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[Critique] TOKAREV

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] TOKAREV

Titre original : Tokarev

Note:

★
★
★
☆
☆

Origine : États-Unis/France
Réalisateur : Paco Cabezas
Distribution : Nicolas Cage, Danny Glover, Rachel Nichols, Peter Stormare, Max Ryan, Michael McGrady, Pavel Lychnikoff…
Genre : Action/Thriller/Drame
Date de sortie : 7 janvier 2015 (DTV)

Le Pitch :
Paul Maguire est un homme respecté. Plein aux as, il mène de grandes actions pour sa communauté et file le parfait amour avec une belle jeune femme, avec laquelle il élève sa fille de 16 ans. Un jour pourtant, tout bascule. Des hommes font violemment irruption chez lui en son absence et enlèvent sa fille. De quoi contraindre Paul à renouer avec un passé violent. Quelqu’un doit payer…

La Critique :
Nicolas Cage est peut-être l’acteur le plus rock and roll du cinéma américain. Celui qui mène sa barque sans trop calculer un itinéraire que beaucoup jugent chaotique. Lui se contente de faire son métier et de le faire bien. Car au fond, un acteur doit tourner et s’investir à fond dans tout ce qu’il fait, quitte parfois à dépenser de l’énergie dans des films qui ne le méritent pas vraiment. Qu’il soit dans Sailor & Lula, dans Birdy, dans 60 Secondes Chrono, Hell Driver ou encore Joe, Nicolas Cage pousse les compteurs dans le rouge, pied au plancher, cheveux au vent et la rage au ventre.
Peu importe que vous soyez un réalisateur débutant ou une pointure comme Brian De Palma ou Martin Scorsese. Si il signe, Nic Cage ne fait pas les choses à moitié. Tokarev, son nouveau film, en apporte une nouvelle fois la preuve…

Tokarev-Nicolas-Cage

Paco Cabezas, le réalisateur pas connu du tout qui dirige Cage cette fois-ci, a donc pu vérifier l’engagement de l’acteur, lui qui n’a que cure qu’on puisse penser qu’il se complaît dans une certaine série B facile et bon marché. Jusque-là aux commandes de longs-métrages tombés dans l’oubli, Cabezas fait d’ailleurs preuve d’une certaine application dans sa mise en scène en multipliant les effets de style, visiblement conscient de sa chance. Alors parfois c’est naze et parfois plutôt réussi. Du ralenti au plan inspiré, il joue l’audace et quitte à se vautrer, tente d’élever un pitch vu et revu, vers des hauteurs quoi qu’il en soit relatives, offrant à Cage un écrin étonnamment travaillé à sa nouvelle performance borderline. Malheureusement, Paco Cabezas ne parvient pas complètement à éviter à son film de tomber dans une logique formelle un poil « téléfilmesque », et ce malgré les contributions prestigieuses de Danny Glover, Peter Stormare et Rachel Nichols, soit trois comédiens de premier plan, impliqués à un moment ou à un autre de leur carrière dans des productions de gros calibre.
Privé de sortie en salle, Tokarev atterrit sans trop de surprise directement en vidéo, mais s’avère au final plutôt recommandable. Surtout si on aime ces vigilante movies dans lequel des types badass défouraillent à tout va pour arriver à leurs fins…

Porté par un Nicolas Cage affublé d’un postiche évoquant tragiquement la prothèse capillaire de Steven Seagal, Tokarev n’emprunte heureusement pas les chemins de traverses quand il s’agit d’exploiter son pitch on ne peut plus basique. On kidnappe la fille du mec et lui fonce dans le tas. Tokarev adopte vite une routine bien rythmée et alterne ainsi passages d’investigation plutôt calmes, durant lesquels on peut notamment voir Danny Glover (en pilotage automatique, comme Stormare) tenter de dissuader le héros de buter tout le monde, et tueries bien sauvages. Nicolas Cage, en forme, hurle, frappe, poignarde et flingue les méchants, accompagné de ses bourrins de copains, sans trop de soucier si ces victimes sont coupables. Forcément, la crédibilité de l’histoire en prend un coup dans l’aile, mais à l’écran, le spectacle ne manque pas de mordant. Le metteur en scène a de toute façon bien pigé que malgré ses tentatives d’épaissir un peu la dimension psychologique de son œuvre, celle-ci reste un film d’action plutôt bas du front, et que le public susceptible d’adhérer va réclamer des bastons et des fusillades.
Oublions alors le twist final un peu à la ramasse et ces flash-backs aux fraises emballés à l’arrache (le mec qui est censé jouer Cage plus jeune, ne lui ressemble absolument pas). Ce qui compte dans Tokarev c’est l’action, rien que l’action. Nicolas Cage aussi, bien entendu. Dans une production digne de celles de la « prestigieuse » Cannon, il revient, après avoir à nouveau assis son monde et fait taire ses détracteurs dans le Joe de David Gordon Green, à quelque chose de plus simple. Il porte littéralement Tokarev. Il va au bout, à fond la caisse, avec toute l’énergie et la hargne qui font de lui ce personnage emblématique, un peu taré et attachant, bourré de talent et dévoué, sans qui le cinéma américain ne serait pas tout à fait le même.

@ Gilles Rolland

Tokarev-Cage-Ryan
Crédits photos : Marco Polo Distribution

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