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Rentrée littéraire 2014 : L'Amour et les forêts [Eric Reinhardt]

Publié le 01 décembre 2014 par Charlotte @ulostcontrol_
Hello,

Je reviens aujourd'hui pour vous présenter le dernier livre de la série consacré à la rentrée littéraire 2014 ! Pas de panique si vous avez oublié ça, je vous ferai un petit récapitulatif de ces lectures la en fin de semaine ou en début de semaine prochaine ;-) En attendant, je vous laisse découvrir mon avis sur L'Amour et les forêts d'Eric Reinhardt !

Rentrée littéraire 2014 : L'Amour et les forêts [Eric Reinhardt]À l'origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changé sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l'écrivain, l'entraînant dans sa détresse, lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt, en réaction au harcèlement continuel de son mari. La plus belle journée de toute son existence, mais aussi le début de sa perte.
Récit poignant d'une émancipation féminine, L'amour et les forêts est un texte fascinant, où la volonté d'être libre se dresse contre l'avilissement.

Bénédicte est mariée, a deux enfants et est professeure de français dans un lycée. En apparence, sa vie est tout à fait normale et même plutôt heureuse ; en réalité, Bénédicte Ombredanne vit un cauchemar car son mari est un pervers narcissique. Jour et nuit, il la harcèle et excerce sur elle une violence psychologique inouïe. Son quotidien est fait de culpabilité, de haine, de méchanceté et d’humiliations.Au fil des pages, on suivra alors l’histoire et la vie de Bénédcte Ombredanne à partir du moment où celle-ci va essayer de s’en sortir et de se reconstruire. A travers les yeux de l’écrivain, on va voir l’émancipation de cette femme, son énergie et son envie de vivre.

Une particularité de ce livre est que l’histoire commence avec le pronom personnel « je », grâce auquel Eric Reinhardt se met lui-même en scène. En effet, l’histoire ne se focalise pas immédiatement sur Bénédicte Ombredanne ; à première vue, cette femme n’est qu’une « simple lectrice » fervente admiratrice de l’auteur qui est entré en contact avec l’auteur pour lui faire part de l’effet que ses livres ont eu chez elle. Touché et flatté de cette lettre, l’écrivain lui répond et lui propose de la rencontrer si jamais elle vient un jour sur Paris. Dès la première rencontre, l’auteur semble avoir des sentiments partagés envers Bénédicte Ombredanne : d’un côté, elle l’intrigue et il n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui fait d’elle une personne aussi spéciale. Mais de l’autre côté, Reinhardt est forcé d’admettre qu’il est indifférent à sa présence : « elle était de ces personnes que la plupart du temps on ne voit pas » admet-il p.27.Je n’ai pas été dérangée par ce premier chapitre, j’ai trouvé au contraire que c’était une manière assez originale d’introduire l’histoire et j'ai bien aimé découvrir le portrait de Bénédicte à travers les yeux de l'écrivain. Même, ce chapitre d’introduction permet d’adopter un point de vue original et intéressant, d’autant plus que le statut d’écrivain du narrateur lui permet de romancer l’histoire comme il le souhaite.
J’ai donc été assez étonnée par l'écriture d'Eric Reinhardt, et l'ai bien aimée. Ce n’est pas non plus une révélation, mais ce livre m’a donné très envie de découvrir le reste de son œuvre et de lire Le Système Victoria notamment. Son style est plutôt simple mais j’ai été très surprise de voir la façon dont il agençait ses chapitres et ses paragraphes. Par exemple, j’ai beaucoup apprécié y trouver de longs paragraphes qui contiennent des dialogues mais qui ne sont pas signalés par des guillemets ni des tirets, un peu comme ça :
« Je ne suis pas libre, lui répondit-elle. Ah bon, mais comment ça se fait ? Le jeudi, tu es libre normalement ! Je retourne au lycée, on a prévu de déjeuner à la cantine toutes les trois avec Clémentine et Amélie. Ben annule, lui dit-il. Annule, quoi, sois sympa, tu les verras demain ! Bénédicte Ombredanne, en ciselant ses phrases concises qui ne manquèrent pas – elle le sentit – de surprendre son mari, lui expliqua qu’il était question d’un week-end à Paris avec les premières L, elles devaient absolument se voir pour en parler. » p.81-82

Le livre est d’ailleurs plein de paragraphes un peu déstructurés comme celui-ci, plutôt longs et qui font intervenir plusieurs types de discours. Cela donne, selon moi, beaucoup de caractère au livre et d’émotion au lecteur. Grâce à cette écriture un peu « en bloc », l’auteur crée une atmosphère sous tension et d’urgence, bref : une ambiance très particulière et qui accroche le lecteur.
Mais malheureusement, je reste quand même un peu indifférente face à ce livre. L’histoire avait l’air intéressante et poignante, mais ma lecture n’a pas décollé. L’histoire de Bénédicte est extrêmement touchante et très actuelle, mais il y a quelque chose qui m’a déplu sans que je sache dire quoi. En fait, je crois que je me suis sentie un peu à l’écart du « couple » Bénédicte/Eric. La présence de l’écrivain est très forte (et j’ai bien aimé cela) mais en contrepartie, j’ai trouvé qu’il était assez difficile de trouver sa place en tant que lecteur. (Je préfère préciser : bien-sûr, l’écrivain s’efface dès le deuxième chapitre pour laisser toute la scène à Bénédicte, mais je trouve que sa voix se fait très présente tout au long du roman.)
Bref, c’est une lecture dont je ressors un peu déçue. Je me faisais une joie assez particulière de lire ce livre et c’était un des romans que j’avais le plus hâte de lire, mais son charme n’a finalement pas opéré sur moi. Il ne m’a pas déplu, mais il ne m’a pas transportée non plus. En revanche, je n’en suis pas du tout dégoûtée et il a quand même le mérite de m’avoir donné envie d’en savoir plus sur Eric Reinhardt ! J’espère donc avoir l’occasion de lire un autre de ses romans très vite :-)
Rentrée littéraire 2014 : L'Amour et les forêts [Eric Reinhardt]
« La flèche de Bénédicte Ombredanne, ratée, s’était plantée  une vingtaine de centimètres du point qu’elle visait, mais au cœur de la cible, sublime, profonde, parfaitement perpendiculaire.Elle-même fut bouleversée d’avoir produit ce résultat naturel, comme si soudain sa présence au monde s’était élucidée, quand bien même les conséquences de cette prouesse seraient cuisantes. Une sensation de profondeur l’engloutit tout entière, comme les eaux d’un naufrage un navire avarié qui coule à pic. » p.98-99
Avez-vous déjà eu l'impression d'être à l'écart du couple auteur/personnage ? Pensez-vous que l'auteur ait une relation particulière avec les personnages qu'il crée ou qu'il met en scène ?N'hésitez pas non plus à me dire quel livre de Reinhardt vous me conseilleriez ! Bises.


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