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Niki de Saint Phalle met le feu au Grand Palais

Publié le 10 novembre 2014 par Polinacide @polinacide

Niki de Saint PhalleSacrée flingueuse au Grand Palais. Si Niki de Saint Phalle fut l’une des artistes les plus populaires de son temps, la majeure partie de son œuvre reste pourtant largement méconnue aujourd’hui, à l’exception des célèbres « Nanas » à l’embonpoint jovial et criard. Tout d’abord mannequin, puis épouse et mère, son histoire aurait pu en rester là. Mais c’était sans compter la révolte viscérale qui animait la jeune femme, ou le besoin explosif de « domestiquer les dragons » qui agitaient son âme. « J’ai décidé très tôt d’être une héroïne. L’important était que ce fût difficile, grand, excitant. » Aussi chaotique que sa propre vie délurée. Autodidacte, Niki peint avec ses tripes, marquée par une volonté farouche de « montrer, montrer tout », pour vomir une rage créative à la fois pop et provoc’. Comme une revanche à prendre, d’abord sur son père qui l’avait violée à l’âge de 11 ans, ou encore sur cette mère « dévorante » à laquelle elle ne veut surtout « pas ressembler ». Un règlement de compte sans fioritures, dont toute la violence s’exorcise dans la série des « Tirs » qui a valu à Saint Phalle le surnom de « Calamity Jane » de l’art. C’est peu dire qu’elle a la gâchette facile.

Saint Sebastien (Portrait of my lover) © 2014 Niki Charitable Art Foundation, All rights reserved

Saint Sebastien (Portrait of my lover) © 2014 Niki Charitable Art Foundation, All rights reserved

« En 1961, j’ai tiré : sur papa, tous les hommes, les petits, les grands, les importants, les gros, mon frère, la société… Je tirais parce que j’étais fascinée de voir le tableau saigner et mourir. À vos marques! Prêt! Feu! » À la fois peintre, sculptrice, féministe et cinéaste, l’exposition rend hommage à toutes les dimensions de l’œuvre de Saint Phalle, seule nana a avoir su s’imposer dans un univers de gars et conquérir le « grand public ». En témoigne l’attroupement de personnes face à chacune des vidéos de Niki diffusées pendant l’exposition, incapable de décrocher du magnétisme de cette « sorcière aux yeux bleus ». S’il faut toucher le spectateur en plein cœur pour être réhabilitée, autant dire que Niki a déjà atteint sa cible.


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