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Quand la philo épouse avec succès la littérature!!

Par Filou49 @blog_bazart
09 décembre 2014

 Après une récente et première approche plus de vulgarisation sur les ouvrages de philo, voilà qu'on passe à la vitesse supérieure avec deux beaux livres ardus mais passionnants sur la philosophie, qu'on vous recommande activement pour les cadeaux de Noël, pour ceux qui sont passionnés par la question. Deux ouvrages écrits par deux philosophes prénommés Michel, qui ont plein de choses passionnantes à nous dire  :

 1. La passion de la méchanceté; Michel Onfray ( ed Autrement)

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« Comment, en effet, le marquis de Sade qui fut incontestablement un philosophe féodal, monarchiste, misogyne, phallocrate, antisémite, dont l’existence fut celle d’un délinquant sexuel multirécidiviste ayant à son actif nombre de faits avérés et répréhensibles, a pu, et peut encore, passer pour l’emblème du libertin libertaire et féministe, émancipateur et républicain, un philosophe des lumières en même temps qu’un penseur d’avant-garde. ».

Onfray connait bien Sade, il l’avait déjà provoqué en duel dans son livre  « le souci des plaisirs, construction d’une érotique solaire », dans son dernier opus : «  la passion de la méchanceté » c’est avec une fougue et une énergie communicative qu’il empoigne le mythe du Divin Marquis et en deux cents pages lui fait mordre la poussière.

Bon professeur Onfray interpelle Guillaume Apollinaire responsable de la construction du mythe et déconstruit méthodiquement la légende d’un Sade libertaire, féministe, précurseur, surréaliste, victime vertueuse incomprise. Il monte donc sur le ring, boxe donc contreApollinaire, mais aussicontre André Breton, Georges Bataille, Roland Barthes, Jacques Lacan, Gilles  Deleuze, Philippe  Sollers ou Jean Paulhan, demande l’aide de Camus, Queneau, Hanna Arendt, Nietzsche ou Pasolini et après un beau combat, nous livre, comme à son habitude un formidable petit livre passionnant et passionné qui nous rend plus intelligent.

On se souvient de la phrase culte de «  L’homme qui tua Liberty Valence » le film de John Ford : « Si la légende est plus belle que la vérité, alors imprimons la légende ». Dans sa contre-histoire de la littérature consacrée à Donatien Alphonse François de Sade, Michel Onfray, philosophe justicier, choisi, lui, comme toujours d’imprimer la vérité. ( Chronique de Michel D)

  2.Yeux, Michel Serres (ed du Pommier)

yeux michel serres
Comme Dieu, ubiquiste, occupe toutes les positions de l’espace… Lui seul détient cette vérité. Nous n’en pouvons saisir que des projections obliques. Nous nous limitons aux perspectives. Ainsi, tous les dessins du monde, tous les portraits, tous les tableaux ne montrent que des profils"…

Je connaissais évidemment de nom Michel Serres, philosophe, historien des sciences, académicien, bref un type qui a plein de choses brillantes et passionnantes à nous dire,   mais c'est par l'intermédiaire de son  nouvel ouvrage : Yeux (éditions Le Pommier, paru en octobre dernier )que j'ai fait vraiment connaissance avec lui et sa pensée, érudite, mais assez étonnante si on s'accroche un peu à ce qu'il veut nous faire comprendre.Dans cet ouvrage, Serres développe une contradiction de la « vision », de la représentation, dans l’espace du voir, du vu et de l’invu. Il y interroge tous les regards, dans notre société qui pense tout voir et avoir tout vu !
  Michel Serres explore, à la façon de variations, les capacités des yeux, de tous les yeux : Voir et être vu, Yeux de pierres, Yeux de bêtes, Yeux de verre, Yeux de mer, Yeux de lettres, Yeux de mère ou Feu d’Yeux, feu de Dieu.
Il interroge le regard du peintre, comment il voit ce qu’il peint, comment il est vu par le spectateur. Comment regarde-t-on la nature ? Comment regarde-t-on une œuvre, statique, mouvante… Il oppose la nuit et le jour pour nous montrer que la lumière naît… de la nuit. Il nous emmène visiter les lieux les plus anciens, comme Lascaux, avec les moyens les plus contemporains de la technologie… Et nous fait enfin réfléchir sur ce que nos yeux disent de la force de notre amour.
Serres met en filigrane des variations, les mille et unes facettes par lesquelles les artistes, la nature, les animaux, les minéraux, le Cosmos, sont représentés et  s’entrecroisent. S’interrogeant sur l’extériorité du regard, l’ambiguïté de la notion de la vision, Serres exige que ces images reflétées nous soient « révélées ».

Cette expérience cathartique et symbolique rend compte à la manière d’une cartographie poétique, une philosophie des images dans son rapport au savoir, une ascension des idées vers l’Unité. Difficile d'accès mais passionnant et extrêmement enrichissant spirituellement parlant!!


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