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Tel pere, tel fils - 6/10

Par Aelezig

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Un film de Hirokazu Kore-Eda (2013 - Japon) avec Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Lily Franky, Yoko Maki

Blood ties. Pas convaincue.

L'histoire : Un couple de citadins aisés, Ryota et Midori, et leur petit garçon, Keita, six ans. Le père semble un peu déçu par son enfant, qui ne s'enthousiasme pas pour les mêmes choses que lui. (Il ferait d'ailleurs bien de se remettre en question lui-même, vu qu'il n'est jamais à la maison). Coup de théâtre. La maternité leur révèle soudain qu'il y a eu échange de bébés après la naissance. Le couple va rencontrer l'autre famille, des provinciaux un peu baba cool, qui élève le vrai fils biologique de Ryota et Midori. Que faire ? Les échanger ?  

Mon avis : J'étais hyper contente que ce film passe sur Canal car je n'en avais entendu que du bien, et il a eu le Prix du Jury à Cannes. En plus, c'est toujours un bonheur de découvrir le cinéma étranger. Mais j'ai été déçue... incroyable, oui, je sais, j'ai été déçue.

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Rien à dire sur le thème, bouleversant, ni sur la mise en scène, parfaite, avec des petites touches d'humour très pudiques malgré le sujet délicat, ni sur les acteurs. Tout fonctionne dans la plus parfaite harmonie et j'adore découvrir le quotidien de pays si lointains. Par contre, question de culture ou pas, j'avoue que j'ai un peu de mal avec la lenteur, la parcimonie des dialogues, la froideur des personnages. Les films coréens me semblent plus proches de moi. Je suis une "latine", il me faut du mouvement, de la parole, de l'émotion. Mais tout ça est du détail : justement, il est bon de se frotter aux autres cultures.

Non, ce qui m'a surtout déplu c'est - pour moi - le côté absolument inconcevable de l'histoire. Qu'on échange des enfants à la naissance et que les parents ne le découvrent qu'au bout de six ans, c'est abominable... Certes. Mais moi, je ne me poserais pas de question, je garde le môme que j'aime et que j'élève depuis six ans ; la question ne se pose pas une seule seconde. Qu'est-ce qu'on en a à faire des liens du sang ? J'ai donc été extrêmement choquée de voir ces parents à peine émus (moi je serais EFFONDREE) qui envisagent tranquillement de faire l'échange. Ils se tâtent un peu, ils hésitent un peu... Mais ce doute me cloue sur place ! J'imagine mon petit-fils qui a juste six ans, l'âge des deux petits garçons. Donner notre petit loup adoré et en prendre un autre à la place ? Oublier les séances de chatouille, de fous-rires, de Lego Star Wars, oublier Doudou l'Ane ? Mais c'est juste IMPOSSIBLE ! D'abord pour les parents (et grands-parents), qui aiment à la folie l'enfant ; ensuite pour l'enfant que l'on arrache à son foyer. INIMAGINABLE.

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Encore plus insupportable, le père qui, déçu par son gosse, est presque soulagé d'apprendre que ce n'est pas le bon et reconnaît dans l'autre les qualités que le sien aurait dû avoir ! Avec le dénouement, qui reste cependant ouvert, la "morale" est sauve et l'affaire aura eu le mérite de réchauffer un peu ce coeur glacé. Mais dans l'intervalle... quelles têtes à claques que ces parents indolents !

Le film est intéressant, mais pour moi complètement surréaliste. J'avais l'impression d'être dans du Boris Vian, et que tout le monde allait éclater de rire en disant : "Mais c'est une blague ! T'énerve pas !".

Bref, j'ai été choquée, je n'ai pas arrêté de trépigner sur mon canapé, j'avais envie de baffer tout le monde dans l'écran. Il me semble qu'en France, les juges voient d'abord et avant tout l'intérêt de l'enfant, et récemment encore, on a confirmé la continuité d'une adoption, remise en question par le père biologique soudainement réapparu pour réclamer son fils.

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Voyons voir si - au milieu de tous les éloges reçus - je vais trouver des avis qui rejoignent le mien.

Dans la critique professionnelle, NON : tout le monde crie au chef d'oeuvre ; pas une seule note discordante. Bon. C'est côté spectateurs que j'ai déniché quelques rares analyses semblables à la mienne : trop calme, trop lent, trop froid, trop incompréhensible. Mais ils concluent que c'est "japonais" et que c'est pour ça qu'on a du mal à capter. Bon. Ce qui veut dire que tous les critiques pro sont de parfaits Nippons... Oups, pas moi ; je ne suis pas encore prête pour aller m'installer à Tokyo.


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