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Né sous les coups, l'ombre des chats: le roman noir européen se porte bien

Par Filou49 @blog_bazart
24 novembre 2014

 Encore du polar, toujours du polar sur baz'art : Quelques jours à peine après notre première revue de romans policiers, plus centrée sur les héros récurrents, voici maintenant trois  nouvelles chroniques de nos récentes lectures, à Michel et à moi, du roman noir, avec  deux (excellents) romans qui nous ramène dans l'Angleterre des années 80 et l"Islande d'aujourd'hui touchée par la crise économique occidentale.

Et puis quelques mots aussi sur un roman policier américain  culte ressorti chez Sonatine 

 1. Né sous les coups, Martyn Whaites 

né sous les coups

« Dougie ne pouvait pas bouger. Il regardait, pétrifié par l’horreur. C’était un vétéran des piquets de grève, et les confrontations, il connaissait ; mais il n’avait jamais rien vu d’approchant. Et il n’aurait jamais cru voir ça. Pas dans son pays. Pas dans sa ville. Pas dans sa rue. »

1984, dans une petite ville minière du Nord de l’Angleterre, sur ordre de Margareth Thatcher la police à charger contre les mineurs en grève, la répression est à son paroxysme, il faut faire taire le monde ouvrier. Larkin, jeune journaliste originaire de la ville est le témoin impuissant des affrontements. Le gouvernement conservateur contrôle les médias, à la télévision, dans les journaux les mineurs sont décrits comme des voyous, casseurs, violents etinconscients.Partout, il est écrit que  l’avenir n’est pas dans le charbon. Mais au fait, c’est quoi l’avenir d’une petite ville minière sans mine ?

2001, Larkin revient dans la ville de son enfance il veut écrire un livre sur le combat des mineurs sous le gouvernement Thatcher.Il découvre horrifié une ville mourante transformé en temple de l’économie parallèle ; le jeu, la drogue, la prostitution, la pornographie ont remplacé la mine. Il va retrouver les acteurs et les témoins des affrontements passés. Mais les mémoires sont défaillantes et le monde a changé.

Version Hardcore du  « Testament à l’Anglaise » l’épatant roman de Jonathan Coe sur les années Thatcher, « Né sous les coups » est un opéra social, une tragédie en cinq actes.  MartynWaites suit ses personnages, les faits valser entre le passé et le présent, empoigne le lecteur et l’entraine dans une fresque politique pleine de bruit et de fureur.

La bande son est formidable et le style un véritable coup de poing. Un sacré roman. (chronique de Michel D)

2. L'ombre des chats, Arni Thorarinsson

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"Le droit des malades incurables à quitter dignement ce monde fait pour moi partie des droits de l'homme. Et les opposants, parmi lesquels on compte nombre de médecins ou d'hommes d’Église, me semblent faire montre d'un respect paradoxal et inversé du fameux caractère sacré de la vie humaine."

Après  l'immense Arnaldur INDRIDASON, son compatriote islandais Arni THORANINSSON commence lui aussi de plus en plus à imposer sa marque dans le roman policier scandinave, mais avec un ton résolument différent : plus ironique, plus acide, plus corrosif. Cependant, comme le fait habilement son illustre collègue et compatriote, THORANINSSON sait nous peindre la société islandaise, mais ici une société plus urbaine que cher  INDRIDASON.

La société islandaise décrite ici par Arni THORANINSSON sans on nouveau roman est étrangement aussi meurtrie par la crise économique que ses voisins européens, une société moins ancrée dans ses coutumes locales comme on aurait pu le penser, et surtout une société pas bien follichonne, gangrénée la corruption dans ses élites, que ce soient les policitiens, la police ou même et surtout le quatrième pouvoir, les journalistes.

Car même si c'est le premier roman, que je lis de lui, je savais avant de lire cet "ombres des chats" que le héros récurrent des livres d'Arni THORANINSSON est un journaliste, Einar, qui travaille au Journal du soir qui va être confrontée à une mort étrange, un suicide assisté par ordinateur, d’une jeune mariée et de son ami d’enfance. à la comptabilité d’un homme politique qui semble douteuse, et à une agression qui a mené un homme dans le coma. Bref, 3 affaires différentes mais qui pourraient être parfaitement imbriquée l'une avec l'autre. Et d'ailleurs l'auteur a été journaliste pendant plusieurs années, et j'avoue que le grand intérêt de cette histoire est d'entrer dans l'intérieur d'une rédaction avec ses rapports parfois houleux avec sa direction et cette recherche du scoop et de l'investigation qui ne va pas sans quelques heurts.

Si l'intrigue est un peu décousue, et qu'on a un peu de mal au début à se retrouver dans les personnages (avec des noms à la consonnance tellement éloignée des notres), on appréciera le rythme incontestable du roman, ainsi que
des personnages secondaires  hauts en couleur et surtout ce qui fait la grande force du roman, d'un regard plein d'ironie et de lucidité sur la mondialisation, visiblement très prégnante en Islande.

Bonus polar : , la traque

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"Lockman aurait aimé parler de cette découverte à Jones, mais il n’en était pas question : l’Indien en déduirait que son complice lui était redevable, oubliant au passage son intention première, à savoir punir son seigneur et maître. Lockman ne lui avait pas encore fait payer cette tentative, mais comptait s’en occuper sous peu".

Août 1982. Phil Boudreau, détective de la brigade des mœurs de Seattle, est appelé en urgence dans une des banlieues de la ville. On vient de retrouver le corps d’une jeune femme dans la Green River. Les services de police présents sur les lieux ne lui demandent qu’une chose : identifier la victime, qui semble être une de ces jeunes prostituées que son travail l’amène à fréquenter. Boudreau la reconnaît et pense immédiatement à un suspect possible, Garrett Richard Lockman. Mais le rapport qu’il envoie à sa hiérarchie, dans lequel il fait état de ses soupçons, est enterré sans qu’il en connaisse la raison. Bientôt, les victimes se multiplient dans la Green River, presque toutes de jeunes prostituées de la ville. Mis à l’écart des investigations, Boudreau décide de mener seul une enquête clandestine qui va durer près de dix ans, au rythme de surprises et de rebondissements spectaculaires, jusqu’à une conclusion totalement inattendue. Face à lui, un tueur aussi manipulateur qu’insaisissable, le pire cauchemar d’une ville aux abois.

Inspiré par le tueur de la Green River, qui a fait près de cinquante victimes dans les années 1980, Roderick Thorp nous offre dans ce thriller aussi captivant qu’ambitieux l’une des figures du mal les plus fascinantes depuis Hannibal Lecter. Aussi sommes-nous très heureux, après Au-delà du mal de Shane Stevens et Il de Derek Van Arman, de vous faire découvrir ce chef-d’œuvre, publié en 1997 aux États-Unis, et inexplicablement inédit en France jusqu’aujourd’hui.

Roderick Thorp, mort en 1999, a écrit quatorze romans, dont Le Détective et Die Hard, tous deux adaptés au cinéma. La Rivière est son dernier livre, le premier publié en France par Sonatine Éditions.

Voil un haletant et prenant thriller, une course au  serial killer comme on en voit peu. On est proche du Poète de Connelly dans cette enquête à mi chemin entre le thriller et le documentaire, mélange de fiction et de réalisme.  Si la Traque n'est pas vraiment un page turner car le suspense réside surtout dans le fait de savoir si le tueur va finir par se faire prendre ou pas , on apprécie énormément ce jeu du chat et à la souris particulièrement pervers et intelligent.  A lire pour ceux qui aiment frisonner..


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