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Festival d’Amiens 2014 : «Vincent n’a pas d’écailles»

Publié le 25 novembre 2014 par Masemainecinema @WilliamCinephil

Pour son premier long-métrage, Thomas Salvador nous livre « Vincent n’a pas d’écailles ». En plus de le réaliser, il signe également le scénario et interprète le personnage principal. Il est entouré à l’écran de Vimala Pons et Youssef Hajdi. « Vincent n’a pas d’écailles » sort dans nos salles françaises le 25 février 2015.

Synopsis : Vincent a un pouvoir extraordinaire : sa force et ses réflexes décuplent au contact de l’eau. Pour vivre pleinement ce don, il s’installe dans une région riche en lacs et rivières, et suffisamment isolée pour préserver sa tranquillité. Lors d’une escapade aquatique, il est surpris par Lucie …

« Vincent n’a pas d’écailles » est un long-métrage qui se révèle très malin dans son écriture. Partant d’une idée très simple, un homme voit sa force décuplée au contact de l’eau, le scénario s’embarque dans une aventure respectant énormément les codes et conventions des productions super-héroïque, tout en étant très différent dans son traitement. Ici, nul « origin-story », Vincent possède ses pouvoirs et c’est ainsi. Le long-métrage se concentre plutôt sur ce qu’il lui arrive à cause et grâce à ce don, traçant un parcours initiatique au personnage. De même, l’histoire ne se presse jamais dans ses actions, préférant laisser les éléments prendre d’eux-mêmes. C’est sûrement sur ce point que « Vincent n’a pas d’écailles » trouve toute son originalité, dans sa façon de contempler ses personnages, de les laisser évoluer, vivre et expérimenter. Ils ne deviennent jamais des produits fabriqués et gardent cette humanité chaleureuse, qui rend si vivant l’ensemble.

Les personnages sont au centre de tout dans « Vincent n’a pas d’écailles ». Thomas Salvador interprète Vincent, personnage principal du long-métrage. Même si l’acteur ne possède pas énormément de dialogues, il parvient à dégager un charisme impressionnant. Ses airs de « monsieur tout le monde » rendent le personnage plus humain que n’importe quel super-héros jusqu’à maintenant, où le spectateur pourra se sentir proche de lui. Les autres personnages sont assez anecdotiques, ne servant qu’à faire avancer l’intrigue. Vimala Pons, interprète de la petite-amie du héros, parvient à se faire une place aux côtés de Thomas Salvador. À la fois intrigante et attirante, l’actrice apporte un point d’accroche au super-héros. Au final, seuls ces deux personnages comptent aux yeux de la caméra de Thomas Salvador. Il peut alors tisser une histoire où le personnage principal se trouve coincé entre son don et ses sentiments : la base de toute bonne histoire super-héroïque.

La réalisation de Thomas Salvador insiste sur le côté humain du long-métrage. Sa caméra suit minutieusement les moindres faits et geste de Vincent, essayant, avec succès, de rapprocher le spectateur au plus près du quotidien du jeune homme. De même, certains plans sont très beaux de manière purement esthétique, comme celui où l’on suit une vaguelette, provoqué par Vincent, jusqu’au pieds de Lucie. Pour ce qui est des effets spéciaux et de la mise en scène des super-pouvoirs du héros, ils sont tout bonnement incroyables. Difficile de se dire que les effets spéciaux relèvent plus du trucage à l’ancienne plutôt que de celui numérique. Ce choix technique accentue davantage la prise de position du long-métrage dans ces différentes approches : livrer un film humain sur un humain aux capacités impressionnantes. Au final, « Vincent n’a pas d’écailles se rapproche plus du film d’auteur à l’émotion importante plutôt que la production hollywoodienne.

« Vincent n’a pas d’écailles » est un premier long-métrage surprenant où Thomas Salvador s’amuse des codes des productions super-héroïque, tout en les respectant. L’écriture, très intelligente dans son développement, et ses deux acteurs principaux contribuent à cela.

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Vincent n’a pas d’écailles. De Thomas Salvador. Avec Thomas Salvador, Vimala Pons, Youssef Hajdi, Louis-Emmanuel Blanc, Najim Sofalk, …

Sortie le 25 février 2015.


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