Magazine Beaux Arts

Exposition « De Picasso à Jasper Johns » l’atelier d’Aldo Crommelynck | Musée Soulages Rodez

Publié le 08 novembre 2014 par Philippe Cadu @ContempodeLArt

http://musee-soulages.grand-rodez.com/

Pablo Picasso, Fumeur à la cigarette verte, 1970 Eau-forte, pointe sèche, grattoir, aquatinte BnF, dépt. des Estampes et de la photographie © Succession Picasso 2014
 Du 14 novembre 2014 au 8 mars 2015
Christina Ljubanovic Portrait d’Aldo Crommelynck, 1985. Amandine Meunier, régisseur des collections BnF, dépt. des Estampes et de la photographie © Christina Ljubanovic

le musée Soulages de Rodez s’associe à la Bibliothèque nationale de France pour rendre un vibrant hommage au grand imprimeur d’art Aldo Crommelynck (1931-2008). L’exposition retrace l’histoire de son atelier qui a fait de Paris une capitale mondiale dans le domaine de l’estampe. En présentant une centaine d’oeuvres issues de la collaboration entre l’imprimeur et les artistes avec lesquels il a travaillé à Paris et à New York, l’exposition offre une occasion exceptionnelle de découvrir des estampes rarement montrées et signées par Richard Hamilton, David Hockney, Jim Dine ou Jasper Johns. À la différence de l’exposition parisienne, le musée Soulages présentera davantage de prêts, notamment des estampes de Picasso non exposées à Paris.!

A.R. Penck (Ralph Winkler), Aus der Kindlichen in die pubertare Phase, 1984 Aquatinte en couleurs BnF, dépt. des Estampes et de la photographie © A.R. Penck/ ADAGP Paris 2014
Portrait A. Crommelynck  avec Jim Dine ©David Paul Carr BnF
Initié à la gravure par le maître imprimeur Roger Lacourière, Aldo Crommelynck ouvre son propre atelier à Montparnasse en 1956. En 1963, il installe avec son frère Piero une presse à Mougins, à côté de la maison de Picasso. L’entière disponibilité des frères Crommelynck suscite chez Picasso une véritable frénésie de création graphique : en résultent près de 750 planches, notamment la série des 347 gravures en 1968 et celle des 156 entre 1970 et 1972. En 1969, l’atelier parisien des frères Crommelynck déménage dans un hôtel particulier de la rue de Grenelle.
En 1973, attiré par le renom de l’imprimeur de Picasso, Richard Hamilton vient y travailler et se lie d’amitié avec Aldo. À sa suite, l’atelier commence à être
fréquenté par des artistes étrangers, majoritairement anglais et américains comme Jasper Johns, Jim Dine, David Hockney, Peter Blake ou Donald Sultan ; puis par des artistes plus jeunes comme George Condo ou David Salle. L’artiste italien de la Trans avant-garde Francesco Clemente, l’Allemand Penck et le Suisse Martin Disler viennent également y travailler.
Jasper Johns, Periscope (Ulae 218), 1981 Eauforte et aquatinte en couleurs BnF, dépt. des Estampes et de la photographie © Jasper Johns/ ADAGP Paris 2014
Portrait  A. Crommelynck © David Paul Carr
Tous ces artistes apprécient le talent de l’imprimeur qui met son exceptionnel savoirfaire à la disposition de leur créativité et de leurs projets, notamment sa maîtrise de l’aquatinte et la rigueur avec laquelle il les accompagne dans leur expérimentation des procédés de la taille-douce. En 1986, après s’être séparé professionnellement de son frère, Aldo Crommelynck ouvre un second atelier à New-York. Jusqu’à la fin de sa carrière en 1999, il partage son temps entre Paris et les États-Unis où il collabore avec d’autres artistes, parmi lesquels Ed Ruscha, Chuck Close, Dan Flavin ou Claes Oldenburg. En 2010, Corinne Buchet-Crommelynck, transmet au département des Estampes et de la photographie de la BnF un ensemble de plus de 200 estampes de grands artistes contemporains imprimées par son père.
L’exposition s’organise autour de la figure de Picasso graveur avec la présentation de plusieurs estampes majeures issues de son exceptionnelle collaboration avec Aldo Crommelynck, dont le célèbre Ecce Homo d’après Rembrandt.
Plusieurs artistes venus par la suite travailler avec Crommelynck rendent hommage à Picasso dans leurs créations : Artist and Model de David Hockney, Picasso’s Meninas de Richard Hamilton, virtuose et ironique revisitation en gravure de l’oeuvre de Picasso d’après Velázquez, travaillée avec plus de six procédés de taille-douce.
Le parcours met également l’accent sur les collaborations américaines de l’imprimeur et offre ainsi l’occasion de montrer un aspect plus confidentiel mais tout aussi fondamental de l’oeuvre d’artistes américains majeurs. Sont ainsi présentés la suite des 7 Sunliners d’Edward Ruscha, les planches de Jasper Johns accompagnant le somptueux livre Foirades/Fizzles conçu sur des textes de Samuel Beckett, un très subtil autoportrait de Chuck Close, ou encore une aquatinte et pointe sèche inédite de Dan Flavin, For Janette Affectionately, quelques lignes graciles sur un aplat de couleur jaune fluorescent rappelant les sculptures en néon de l’artiste. Les oeuvres exposées ont été gravées dans les ateliers d’Aldo Crommelynck entre 1982 et 1999, à Paris et à New York, par 26 artistes en grande majorité américains ou travaillant aux États-Unis. Aldo Crommelynck a demandé à tous ces artistes de signer des épreuves pour la BnF, alors même que la législation sur le dépôt légal ne s’appliquait pas aux oeuvres créées à l’étranger.
Le musée Soulages présente un ensemble d’estampes et de gravures de Pierre Soulages dans un cabinet de vitrines élégantes, propres à présenter les feuilles, eaux-fortes, lithographies et sérigraphies, dans le contexte de leur invention technique. Les matrices en cuivre des eaux-fortes sont également exposées. Ainsi l’exposition De Picasso à Jasper Johns qui met en lumière la figure d’Aldo Crommelynck met en valeur le métier d’imprimeur et la main du graveur en résonance avec la collection permanente. Un atelier de taille-douce in situ sera proposé au musée. afin de permettre au public de se familiariser avec les peintres américains et anglais.

Pierre et Colette Soulages lors du vernissage d'ouverture du musée. (C) Philippe Cadu
Détail du relief d'un outrenoir de Pierre Soulages (C) Philippe Cadu
Les collections du Musée

Diaporama d’une partie des œuvres de Pierre Soulages

En novembre 2012, le couple Soulages octroie une deuxième donation à la communauté d’agglomération du Grand Rodez. Celle-ci comprend 14 peintures sur toile : certaines réalisées entre 1946 et 1948, des œuvres importantes de 1964 et 1967 et un précieux Outrenoir de 1986.

Ces donations de Pierre et Colette Soulages (2005 et 2012) constituent le fonds le plus complet sur les trente premières années de créations de l’artiste. Elles témoignent de la volonté des époux de transmettre une expérience d’artiste pour la vision d’une création plus universelle.

Musée Soulages Avenue Victor Hugo 12000 Rodez

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Philippe Cadu 34619 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte