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"St" Shel Silverstein

Publié le 03 janvier 2015 par Lucie Cauwe @LucieCauwe
Cela ne dure que quelques secondes, le temps d'une phrase, mais elle est tellement représentative qu'on reconnaît tout de suite la version originale du merveilleux album "L'arbre généreux" ("The giving tree", Harper and Row, 1964) de l'Américain Shel Silverstein (traduit de l'américain par Michèle Poslaniec, L'école des loisirs, 1982), heureusement toujours disponible.
Cela se passe dans le très beau film "St Vincent" de Theodore Melfi, arrivé sur les écrans de cinéma de Belgique pour la soirée du Nouvel An: l'acteur génial qu'est Bill Murray y campe un voisin alcoolique, original, misanthrope mais délicieux quand il devient le baby-sitter du jeune Oliver, lecteur lettré.

Shel Silverstein.

Shel Silverstein (1932-1999) fut d'abord connu comme dessinateur de presse, poète, cartoonist, guitariste et chansonnier (Johnny Cash, Jerry Lee Lewis, Dr Hook). C'est au début des années 1960 qu'il devient auteur-illustrateur de livres pour enfants. Tout de suite, ses albums bénéficient d'un très grand succès aux Etats-Unis et se rangent rapidement parmi les classiques pour la jeunesse.
Si ses livres ont été traduits en plusieurs langues, durant plus de vingt-cinq ans, seul "L'arbre généreux" a été  disponible en français!
Née en 1964, cette extraordinaire histoire d'amour et de générosité a été traduite en 1982.

L'enfance. (c) L'école des loisirs.


"Il était une fois un arbre... qui aimait un petit garçon" sont les premiers mots de cet indispensable, nécessaire même, album au noir et blanc aussi dépouillé qu'expressif.

Les jeux partagés. (c) L'école des loisirs.


Tout est là. On va suivre leur histoire dans les doubles pages dont l'arbre déborde toujours. Par amour, l'arbre donne au petit garçon, au fil des années, ses fruits, ses feuilles, ses branches... jusqu'à son tronc. Un sacrifice total sans aucune pesanteur.

Le temps passe. (c) L'école des loisirs.


Les images montrent d'abord le petit garçon qui s'amuse avec le pommier. Qu'ils s'aiment ces deux-là! Elles jouent aussi avec le lecteur car il doit parfois bien chercher pour trouver le héros qui grimpe au tronc mais dont on ne voit que les mains et les pieds, qui se balance aux branches mais est caché par les feuilles, qui mange des pommes - on n'en voit que les trognons.
Mais le temps passe et le garçon ne vient plus se coucher seul sous l'arbre. Puis ses visites s'espacent. Shel Silverstein nous montre chacune de leurs retrouvailles. L'arbre ne change pas, le garçon vieillit. Ses besoins changent, il a besoin d'argent, d'une maison, d'un bateau... Et chaque fois l'arbre est heureux de lui donner ce qu'il souhaite. Pas de morale dans ces échanges mais un amour immense qui n'attend rien en retour.
C'est magnifique!
Ici, un dessin animé fait à partir de "L'arbre généreux".

Depuis une dizaine d'années, d'autres titres de Shel Silverstein sont également disponibles en français: "Le petit bout manquant", "Le petit bout manquant rencontre le grand O" et "Le bord du monde" (traduction de Françoise Morvan, MeMo, 2005, 2006 et 2012), "A girafe, girafe et demie" et "Lafcadio, le lion fin tireur" (éditions bilingues, Passage Piétons, 2006), "Lafcadio, le lion fin tireur" (traduction de Valérie Le Plouhinec, Les Grandes Personnes, 2013).

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