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Deux, Stanislas Wails

Publié le 24 novembre 2014 par Antigone

deux stanislas wails

 "Simon est désemparé par la brusquerie avec laquelle tout s'arrête, mais c'est exactement comme de sortir d'un rêve : les premières secondes, en équilibre, entre deux sortes de réalités, sont emplies de douceur. La douleur vient après."

Clorinde, jeune étudiante en cinéma, décide un beau jour de suivre dans la rue ces deux hommes qui lui plaisent, par goût du jeu et de l'aventure, et dont elle surprend charmée la conversation. Le hasard décide finalement pour elle et, des deux hommes, il choisit Simon, scénariste. Son attention se focalisera alors sur lui. Elle décide de le séduire et y parvient. Commence alors entre eux deux une relation dans laquelle la légèreté est de mise, l'effleurement. Il s'agit de ne pas réveiller la réalité, la lourdeur ou le sérieux, de disparaître au bon moment, avant la lassitude, l'habitude, l'ennui. Mais l'entrée de Clorinde dans l'univers de Simon, sa participation à son prochain tournage, mettra soudain toute la douceur de leurs échanges en coulisses. Promue stagiaire, Clorinde apprend à se taire, à observer, à attendre, à faire dix choses en même temps, change, grandit.

Le ton des premières pages de ce petit roman m'a soufflé, par sa modernité, sa fraîcheur, et l'énergie de son style. Je suis restée scotchée par les nombreuses petites trouvailles d'écriture de l'auteur (un régal), et le sourire m'est à de nombreuses reprises venu aux lèvres pendant cette lecture. Stanislas Wails écrit bien, qu'on se le dise, et il me tarde de le lire de nouveau. J'ai cependant un gros bémol sur l'intrigue, peut-être un peu trop attendue, et sur ce souffle qui se perd en milieu d'ouvrage, sur le virage qui est pris et qui amène Clorinde à se métamorphoser en super stagiaire efficace. J'aurais aimé continuer je pense sur le même fil tendu dans les premières pages et regarder se tisser jusqu'à la fin la toile des amours poétiques et cruelles de Clorinde et Simon. Je salue cependant la superbe couverture, ai beaucoup pensé en parcourant les pages de ce livre au très bon film Lost in Translation (le passage dans l'hôtel sans doute), et note le premier roman de l'auteur, La Maison Matchaiev, sorti en 2011. Un titre qui m'a remis définitivement sur les rails perdus de la lecture, et une délicieuse petite découverte malgré mes bémols... 

Editions Au Diable Vauvert - 17€ - 1er octobre 2014

Un avis trouvé sur Sans connivences assez vif et pertinent à lire [ici]


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