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L’auberge française

Publié le 01 décembre 2014 par Le Journal De Personne
J’ai de plus en plus l’impression que nous vivons dans une auberge ingérable… improbable.
Ce qui nous a réunis, ce ne sont pas les bons sentiments, mais un besoin invincible : la faim… le besoin de se nourrir tout en sachant tout en constatant, qu’il n’y a pas assez de nourriture pour nourrir tous les résidents. Ce qui fait que l’ont se bat pour manger sans pouvoir empêcher certains de mourir de faim.
Sans jeu de mots, c’est la faim qui justifie tous les moyens, y compris la lutte sans merci que l’on se livre tous les matins pour ne pas passer la main.
Il n’y en a plus pour tout le monde et il n’y en aura plus jamais, il faut l’admettre une bonne fois pour toutes : pas assez de nourriture, pas assez de lits, pas assez de couvertures pour tout le monde, et comme partout ailleurs, les plus forts s’en sortiront toujours et auront toujours quelque chose à se mettre sous la dent et un fil suffisamment résistant pour tisser leurs liens et protéger leur bien.
Le plus cruel dans cette résidence capitale, pour le plus grand nombre, ce n’est pas de chercher quelque chose à manger, mais de tout faire pour ne pas se faire manger… dévorer par l’adversité…
Par les grands qui veulent devenir plus grands, mais aussi par les petits qui veulent grandir à nos dépens. On se retrouve pris entre deux feux, sous une double emprise : celle des oppresseurs et celle des opprimés. Luttes des crasses ! Parce que les forts ne sont jamais assez forts, ni les faibles assez faibles pour céder.
Il faut s’affronter, s’entretuer, faire ou se faire la guerre pour ne pas être défait, enterré vivant.

Dans cette auberge, disons imaginaire, personne n’est à plaindre, on peut incriminer tout le monde, les riches tout autant que les pauvres, pour avoir réduit toute la condition humaine à une illusion économique : avoir ou ne pas avoir de quoi être dispensé de la question du POUR-QUOI ?

Ventres creux n’ont pas d’oreilles nous dit l’aubergiste qui a le mot pour rire. Son pouvoir ne peut rien pour nous, ni d’ailleurs le contre-pouvoir qu’on lui oppose… le résultat est le même : on mange ou on se fait manger. Et le fameux contre pouvoir qui était censé nous rassasier, ne fait rien d’autre que se préparer à nous dévorer à son tour. Pour nous autres, égarés, abîmés, infortunés il n’y a qu’une incertitude et une seule : à quelle sauce vont-ils nous avaler ? Pourvoir, contre pouvoir, position-opposition, ne sont que les faces de la même médaille, médaille d’argent pour laquelle on fait couler le sang… et le sens.

Auberge maudite, de quoi nous parle-t-on encore pour maintenir un semblant d’ordre et continuer à se remplir la panse ?
De démocratie, de contrat social, de contractants avides de contracter pour se décontracter et vivre en paix.
À l’illusion économique qu’on appelle réalité, ils vont rajouter une illusion politique qu’on appelle : le rêve. La démocratie est l’objet de ce rêve qui ne sera jamais réalisé parce qu’on ne peut pas faire l’impasse sur cette réalité : La faim insatiable de tous les sujets. On peut certes tirer au sort pour savoir avec quel couteau, nous serons découpés, saignés, égorgés.
Parce que c’est le pouvoir, quel que soit celui qui le détient, qui use et abuse de celui qui ne le détient pas. C’est ça la tragédie en politique.
Il nous reste juste une illusion symbolique pour ne pas mourir tout de suite :
La bonté que Dieu nous a promise et que nous n’avons toujours pas reçue !


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