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La vie de Jeanne d’Arc (Anatole France)

Publié le 12 décembre 2014 par Dubruel

Le procès de réhabilitation 2/2

Le duc d’Alençon témoigne que la Pucelle était très experte tant à manier la lance qu’à former une armée, à ordonner une bataille et à préparer l’artillerie. Ce seigneur entend bien que c’était par miracle et qu’il faut en rendre grâce à Dieu. Mais le duc n’est pas un homme raisonnable.

Jeanne ne connaissait pas les chemins, n’observait pas l’ennemi ne tenait pas compte des effectifs engagés, ne se souciait ni de la hauteur des murs ni de la largeur des fossés. Elle n’avait qu’une tactique : empêcher les hommes de blasphémer le Seigneur et de mener avec eux des ribaudes. Elle croyait qu’ils seraient détruits pour leurs péchés mais que s’ils combattaient en état de grâce, ils auraient la victoire.

Elle montrait le plus doux et le plus fier courage. Elle était plus vaillante, plus constante, plus généreuse que les hommes et digne en cela de les conduire. Et n’est-ce pas une chose admirable et rare que de voir tant d’héroïsme uni à tant d’innocence.

Tout cela répond à la pensée des juges : ce sont des vérités théologiques, plutôt que des vérités naturelles.

La cause du roi, qui était en vérité la cause nationale, la Pucelle l’a servie de deux façons : en donnant confiance aux gens d’armes de son parti et en faisant peur aux Anglais qui s’imaginaient qu’elle était le diable.

Les seigneurs et capitaines étaient envieux les uns des autres et c’est ce défaut qui leur fit supporter que la Pucelle se dise chef de guerre.


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