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[Critique série] FREAKS AND GEEKS

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] FREAKS AND GEEKS

Titre original : Freaks and Geeks

Note:

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Origine : États-Unis
Créée par : Paul Feig
Réalisateur : Paul Feig, Jake Kasdan, Judd Apatow, Bryan Gordon, Lesli Linka Glatter, Ken Kwapis, Danny Leiner, Ken Olin, Miguel Arteta.
Distribution : Linda Cardellini, John Francis Daley, James Franco, Busy Philipps, Jason Segel, Seth Rogen, Samm Levine, Martin Starr, Joe Flaherty, Becky Ann Baker, Dave « Gruber » Allen, Tom Wilson, Ben Foster, Ben Stiller, Lizzy Caplan, Natasha Melnick, Jerry Messing, David Koechner, Leslie Mann, Jason Schwartzman…
Genre : Comédie/Drame
Diffusion en France : Série Club (en 2001)/Disponible en coffret DVD (import USA)
Nombre d’épisodes : 18

Le Pitch :
L’année scolaire 1980/1981 débute au lycée McKinley, dans le Michigan. Lindsay Weir, une élève modèle habituée aux tableaux d’honneur, commence à perdre ses repères. Sur un coup de tête, elle décide alors de se rapprocher d’un groupe d’élèves marginaux (les Freaks), sous le regard désapprobateur de ses parents et professeurs. De son côté, Sam, son jeune frère, tente de négocier au mieux son entrée au lycée, en compagnie de Bill et Neil, ses deux meilleurs amis, fans de science-fiction, de cinéma et de bd (les Geeks). Le tout au cœur d’une Amérique rock and roll elle aussi en proie à de nombreux changements…

La Critique :
Tout est parti de là, ou presque. Freaks and Geeks, ce n’est ni plus moins que le début de la grande aventure pour quelques uns des grands noms de la comédie américaine d’aujourd’hui. À la base du projet, Paul Feig, acteur devenu réalisateur, populaire pour le film Mes Meilleures Amies. À ses côtés, à la production, mais aussi à la réalisation et à l’écriture, Judd Apatow, le patron de cette nouvelle scène comique. Un type absolument génial, auparavant connu pour son boulot sur des séries comme Profession Critique et proche de Ben Stiller pour avoir produit son show au tout début des années 90. Désormais, le nom d’Apatow est indissociable d’une large partie des films dans lesquels apparaissent les acteurs de ce grand groupe de comédiens associés au mouvement. Les Supergrave, En Cloque, Mode d’Emploi, 40 ans toujours puceau, ou encore Walk Hard, Frangins Malgré Eux et 40 ans : Mode d’Emploi. On retrouve aussi Jake Kasdan aux manettes, qui depuis, a offert au monde l’excellent Walk Hard et plus récemment Sex Tape, avec Cameron Diaz et Jason Segel. Jason Segel justement parlons-en, lui qui tient l’un des rôles principaux dans Freaks and Geeks. Son premier vraiment important. Seth Rogen quant à lui, n’avait rien tourné avant la série et James Franco n’avait fait que cachetonner. Linda Cardellini, moins connue chez nous, avait un peu plus roulé sa bosse, mais c’est le show qui lui permit de véritablement se lancer et de devenir pendant de longues années, l’une des têtes d’affiche de la série culte Urgences.
Freaks and Geeks a initié tout un mouvement. Il a lancé des carrières, probablement quelques vocations, a provoqué un raz de marée de critiques dithyrambiques… et s’est arrêté faute d’audience au terme d’une première saison de 18 épisodes. Ainsi va la vie à la télévision et succès ne rime pas forcément avec qualité. Paradoxalement, le premier carton de tout ce beau monde fut donc un échec…

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Rapidement pourtant, des voix se sont élevées pour déplorer l’arrêt brutal de la série. Peut-être galvanisé par la réussite de certains des acteurs impliqués, au cinéma ou à la télévision, le public s’est intéressé à Freaks and Geeks et petit à petit, a construit un véritable culte autour de ce qui est devenu un phénomène générationnel. Une admiration complètement justifiée tant la série tape dans le mille et s’avère bien plus intéressante et stimulante que 95% des productions du genre qui tournent autour de l’adolescence et de la vie au lycée. Et finalement, peu importe pour nous français, que l’action se déroule aux États-Unis. Peu importe également qu’il s’agisse du début des années 80, sauf si bien sûr vous avez grandi à cette période, auquel cas le show ne manquera pas de titiller votre corde nostalique. Non, ce qui importe vraiment, c’est l’universalité qui se dégage des aventures de Sam, de Lindsay et de leurs amis. Que l’on soit un freak (en gros, quelqu’un qui se fout un peu des études, et qui préfère passer son temps à écouter de la musique et à trainer avec ses potes), ou un geek (les fans de culture geek donc, abonnés aux bonnes notes et, dans le cas présent, pas franchement populaires avec les filles), cette production chorale arrive à capter une vérité, palpable en permanence et plus spécifiquement lors de scènes clés, qui loin de céder aux clichés du genre, arrivent à capturer la véritable essence de cette période de la vie, durant laquelle tout se décide. Le plus beau dans cette affaire est que jamais Freaks and Geeks ne cherche à éviter les passages obligés et les situations maintes fois abordées. Au contraire, la série fonce dans le tas et y va gaiement, pour au final, offrir une vision sincère, en prouvant au passage l’acuité d’un regard dans lequel tout le monde peut se reconnaître.

Œuvre matricielle, Freaks and Geeks contient la moelle substantielle du cinéma de Judd Apatow. Ancré dans son époque, via l’environnement, mais surtout les références à la musique (le rock), le cinéma, ou encore la littérature ou la politique, le show jette également un regard à la fois tendre et sans concession sur toute une époque. Sans aucun cynisme, mais avec beaucoup de mordant, Paul Feig et sa troupe tissent une réflexion touchante sur l’enfance, sur l’amitié et la famille.
Centré tout spécialement sur deux personnages, à savoir Lindsay et son frère Sam, chacun « représentant » respectivement leur groupe social (les freaks et les geeks), la série est composée d’épisodes construits à partir de la même structure. Deux histoires inhérentes à chaque groupe forme un épisode, tandis que parfois, les récits s’entrecroisent et se nourrissent l’un l’autre. Les parents ont aussi le droit de cité, tout comme les amis des amis, et les professeurs. Rappelant, notamment par rapport à cette belle mélancolie nostalgique qui se dégage de l’ensemble, une série comme Les Années Coup de Cœur (diffusée à la fin des années 80, ce show tournait autour de la vie d’un jeune collégien durant les années 60/70 et faisait régulièrement référence au contexte artistique et politique de l’époque), Freaks and Geeks va plus loin dans sa volonté d’instaurer une nouvelle dynamique. En gros, de faire rire autrement, sans cesser de penser à l’émotion et sans se priver non plus de passer de l’un à l’autre en un clin d’œil. Un personnage comme Bill, campé par l’excellent Martin Starr (vu depuis dans En Cloque : Mode d’emploi, Adventureland…), aurait pu devenir le vecteur d’une mélancolie plus lourdingue. Au lieu de cela et sans se départir effectivement d’une facette très touchante, Bill est l’un des protagonistes les plus drôles du show. À vrai dire, c’est un peu le cas de tous les héros, eux qui possèdent deux facettes, amenés à se dévoiler au fil des 18 épisodes. Pas de pathos ou de morale lourdingue. Tout coule de source avec un naturel confondant devant lequel il semble inconcevable de rester de marbre. Attachants, les freaks et les geeks ne sont jamais les réceptacles d’une bien-séance formatée pour cartonner et c’est peut-être d’ailleurs pour cela, car le public n’était pas prêt, que le show n’a pas fonctionné à la télévision américaine.

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Les acteurs bien sûr, sont tous impeccables. Avec un soucis du détail rare, la série soigne tout le monde. Du pivot présent dans tous les épisodes, au type ou à la nana que l’on ne voit qu’une ou deux fois, chacun existe et a droit à une brillante partition. Jubilatoire, la série doit ainsi beaucoup à ses comédiens, qui prennent un plaisir évident. Ce n’est pas pour rien si, encore récemment, Seth Rogen déplorait l’arrêt de la série. Là, comme les autres, il est génial, au diapason de toute une équipe soudée. Régulièrement visitée par des guests, qui à l’époque, n’en était pas vraiment, si on fait exception de Ben Stiller (comprendre par là que beaucoup de stars invitées ne sont devenues stars que plus tard, comme Jason Schwartzman, l’acteur fétiche de Wes Anderson et Leslie Mann, l’épouse de Judd Apatow vue dans Triple Alliance et 40 ans : Mode d’emploi), la série permet également à certains de ses comédiens de prouver leur valeur dans un registre différent, à l’instar de Tom « Biff Tannen » Wilson. Freaks and Geeks dévoile le talent d’un grand nombre de jeunes acteurs. Des acteurs comme John Francis Daley (vu dans Bones et auteur des scripts des deux Comment tuer son Boss ?), Samm Levine (vu dans Inglourious Basterds), Dave Allen (vu dans Sex Tape), Ben Foster (vu dans Alpha Dog, Du Sang et des Larmes…), ou encore Busy Philipps (vue dans Dawson, Cougar Town…), en plus des autres cités plus haut, devenus depuis, les meneurs de tout un mouvement responsable du fantastique rebond de la comédie américaine meta.

Tout est parti de là. Freaks and Geeks contient en substance tout ce qui fait des films cultes comme 40 ans toujours puceau, C’est la Fin, Sans Sarah rien ne va, Frangins malgré eux, ou encore Délire Express, ce qu’ils sont. Le petit plus, c’est que contrairement à ces longs-métrages, qui se citent volontiers les uns les autres (le côté meta-comédie), la série brille par une pertinence encore plus fédératrice. Elle donne matière à rire (beaucoup), à réfléchir et même à pleurer. Jubilatoire, modeste, juste et incontournable, elle se savoure. Rythmée par une bande originale traversée de tubes rock, rendant hommage aux fondateurs du rire à l’américaine (Bill Murray et Steve Martin en tête), et à tout un pan du cinéma, elle offre surtout le point de vue des marginaux. Ceux qui d’habitude, ne sont pas pris au sérieux, au nom d’une uniformisation galopante et réduits à une somme de clichés, propre à un rire moqueur (le générique, Bad Reputation, de Joan Jett, illustre clairement cette idée). Freaks and Geeks ne se moque jamais gratuitement. Tout simplement car elle s’avère auto-biographique à plus d’un titre et qu’au fond, il s’agit avant tout ici d’une introspection remarquable d’acuité et de pertinence. La série rock and roll par excellence.

@ Gilles Rolland

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