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Live report les inrocks philips │ the jesus and mary chain, royal blood, eagulls, bad breeding

Publié le 24 novembre 2014 par Acrossthedays @AcrossTheDays

Dimanche soir, boulevard de Rochechouart, c’est l’effusion. Devant et dans La Cigale, a foule est présente, et les bannières estampillées Les Inrocks Philips et YNTHT (You Need To Hear This) aussi. À peine le temps de retrouver nos places que les portes s’ouvrent et l’on se bouscule pour passer. C’est donc vers 18 heures que franchissons les portes de La Cigale, dans un brouhaha qui nous rend plus impatients encore. Une fois notre chemin frayé et nos gobelets remplis, nous sommes fins prêts à être bousculés comme il se doit. Être au milieu de la fosse, c’est bien, mais ça se paye. Peu importe, l’affiche Bad Breeding, Eagulls, Royal Blood et surtout The Jesus And Mary Chain était bien trop alléchante, impossible de rater ça. Un peu en avance, les lumières se tamisent. La soirée peut commencer.

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18h45, Bad Breeding ouvre le bal. Un guitariste torse nu, un chanteur hargneux en costard et beaucoup de hurlements, voici la recette livrée par les quatre punks récemment signés sur le label de Fat White Family. Mais derrière cette rage et ces cris, on retrouve malgré tout des morceaux comme leur hymne « Age Of Nothing » digne de débuter la dernière soirée du festival Inrocks Philips, car l’ambiance commence déjà à être survoltée. Si, si, regarde les pogos là-bas !

 LIVE REPORT LES INROCKS PHILIPS │ THE JESUS AND MARY CHAIN, ROYAL BLOOD, EAGULLS, BAD BREEDING

Bad Breeding © Valentin Chemineau

Eagulls fait ensuite son entrée sur scène, les lumières se refroidissent, le post-punk des cinq Anglais impose ses premières notes. La voix de George Mitchell résonne et rappelle celle de Robert Smith, tandis que les déflagrations de guitares alternent entre la mélancolie et la violence. Tough Love retentit, et le chant désespéré de Mitchell scande un manifeste à la jeunesse un peu paumée, tandis que le public s’agite et ferme les yeux pour mieux savourer. Le concert s’achève avec Possessed, chef d’œuvre cold-wave de 3 minutes 30, tout droit sorti des tréfonds d’une Angleterre sombre dont les 5 musiciens proviennent. Une très belle découverte live avec cet enfant pas tout à fait caché des Cure et de Joy Division.

Le duo Royal Blood fait alors son entrée sur scène, juste avant la tête d’affiche de la soirée. Une guitare, une batterie, quelque chose de sensuel dans la voix et des accords léchés, le public est comblé par la performance des deux Anglais, dont le live n’est pas sans rappeler les sonorités garage des Black Keys. Ten Tonne Skeleton résonne, les lumières s’entrecroisent, la batterie est saccadée et les bras s’agitent en rythme. C’est avec la violente balade Out Of Black que le groupe laisse échapper son dernier miaulement rauque et sauvage avant de quitter la scène, sous les applaudissements d’un public conquis, mais également très impatient de voir la suite de cette soirée déjà riche en très bonnes surprises.

Les lumières s’éteignent pour la dernière fois de la soirée pour laisser apparaître le groupe que l’on attendait depuis le début : The Jesus And Mary Chain. 30 ans après l’écriture du bijou noisy, le groupe remonte sur la scène parisienne pour nous faire redécouvrir le mythique Psychocandy en live. C’est sous les cris d’une Cigale qui affiche complet que le groupe écossais fait son entrée sur scène. Une lumière rouge s’allume, Jim Reid attrape son micro et débute avec April Skies, tout droit sortie de l’album Darklands. Un peu surpris mais comblés, nous réalisons que le groupe nous offre des chansons bonus non tirées de Psychocandy, ce qui n’est pas pour nous déplaire. La ballade shoegaze nous replonge dans les années 80, lorsque les frères Reid arrivaient un peu ivres mais vraiment convaincants sur scène. Rien n’a changé, quelques marques du temps en plus peut-être mais le talent lui n’a pas pris une ride. Les tubes s’enchaînent, Some Candy Talking vient rapidement agiter une foule déjà bien attisée, Psychocandy est entonnée en chœur tandis que dans les gradins les portables s’allument pour filmer. Malgré l’effusion, Jim Reid semble avoir du mal à se poster face au public, il joue maladroitement avec son micro et paraît presque gêné d’être là pendant la première partie du concert. Au bout de sept morceaux, le groupe quitte la scène et pendant un instant, le public reste bouche bée. C’est déjà la fin ?

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The Jesus & Mary Chain © Nathalie Guyon

Heureusement, une projection débute derrière la batterie, de vieilles images en noir et blanc sont diffusées et là, moment de grâce : la batterie de Just Like Honey débute. La foule est en liesse et l’on a du mal à contenir son émotion lorsque les frères Reid et leurs acolytes refont leur apparition. Chose promise chose dûe, la suite du concert se fera dans l’ordre de Psychocandy et cette deuxième partie nous enchante encore davantage. Toujours aussi discret, le chanteur lâche quelques merci épars mais nous touche par tant de classe. Il nous prouve alors qu’un groupe de légende n’est pas obligé d’imposer à son public un spectacle grandiloquent et gênant. Il suffit de lui offrir un live de qualité, fidèle à ceux du passé et à l’image froide et impassible des 4 écossais. Taste The Floor, Never Understand, You Trip Me Up ou encore Something’s Wrong les tubes sont enchaînés presque sans intervalle, ce qui tient la foule en haleine, sans lui laisser aucun répit. Jim Reid remercie le public et annonce un dernier morceau : It’s So Hard. Les guitares retentissent, le chant est lancinant et la batterie nous agite une dernière fois, dans une chaleur presque insoutenable. Ce n’est qu’une fois les lumières allumées que nous parvenons à reprendre nos esprits. Certes, une partie de la salle sort torse nu tellement la chaleur est suffocante, certes on a perdu quatre fois nos gobelets, certes on aura des bleus demain, mais on a vu The Jesus And Mary Chain, et c’était vraiment impressionnant.

Pour résumer, ce fut une soirée très mouvementée mais dont la cohérence entre les groupes était admirable. Une fin de festival idéale pour découvrir ou redécouvrir la scène garage shoegaze, en somme. Alors oui, ça siffle, oui les gens poussent et oui il fait froid dehors, mais ça fait du bien une claque comme celle proposée par Les Inrocks Philips ce soir-là.


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