commentaire qu'on entend concerne toujours l'adorable petite Brigitte Fossey. Si elle est effectivement délicieuse et qu'on a envie d'avoir la même à la maison, Georges Poujouly mérite absolument la même attention ! Ces deux enfants sont d'une beauté extraordinaire, ils sont justes et ils sont radieux. L'innocence, la résilience, la force vitale de l'enfance s'expriment à travers eux, et c'est bouleversant. Pas dans le sens "oh ils sont trop choux", mais plutôt "sacré mômes..." Je pense qu'à l'époque, certains ont dû être choqués de la mise en scène morbide, gothique dans un sens, à laquelle se livrent les enfants. C'était un peu sacrilège, j'imagine, de jouer avec des crucifix qu'on pique dans les cimetières ! D'ailleurs le film porte bien son nom... Même aujourd'hui, ça reste étonnant, captivant, et en même temps tout à fait normal : qui d'entre nous n'a pas, enfant, enterré avec grand soin un petit oiseau mort ? Et Clément ne sombre d'ailleurs jamais dans l'angélisme... en nous montrant aussi la perversité enfantine : Pierre n'hésite pas à tuer quelques petites bêtes pour les ramener à Paulette ! Une douloureuse mise en abîme avec la guerre, où l'on tue... pour faire plaisir au chef.

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C'est un film merveilleux, dans le sens où ces deux petites têtes blondes sont dans leur bulle à eux, parmi les grands préoccupés par leurs tracas d'adultes ; une sorte de conte un peu macabre où ils désacralisent et enchantent la mort ! Si c'est pas freudien, ça...

La fin est juste épouvantable.

Magnifique. Jeux interdits mérite bien sa réputation.


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