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Industrie des fertilisants -Une filière dédiée à l’exportation

Publié le 30 novembre 2014 par Ouadayazid1

 

 Installations pétrochimiques d’Arzew.

La filière des fertilisants est en train d’émerger comme une sérieuse alternative pour permettre à l’Algérie de diversifier son économie en boostant ses exportations hors hydrocarbures.

L’Algérie s’est engagée dans un vaste programme d’investissement dans la filière de l’ammoniac et de l’urée, essentiellement utilisés comme engrais agricoles. La forte demande sur le marché mondial, tirée par la hausse des besoins alimentaires, n’est pas près de s’éteindre.


Les besoins en engrais devraient s’intensifier continuellement. Une conjoncture qui a fortement inspiré Sonatrach qui s’est lancée dans cette filière très porteuse en concluant une série de joint-ventures. Après le lancement de Fertial, société des fertilisants d’Algérie issue d’un partenariat entre Asmidal (filiale de Sonatrach) et le groupe espagnol Grupo Villar Mir, le secteur des fertilisants assiste à l’émergence de deux méga-complexes à Arzew, près d’Oran.

Il s’agit de la société conjointe Al Djazaïria Al Omania LilAsmida (AOA) et Sorfert Algérie Spa, codétenues par Sonatrach et deux partenaires étrangers, pour la production d’ammoniac et d’urée. Sonatrach a conclu ces deux joint-ventures avec l’omanais Suhail Bahwan Holding Group et l’égyptien Orascom Development Holding, qui détiennent respectivement 51% dans les capitaux d’AOA et de Sorfert. «Sorfert a exporté pour une valeur de près de 500 millions de dollars depuis son entrée en production en août 2013», s’est félicité Yazid Benmamas, son PDG ajoint. «Cette société mixte a exporté 750 000 tonnes d’urée et près de 739 000 tonnes d’ammoniac», a-t-il détaillé lors d’une visite guidée à laquelle Sonatrach a convié la presse. Sorfert escompte accroitre ses capacités de conquérir des marchés cibles à travers 25 pays situés notamment en Europe et en Amérique latine.

L’Algérie qui dispose d’un potentiel d’exportation de près de 4 millions de tonnes d’urée et d’ammoniac se hisse comme leader dans le bassin méditerranéen et deuxième dans le monde arabe, derrière l’Arabie Saoudite. Ces complexes de production d’ammoniac et d’urée pourvoient à tous les besoins de l’agriculture domestique. Mais l’essentiel de la production est destiné à l’export.

Fini le gaz bon marché


Sorfert, qui emploie plus de 700 salariés, déploie actuellement une stratégie pour booster ses parts de marché extérieurs sur les deux composants de sa chaîne : une capacité de production d’un million de tonnes d’ammoniac et près de 800 000 tonnes d’urée par an. Cette société mixte est financée par un montage financier composé par un consortium de 5 banques publiques.


De son côté, le complexe voisin AOA «entrera en service dans les prochains mois», indique M. Taïbi, son directeur général adjoint. Cette société, qui générera 550 emplois directs, se projette de produire 1,3 million de tonnes d’ammoniac et 2,3 millions de tonnes d’urée par an. A terme, AOA ambitionne de procéder à des expansions.

Le financement de ce complexe a coûté 2,6 milliards de dollars (assuré à 70% par des banques publiques). Il est à signaler que Sonatrach a rectifié tous les accords conclus durant l’ère de Chakib Khelil, avec ses trois partenaires omanais, espagnol et égyptien. Les responsables d’AOA et de Sorfert que nous avons interrogés, n’ont pas souhaité s’exprimer sur ce sujet. Selon des sources, «cet avenant vise à corriger une clause contenue dans l’accord initial qui a aligné le prix du gaz, matière première de fabrication de l’ammoniac et l’urée, sur le prix en vigueur sur le marché domestique, un prix largement subventionné. Les partenaires de Sonatrach tirant profit d’un avantage préférentiel en s’approvisionnant en gaz à des prix alignés sur les niveaux très faibles des prix domestiques». «Récemment, le gouvernement a décidé d’indexer les prix du gaz fourni en fonction des cours en vigueur sur le marché international», ajoutent les mêmes sources.


En se lançant sérieusement dans l’industrie des fertilisants, l’Algérie doit ainsi profiter de plusieurs atouts : le faible coût de la matière première, le gaz en l’occurrence, et les fortes opportunités à l’export liées à la forte demande mondiale en fertilisants. Ce sont autant d’atouts compétitifs.



 

Cherif Lahdiri

http://www.elwatan.com/economie/une-filiere-dediee-a-l-exportation-27-11-2014-279333_111.php


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