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Le fils de Chucky (Seed of Chucky)

Publié le 09 novembre 2014 par Cinephileamateur
Le fils de Chucky De : Don Mancini.
Avec : Brad Dourif, Jennifer Tilly, Billy Boyd, Redman, John Waters, Keith-Lee Castle, Jason Flemyng, Kristina Hewitt, Rebecca Santos, Tony Gardner...
Genre : Épouvante.
Origine : États-Unis.
Durée : 1 heure 27.
Date de sortie : 2 mars 2005.
Synopsis : Apprenant qu'un film sur les effroyables exploits de ses parents décédés est en train de se tourner, Glen, le fils de Chucky, se rend à Hollywood.
Ayant réussi à ramener ces derniers à la vie, il s'aperçoit vite que sa nouvelle famille est loin d'être aussi chaleureuse qu'il l'avait rêvé...
A la grande horreur du gentil Glen, ses parents se lancent dans une nouvelle série d'exploits macabres. Chucky, lui, ne parvient pas à se faire à l'idée que son fils ne partage pas son goût du meurtre ; quant à Tiffany, elle ne rêve que de croiser le chemin de la star du film, Jennifer Tilly. Chaque rencontre apporte son lot de surprises...
Bande annonce originale
"- Ou sont ton papa et ta maman ?
- Vu sa gueule, si tu veut mon avis, ils se cachent.
- Ferme la tête de nœud !
- Regarde le. On dirait qu'il descend en droite ligne de l'arbre de la laideur et qu'il s'est cogné à toute les branches au passage... Sans déconner, moi je plains les parents. Je serais curieux de voir la tête qu'ils ont."

3.0
Le fils de Chucky
De tous les épisodes de la franchise Chucky, le cinquième volet à savoir "Le fils de Chucky" est sans nul doute celui avec lequel j'ai eu le plus de mal (je n'ai pas encore vu le sixième film mais ça ne saurait tarder). Je ne l'avais d'ailleurs pas revu depuis sa sortie en salles tant j'en gardais un mauvais souvenir et c'est donc avec pas mal d'appréhension que je me suis mis à le revoir en Blu-ray.
Au final, j'ai plutôt bien fait. Je ne dis pas que le film est exceptionnel, je continue de penser que, dans l'attente de visionner le sixième épisode, c'est le volet le plus faible de la saga mais je me suis quand même amusé je dois l'admettre. Peut-être parce que je savais cette fois-ci à quoi m'attendre, peut-être parce que maintenant je savais qu'il ne serais pas au niveau de ses prédécesseurs mais j'ai malgré tout aimé ce deuxième visionnage et accroché par la même occasion cette fois-ci à ce scénario écrit par Don Mancini.
Ce n'était pourtant pas gagné d'avance. Dès le début avec ce générique assez hideux digne d'un mauvais téléfilm à faible budget suivi d'une scène d'ouverture un peu bancal, j'ai cru qu'une nouvelle fois, la pilule aurait du mal à passer et je craignais de m'ennuyer de nouveau. Pourtant, la magie du cinéma a opéré et sans que je puisse me l'expliquer, je me suis cette fois-ci laisser prendre au jeu. Peut-être que j'étais dans de meilleurs conditions mais je me suis amusé face à cette histoire très légère qui marque aussi la cinquième participation au scénario de Don Mancini, le bonhomme sachant donc où il veut aller.
Le plus gros problème, c'est que le chemin qu'il veut prendre, c'est peut-être pas celui que j'aurais espéré. J'aime l'humour noir mélangé à l'épouvante, j'aime cette touche de parodie que l'on pouvait déjà fortement ressentir dans "La fiancée de Chucky" dès son affiche française qui rendait hommage à "Scream 2" (ici, ça sera plus "Shining") mais là, je trouve malgré tout que cet opus tombe beaucoup trop dans la parodie. Le juste équilibre n'est pas respecté et l'humour noir sans forcément de finesse prend un peu trop le dessus sur l'intrigue et l'épouvante en elle-même.
C'est dommage car du coup, ça décrédibilise l'action. On se marre bien, le film à son quota de répliques fort sympathique mais il perd un peu de son identité ce qui le rend du coup le volet le plus faible de tous. Ce n’est pas aussi catastrophique que dans mes souvenirs, les clins d’œil sont agréables mais il manque clairement une âme à l'ensemble pour s'intégrer parfaitement aux autres films que l'on a déjà pu voir. Il y a quand même une constance avec ce que l'on nous a déjà raconté mais en nettement moins fort malheureusement.
Reste que je me suis divertit car il y a une forte présence de répliques que je ne me souvenais plus et qui m'ont fait sourire comme je pourrais sourire devant un bon nanar qui s'assume. Car c'est peut être ça aussi qui sauve quelque peu ce volet. Ce film s'assume tout le temps. Il ne dénigre pas son concept de base et assume à fond son délire et le virage voulu à l'image de la scène avec le sosie de Britney Spears que je trouve excellent.
Le film possédera ainsi une multitude de bonnes idées noyé dans un scénario bien trop léger mais une fois que l'on aura appris à connaître ce chemin, on pourra plus facilement se laisser prendre au jeu. C'est peut-être pour ça aussi que mon second visionnage, bien que tardif, fut nécessaire. J'ai ainsi beaucoup aimé les quelques clins d’œils et hommage que le film propose, le plus évident étant celui du film "Glen ou Glenda" d'Ed Wood qui parle de la crise d'identité et du rapport avec la famille. Au passage, dommage que la traduction française du titre du film dévoile un peu son issue jouant moins sur la personnalité de l'enfant de Chucky et Tiffany, le titre originale avec le mot "seed" signifiant "graine" étant plus ambiguë et du coup, collant plus avec le récit.
J'ai d'ailleurs beaucoup aimé sinon me revoir ce film avec en tête ce parallèle avec le film d'Ed Wood. Cette rencontre entre deux nanars restera sans nul doute aussi l'un des autres points forts de ce film qui malgré ses innombrables défauts à réussit à me surprendre. Il aura fallu m'y prendre à deux fois mais il y a dans ses deux films une folie et un délire que j'apprécie. L'art cinématographique est loin mais l'objet nanardesque m'a fait passer du bon temps. Avoir vu entre temps le film d'Ed Wood me fut à titre personnel ainsi profitable et sert bien cette nouvelle aventure de Chucky à qui du coup j'ai réussi (il m'aura fallu du temps) à lui pardonner ses erreurs, ses maladresses et ses facilités.
Pour incarner Chucky, l'acteur Brad Dourif prête de nouveau de bien bonne manière sa voix mais une nouvelle fois, j'ai quand même un petit coup de cœur pour la version française avec la voix de William Coryn qui rend les répliques encore plus savoureuse. Version originale ou version française, de toute façon le fait de retrouver ce personnage est assez jouissif et la recette fonctionne toujours. On adore ce méchant qui assume totalement sa folie meurtrière et on a presque de l'affection pour lui tant il ose tout.
J'ai beaucoup aimé aussi retrouver Jennifer Tilly qui reprend son rôle de Tiffany. Ça lui colle vraiment bien à la peau et le timbre de sa voix est parfait (la version française est aussi efficace d'ailleurs). Petit plus dans ce volet, j'ai beaucoup aimé la façon dont la comédienne joue son auto-parodie et n'hésite pas à jouer de son image et à égratigner son image. Les allusions à sa carrière (et notamment "Bound" qu'ils m'ont donné envie de revoir) m'ont bien fait sourire et j'apprécie toujours ce genre de travail chez un acteur ou une actrice. Ici, sa prestation me plait bien en tout cas.
J'ai eu un peu plus de mal avec le nouveau venu à savoir Glen / Glenda. Ça n'a rien à voir avec le doublage, Billy Boyd fait le boulot, mais plus vis à vis de la marionnette elle-même. Le côté androgyne de ce personnage est très intéressant, on notera d'ailleurs l'absence d'orifice chez lui/elle lors d'une scène assez drôle à l'exception d'un nombril vu que ce personnage est né par voie naturelle, mais il y a un manque flagrant de charisme. On sent bien le côté enfantin, innocent et naïf qu'on veut lui donner mais c'est dommage qu'il s'impose moins à l'écran que ses parents alors qu'il est sensé en être l'un des centres d'intérêt. L'arrivée de Tiffany dans la franchise fut remarquable dans l'épisode précédent, elle s'est tout de suite imposé comme si elle avait été toujours là et je regrette que ce ne fut pas le cas pour cet enfant.
Derrière ce trio haut en couleurs, on retrouve une distribution à l'interprétation quand même assez mauvaise il faut l'admettre. Par le passé, le casting n'a jamais eu en soit quelque chose d'énorme mais il possédait malgré tout un certain charme. Là, ils ne sont jamais convaincants et même si ça joue un peu sur l'aspect comique de l’œuvre, ils restent quand même très fades et transparents. La plus mauvaise blague étant le rappeur Redman dans son propre rôle et qui joue la comédie d'une façon si atroce, que sa dernière scène dans ce film fut pour moi un vrai plaisir.
Il n'est malheureusement pas le seul mais c'est celui qui sera le plus mis en avant dans les seconds rôles. On retiendra aussi la faible performance de John Waters dans la peau de Pete Peters ou encore celle de Jason Flemyng, un acteur que j'apprécie pourtant en temps normal et qui s'avère ici sous exploité dans son apparition de père Noël. Après ça colle à ce film, ça accentue le fait que nos poupées sont les véritables héros (et encore plus ici) mais j'aurais quand même bien aimé voir un peu plus de consistance dans le jeu et la direction artistique.
Après avoir écrit les scénarios de l'intégralité des épisodes de la saga (il réitère le coup ici et récidivera dans la prochaine aventure), Don Mancini passe cette fois-ci devant la caméra. On pouvait se dire que maitrisant le sujet, sa mise en scène serait un peu soigné or, ce n'est pas vraiment le cas ici. C'est pas totalement mauvais car il y a des plans quand même réussi qui appuie bien aussi sur certains hommage comme les scènes clin d’œil à "Shining" et "Psychose" ou encore le générique d'ouverture (moins réussi) qui fait penser à "Allo maman, ici bébé" mais ça reste quand même très léger dans l'ensemble.
C'est cette légèreté d'ailleurs qui fait que c'est aussi l'épisode le plus faible. Ça lui donne une certaine identité mais ça manque quand même un peu d'âme tout ça. Le délire est assumé, le scénario part dans un grand n'importe quoi volontaire et c'est donc dommage qu'il n'y ait pas plus de folies dans la mise en scène, plus de consistance. Reste que malgré ses imperfections, cette réalisation se laisse regarder malgré tout assez facilement. On ne s'ennuie jamais vraiment (si on se laisse prendre au jeu) car le montage reste assez dynamique tandis que la durée du film est toujours aussi courte comme il le faut.
Maintenant, les effets spéciaux ont eux aussi un peu moins de charme. J'ai ainsi été moins sensible à l'animation des marionnettes que j'ai trouvées moins percutante. Il y a un petit côté kitsch dans les précédentes aventures fort sympathique que l'on ne retrouve pas forcément ici et une surenchère parfois qui là encore, marche moins bien que dans le passé comme ce délire de nous montrer de la chair dans le dos de Tiffany ou un geyser de sang après une décapitation pour ne citer que ses exemples. On est toujours dans le nanar mais le charme à un peu disparu visuellement et c'est dommage.
Heureusement, les looks sont toujours soignés. Le duo Tiffany et Chucky est bien traité tout comme le côté androgyne de Glen / Glenda. On aime jouer avec la caricature sur le personnage de Jennifer Tilly l'actrice ou encore de Redman et ça fonctionne plutôt bien. Fort heureusement d'ailleurs car à côté de ça, les décors m'ont paru trop faux. J'ai moins accroché à ses décors pourtant variés mais qui ne m'ont pas emballé dans leurs aspects carton. L'ensemble manque un peu de solidité.
La photographie est pas mal sinon. Rien de transcendant une nouvelle fois mais c'est plutôt correct. Ça colle bien avec la volonté de vouloir faire un film plus basé sur l'humour que sur l'épouvante. Cela se ressent aussi à travers la bande originale composée par Pino Donaggio. J'ai pas trouvé de thème ou de chansons vraiment forte, de titre qui me fait tout de suite pensé à Chucky et c'est dommage car cela aurait pu apporter un petit plus je pense à ce film qui possède pas mal de moins.
Pour résumer, je ne regrette pas, presque dix ans après l'avoir découvert en salles, avoir laissé une seconde chance à ce long métrage. "Le fils de Chucky" est bourré d'imperfections, c'est sans aucun doute à ce jour pour moi et dans l'attente de découvrir la sixième aventure, le volet le plus faible de la franchise, le moins abouti, le plus maladroit. Mais cette fois-ci, en le voyant en connaissance de cause, j'ai su le voir comme un bon gros nanar et j'ai adhérer un peu mieux au projet. J'ai même réussi à y déceler plusieurs très bonnes idées, noyé dans pas mal de mauvaise, mais qui ont su rehausser le film à mes yeux. Il en faudra plus pour que je le recommande mais en attendant, je plaide coupable, mon visionnage fut plaisant et j'ai pas mal sourit devant la multitude de répliques ainsi que notre trio de poupées qui sont le seul intérêt de ce volet. La pilule a eu du mal à passer mais cette fois, je pense que je pourrais un peu mieux l'avaler si l'occasion se représente car finalement, un petit nanar, ça fait du bien aussi de temps en temps.
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