(Réflexions d'Aldous Huxley sur le rôle ambigu de l'imagination, cette " folle du logis " comme l'appelait Pascal. À mettre en parallèle avec ce que pensent les maîtres bouddhistes et les mystiques chrétiens.)
Ce que le docteur Benoît dit de l'imagination m'apparaît de toute première importance. Selon lui, elle
serait, d'une part, un écran qui nous protège de la réalité (spirituelle et matérielle) et, d'autre part, un mécanisme psychologique compensatoire qui nous permettrait de supporter notre existence d'humain non régénéré. Sans nos fantasmes, sans nos fuites dans l'imaginaire, la misère de notre condition nous oppresserait à un point tel que nous deviendrions fous ou nous nous suiciderions. Malheureusement, ces mêmes échappées dans l'irréel, qui nous conservent santé mentale et vie, nous rendent incapables de voir la réalité telle qu'elle est. L'imagination est donc à la fois notre meilleure et pire alliée.
Aldous Huxley : écrivain britannique, né le 26 juillet 1894 à Godalming, Royaume-Uni, et mort le 22 novembre 1963 à Los Angeles. Il est plus particulièrement connu pour son roman Le meilleur des mondes.

