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Assassin’s Creed Unity

Publié le 11 novembre 2014 par _nicolas @BranchezVous
Assassin’s Creed Unity Exclusif

Développé spécifiquement pour les consoles nouvelle génération, et vous plaçant dans la furieuse période de la Révolution française, Assassin’s Creed Unity tient-il ses promesses?

Nouveau moteur, nouvelles animations et nouvelle ville, Assassin’s Creed Unity a fait table rase de son passé technique sur les consoles de nouvelle génération. D’après Alexandre Amancio, directeur créatif chez Ubisoft Montréal, même porter cet épisode est impossible sur les consoles d’ancienne génération. Le moteur est tout nouveau et ne peut être supporté sur PlayStation 3 ou Xbox 360. Il faut dire que le niveau de détail graphique est jusqu’ici inédit pour un jeu présentant une ville ouverte. Voilà pourquoi sort en même temps Assassin’s Creed Rogue sur lequel nous allons revenir plus loin.

Scénario

Comme d’habitude, l’accent a été mis sur l’histoire se déroulant dans le temps passé, qui se révèle plutôt riche, plusieurs personnages ayant été assez développés dans leur caractère pour retenir l’attention.

Se déroulant à Paris, cet épisode vous place dans la peau d’Arno Victor Dorian, un assassin français dont le père a été tué sous yeux alors qu’il était enfant. Recueilli par le baron François de la Serre, il deviendra assassin à l’âge adulte afin de comprendre pourquoi la trêve décidée en France entre Assassins et Templiers a été sabordée.

Parallèlement dans le présent, vous incarnez un personnage testant l’Animus qui est contacté par les Assassins afin de vivre la vie d’Arno. Comme d’habitude, l’accent a été mis sur l’histoire se déroulant dans le temps passé. Celle-ci se révèle plutôt riche, plusieurs personnages ayant été assez développés dans leur caractère pour retenir l’attention.

Bref, on se laisse facilement prendre au jeu, et l’on suit avec intérêt les pérégrinations d’Arno, servi par une histoire qui contient suffisamment de parts de mystères pour avoir envie de jouer.

Jouabilité

En vous plaçant à nouveau exclusivement dans une ville, Assassin’s Creed Unity revient à ses racines, non sans rappeler les excellents Assassin’s Creed 2 et Brotherhood. La ville de Paris étant plus fermée, on se déplace exclusivement à pied, non sans avoir la possibilité bien sûr de pouvoir escalader les édifices afin de se déplacer de toit en toit. On retrouve de ce côté le feeling caractéristique des précédents épisodes. Les habitués ne seront pas dépaysés.

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Nouvelle génération de consoles oblige, nous avons le droit à de nombreuses animations supplémentaires durant ces phases, et qui viennent renforcer la fluidité et le réalisme de l’ensemble. Les développeurs ont ajouté des déplacements en diagonale lors des ascensions, ce qui facilite vraiment la vie. Plus question de sauter bêtement dans le vide, en pressant B+RT (sur Xbox One), Arno descend automatiquement.

Si les commandes des combats sont restées les mêmes, elles ont bénéficié d’ajustements bienvenus. Les combats étaient rendus trop faciles avec Black Flag où il était aisé d’enchaîner les morts et de parer. Le contre profite désormais d’un timing un peu plus serré, et les ennemis vous frappent à deux en même temps, obligeant à être sans cesse attentif à l’action. La jouabilité de cet opus est bien plus intéressante, d’autant plus que vous avez toujours accès à vos armes secondaires et autres joyeusetés comme des fumigènes ou des flèches empoisonnées, mais qui devront désormais s’acheter dans le menu de personnalisation.

S’il y a une chose de raté, c’est bien le système de crochetage des serrures : vous devez arrêter un curseur qui défile à toute vitesse au bon endroit, et qui s’arrête quelques dixièmes de seconde trop tard. À tel point que l’on se demande si la console ne bogue pas la première fois.

Votre niveau a également toute son importance. Par exemple, si vous êtes de niveau 1, oubliez les attaques directes dans une mission de niveau 3, à moins d’être très bon joueur. Il faudra magasiner de l’équipement et monter de niveau pour enfin pouvoir se mesurer à plus fort. La différence dans les armes et protections est ici bien plus poussée que dans les précédents épisodes.

Par contre, s’il y a une chose de raté dans cet épisode, c’est bien le système de crochetage des serrures. En gros, vous devez arrêter le curseur qui défile de haut en bas sur le bon endroit d’une ligne. Or, il défile à une vitesse qui dépasse l’entendement, et en plus il s’arrête quelques dixièmes de seconde après avoir appuyé sur la touche. Bref, ne comptez pas ouvrir le moindre coffre ou forcer les portes fermées, ce système est tout bonnement injouable, à tel point que l’on se demande si la console ne bogue pas la première fois.

En fait, il faudra débloquer les compétences de crochetage pour y parvenir, mais elles coûtent cher en points, et les joueurs préféreront d’abord investir dans d’autres habiletés bien plus importantes. Au final, on ne s’attaquera aux serrures verrouillées qu’une fois après avoir progressé très loin dans le jeu. Vraiment dommage.

Un personnage à faire évoluer

Cet épisode pousse bien plus loin la personnalisation que par le passé. Ainsi, dites au revoir à des habiletés habituelles de base comme le double assassinat ou la possibilité de se cacher en s’asseyant sur un banc. Il faudra les débloquer avec de nouvelles aptitudes qui viennent s’ajouter comme se déguiser en un membre du clan ennemi. Dans chaque mission de l’histoire principale, il faudra remplir des objectifs secondaires d’assassinat comme effectuer deux meurtres discrets, ou ne pas déclencher d’alarme. Si ces objectifs sont atteints, vous disposerez alors de points d’assassin permettant d’acheter des habiletés.

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Les tenues ont également évolué. Chaque élément comme la capuche, les gants ou les jambes sont désormais classés par catégories. Il existe près de 40 types de vêtements différents pour chacune, et qui offrent désormais différents avantages (discrétion, santé, corps à corps et portée). On pourra ainsi se constituer un personnage en rapport avec son type d’approche. Un joueur misant sur la discrétion aura ainsi intérêt à monter cette partie, non sans oublier la portée pour les armes de jet.

L’économie tient toujours une part importante du jeu. En achetant des repaires à rénover ou dont il faudra accomplir les missions, on s’assure plus de revenus. J’ai personnellement tout misé dès le début sur la rénovation totale du café théâtre, votre base, et suis monté à plus de 5 000 florins de revenu par heure, ce qui est énorme, et permet de se monter un très bon personnage rapidement.

L’application Assassin’s Creed Unity Companion est également de la partie. Gratuite sur Android et iOS, elle permet d’augmenter ses revenus, mais sera également importante pour résoudre les énigmes de Nostradamus.

Un mode multijoueur en ligne bien, mais…

Alors que l’on nous avait annoncé les missions secondaires jouables en ligne, il s’agit en réalité d’une partie d’entre elles jouables jusqu’à un maximum de 4 joueurs. Les autres devront être accomplies en solo. Je n’ai pu tester les missions coopératives faute de joueurs, mais j’ai pu cependant en essayer chez Ubisoft Montréal. Elles étaient plutôt intéressantes, mais mériteraient d’être en plus grand nombre dans le jeu.

Technique

Notre version Xbox One provoque de légers ralentissements dans le framerate. Le jeu en met toutefois visuellement plein les yeux et réussit à fournir une bonne immersion.

Visuellement, le jeu est clairement d’un excellent niveau, bien plus travaillé et abouti qu’un Shadow of Mordor par exemple (qui est essentiellement un jeu d’ancienne génération en haute définition). Si les édifices et monuments sont modélisés à la perfection, avec un souci du détail assez incroyable, l’influence de l’environnement se fait également ressentir. En témoignent les éclats de boue, ou le sang des personnes blessées giclant sur les murs. Tout bénéficie d’un réalisme et d’un travail extrêmement poussé, du rendu de la rue, ou les pierres éparses sont recouvertes de boue et même de flaque lorsqu’il pleut aux textures des monuments identiques aux originaux.

La foule présente dans les rues atteint un nouveau palier en matière de rendu visuel. Il y a des centaines de personnes à l’écran, chacun vaquant à des occupations précises. Leur densité est parfois tout bonnement incroyable.

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Par contre, cette débauche technique se caractérise sur notre version Xbox One de légers ralentissements et réguliers soubresauts dans le framerate. On note également au casque des microcoupures dans le son lors de certaines transitions sonores. Enfin, un effet de clipping est également présent, c’est-à-dire des éléments qui s’affichent en retard comme le feuillage sur la façade de certains bâtiments ou encore des passants qui apparaissent tout à coup. Le jeu bénéficie d’un correctif de 900 Mo à télécharger, mais il ne serait pas étonnant qu’un nouveau vienne le compléter. Malgré ces défauts, il en met toutefois visuellement plein les yeux et réussit à fournir une bonne immersion.

Ambiance

Chants révolutionnaires, bruitages réalistes, bruits d’armes différents, et une version française toujours aussi travaillée. Il n’y a rien à redire, Ubisoft apporte un soin particulier à l’environnement sonore de ses jeux, le studio montréalais possédant même sa propre sale de bruitage et un bruiteur débauché à l’industrie cinématographique. De ce côté, le jeu est toujours aussi solide.

Les musiques et divers effets musicaux qui accompagnent l’action sont toujours l’œuvre de Brian Tyler. On retrouve donc une ambiance sonore propre au jeu et qui colle toujours autant à cet univers.

À propos d’Assassin’s Creed Rogue

Si Unity n’est pas disponible sur PlayStation 3 et Xbox 360, les propriétaires de ces systèmes pourront se consoler avec Assassin’s Creed Rogue, qui conclut la trilogie des Kenway.

Un aperçu du jeu Assassin's Creed Rogue.

Un aperçu du jeu Assassin’s Creed Rogue.

Reprenant des décors passés comme la maison de Connor, et quelques anciens personnages comme Adewale, il livre une toute nouvelle histoire basée sur les Templiers. Comme dans Black Flag, l’accent a été porté sur les scènes navales. De ce que j’ai joué pour l’instant, le jeu se révèle très intéressant, et techniquement identique à Black Flag. Les joueurs retrouveront leurs marques avec cet opus, qui est un jeu à part entière, mais éclipsé par la sortie simultanée de Unity sur lequel Ubisoft Montréal a porté énormément d’attention.

Conclusion

Malgré ses quelques défauts techniques, Assassin’s Creed Unity tient ses promesses d’offrir un grand jeu et visuellement au-dessus d’une bonne partie de la production actuelle. Même Watch Dogs offre un rendu inférieur. Le Paris de la Révolution est magnifique et vous plonge dans une période trouble et incroyablement réaliste grâce aux capacités des consoles nouvelle génération. On est clairement devant un nouveau palier franchi. Néanmoins, le jeu conserve ses bases et les fait évoluer en douceur. Pour de plus profonds changements, il faudra attendre les suites.

En tout cas, vous avez des dizaines d’heures de jeu devant vous. La mission principale est longue d’une bonne vingtaine d’heures, tandis que les missions secondaires aux objectifs variés vous tiendront en haleine quelques dizaines d’heures de plus. C’est un Assassin’s Creed classique, qui a parfait ses bases pour le rendre plus solide, et innove surtout de par son graphisme. Il se montre plus intéressant que Assassin’s Creed 3 ou Revelations, et réussi même à captiver autant que Assassin’s Creed 2 ou Brotherhood.

Bref, c’est un très bon épisode, renforcé par un Paris magnifique.
Dans la lignée des précédents épisodes, les ajouts sont bienvenus et il surprend par sa beauté.


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