Magazine Cinéma

Rencontre : Andrea di Stefano, réalisateur de «Paradise Lost»

Publié le 04 novembre 2014 par Masemainecinema @WilliamCinephil

Lundi 27 octobre 2014, après la projection de « Paradise Lost », nous avons eu l’occasion de rencontrer Andrea di Stefano, réalisateur et scénariste du film, et Dimitri Rassam, le producteur.

SDC16860

Andrea di Stefano et Dimitri Rassam après la projection

Andrea di Stefano commence par le fait que « Paradise Lost » n’est en aucun cas un biopic. Bien entendu, le personnage de Pablo Escobar est vrai, tout comme ce qui est raconté en rapport en avec ce personnage. Cependant, le personnage de Nick, interprété par Josh Hutcherson, se trouve être complètement fictif. Le réalisateur nous raconte que c’est un policier italien qui lui raconta l’histoire d’un homme chargé par Pablo Escobar de cacher un trésor, avant de se faire tuer par son propre employeur. Andrea di Stefano s’appuya là-dessus en partie.

De même en créant le personnage de Nick, qui se trouve être complètement fictif, Andrea di Stefano voyait un point d’entrée. C’est à travers ce personnage que le spectateur découvrira celui de Pablo Escobar. C’est lui qui rend possible cette pénétration dans l’esprit de Pablo Escobar, que l’on découvre à la fois comme un homme aimant et comme un redoutable trafiquant. Le producteur, Dimitri Rassam, insiste sur le fait qu’il aimait dans ce projet l’image « charmante du monstre » qui était proposée. Le réalisateur nous démontre également qu’il n’est par forcément Dr. Jekyll et Mr. Hyde, mais qu’il se trouve être les deux à la fois, étant capable de jongler et mêler habillement ces deux facettes.

Andrea di Stefano continu en nous parlant de la tragédie grec et qu’il avait toujours construit « Paradise Lost » avec cette idée en tête. Pablo Escobar serait ce Dieu, qui pourrait frapper n’importe qui de son courroux. Il nous fait remarquer que sur l’affiche, il y a écrit : « Personne n’échappe à Pablo Escobar ». Il nous confie également qu’il avait pensé l’introduction du long-métrage comme un chorus, présent à chaque début de tragédie grecque. En effet, un chorus est un résumé de tout ce qui va suivre dans la pièce. L’introduction de « Paradise Lost » livre exactement cette même impression en nous divulguant ce que l’on devine être la fin. Le réalisateur conclu en nous confiant qu’il aimait l’opposition entre le bien et le mal, et le fait que le spectateur se demande sans cesse si tel ou tel personnage va tuer tel ou tel personnage.

escobar-paradise-lost-benicio-del-toro

Benicio Del Toro interprète Pablo Escobar

La conversation s’oriente sur les acteurs. Dimitri Rassam nous explique que seuls deux acteurs, pour eux, étaient capables de tenir ce personnage de Pablo Escobar de bout en bout : Benecio Del Toro et Javier Bardem. Très vite leur choix s’axa sur le premier. De même, le choix de Josh Hutcherson fût immédiat lors d’une rencontre sur le tournage de la saga « Hunger Games » à Atlanta. Finalement, ces deux acteurs forment le bon duo pour que le film fonctionne.

Andrea di Stefano fait une petite parenthèse sur la composition musicale de Max Richter. Il nous révèle que son choix s’est porté sur ce compositeur après avoir entendu celle de « Valse avec Bachir », qu’il trouve très belle et classique.

L’échange revient au personnage de Pablo Escobar, pilier du long-métrage. Le réalisateur insiste, une nouvelle fois, en nous disant qu’il n’avait pas l’intention de réaliser un biopic et que tout est fiction, sauf ce qu’on voit de Pablo Escobar. Il voulait avant tout réaliser un long-métrage sur des personnages. C’est dans cet esprit que le trafic de drogue est mis de côté, au point de ne jamais être clairement montré et à peine mentionné. « Paradise Lost » raconte le mal de cet homme, et non le mal de son activité.

SDC16862

Andrea di Stefano parle avec une passion, non dissimulée, de « Paradise Lost »

Andrea di Stefano conclu avec le fait qu’il avait depuis l’élaboration de « Paradise Lost » cette image d’une vague pour Pablo Escobar. Une vague capable d’atteindre plusieurs endroits à fois, causant des dégâts conséquents, et dont on ne pouvait pas échapper.

Rencontre avec Andrea di Stefano et Dimitri Rassam après la projection de « Paradise Lost », dans les locaux de Pathé à Paris, le 27 octobre 2014.


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Masemainecinema 6107 partages Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines