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MBAM : Diversifier ses publics

Publié le 24 novembre 2014 par Aude Mathey @Culturecomblog

Troisième et dernier article sur le succès du Musée des beaux-arts de Montréal. Nous nous intéressons cette fois-ci au développement des publics mené par le musée depuis plusieurs années par le musée, avec Jean-Luc Murray à la tête de l’action culturelle et de l’éducation.

Le public du MBAM étant très diversifié, le spectre des actions menées est assez large. Celles-ci vont des visites guidées en passant par des projets spéciaux (avec des communautés et des organismes externes – comme MuseomixMTL – ou à l’aide d’expositions éducatives), des films, des conférences, des colloques. Un visiteur du 5 du musée (soit approximativement 200 000 personnes si on se fie aux derniers chiffres de la fréquentation du musée) utilise les ressources et les opportunités offertes par le musée.

Deux grands publics sont l’objet des actions de développement de la part du musée :

  • les scolaires
  • la famille (qui a crû de près de 300% depuis quelques années, suite notamment à la création d’activités dédiées aux Studios Michel de la Chenelière)

Quelles actions pour quel succès ?

Cependant, selon Jean-Luc Murray, le musée a dû cependant s’adresser à tous les publics afin d’atteindre sa fréquentation actuelle d’un million de visiteurs. « Il a fallu trouver une nouvelle façon de faire cohabiter les différentes clientèles et que le musée deviennent un lieu de rencontre pour des gens qui ne se rencontrent pas », souligne M. Murray.

C’est ainsi qu’ est né Musée en partage, il y a 15 ans. Cette idée était visionnaire à l’époque. Le musée souhaitait s’adresser aux non-visiteurs et donc notamment aux personnes exclues, en situation de pauvreté ou avec des problèmes physiques ou mentaux (Alzheimer, anorexie,etc.).
Le musée s’est donc tourné vers sa communauté, ce qui a permis son essor.

« Cette aventure va se bonifier avec « Art thérapie » dans le nouveau pavillon » ajoute Jean-Luc Murray, grâce à des colloques, des activités familiales et de la danse dans 1500m² d’espaces.

Cette vision est issue en droite lignée de Musée en partage, programme dans lequel le musée n’avait pas une posture descendante mais travaillait directement avec les organismes et les communautés partenaires (environ 400 maintenant sur Montréal). Il était important de les rencontrer et de mieux les connaître au préalable afin de définir le projet avec eux et d’éviter toute instrumentalisation. Par exemple, en ce qui concerne les activités destinées au public atteint d’Alzheimer, le musée a ainsi co-développé des activités pour ce public se sente confortable. C’est ainsi qu’une série de thèmes familiers (rue, souvenir, amour) a été mise en place et autour desquels des œuvres sont sélectionnées et sur lesquelles les éducateurs et les accompagnants lancent des discussions. Lors de ses ateliers, on utilise des œuvres pour se projeter.

Quelles relations le musée a-t-il avec son public ?

Un quart du visitorat du musée est constitué de touristes (surtout l’été). Le MBAM a donc tout intérêt à se tourner vers son public local, qui représente 75% de la fréquentation. Parmi ce public, sont inclus les 80 000 membres VIP du musée.

Cette implication locale est liée à son histoire. Le MBAM a été créé par les Montréalais. Les différentes pavillons (le musée est constitués de bâtiments distincts, acquis ou construits au fur et à mesure de ses agrandissements) portent des noms de Montréalais. 90% du public des activités éducatives : il provient en très grande majorité de Montréal et Québec.

Le département de l’action culturelle et de l’éducation sert également de service de ressources pour les autres départements du musée, notamment celui des membres mais aussi de la Fondation. Ces deux derniers ne proposent en effet pas de contenu et donc s’adressent régulièrement au service de M. Murray. C’est ainsi que les membres VIP du musée bénéficient d’activités réservées exclusivement pour eux, comme des visites guidées fonctionnant par ailleurs très bien. Le département de l’éducation et de l’action culturelle organise aussi des avant-premières, des visites guidées, des journées privilégiées (pour donner des accès spécifiques à des passionnés de musées).

Afin de mieux pouvoir organiser les services et les activités les plus adaptées à ce type de publics (membres, partenaires et commanditaires), Jean-Luc Murray a commandité des sondages notamment pour comprendre ce qui valorisait le plus le membership. C’est ainsi que les membres ont demandé à avoir accès à des contenus éducatifs et culturels.

Au-delà des visites guidées et des avant-premières, le musée a également lancé des capsules de cours intensifs avec McGill, Concordia et l’UQAM.

Toutes ces actions ont pour mission de dépoussiérer le musée et de participer à ses approches innovantes. Gageons que c’est réussi !


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