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L'affaire SK1

Publié le 11 janvier 2015 par Cinephileamateur
L'affaire SK1 De : Frédéric Tellier.
Avec : Raphaël Personnaz, Olivier Gourmet, Nathalie Baye, Adama Niane, Michel Vuillermoz, Thierry Neuvic, Christa Theret, William Nadylam, Marianne Denicourt, Chloé Stefani...
Genre : Policier.
Origine : France.
Durée : 2 heures.
Date de sortie : 7 janvier 2015.
Synopsis : Paris, 1991. Franck Magne, un jeune inspecteur fait ses premiers pas à la Police Judiciaire, 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Sa première enquête porte sur l’assassinat d’une jeune fille. Son travail l’amène à étudier des dossiers similaires qu’il est le seul à connecter ensemble. Il est vite confronté à la réalité du travail d’enquêteur : le manque de moyens, les longs horaires, la bureaucratie…
Pendant 8 ans, obsédé par cette enquête, il traquera ce tueur en série auquel personne ne croit. Au fil d’une décennie, les victimes se multiplient. Les pistes se brouillent. Les meurtres sauvages se rapprochent. Franck Magne traque le monstre qui se dessine pour le stopper. Le policier de la Brigade Criminelle devient l’architecte de l’enquête la plus complexe et la plus vaste qu’ait jamais connu la police judiciaire française. Il va croiser la route de Frédérique Pons, une avocate passionnée, décidée à comprendre le destin de l’homme qui se cache derrière cet assassin sans pitié.
Une plongée au cœur de 10 ans d’enquête, au milieu de policiers opiniâtres, de juges déterminés, de policiers scientifiques consciencieux, d’avocats ardents qui, tous, resteront marqués par cette affaire devenue retentissante : « l’affaire Guy Georges, le tueur de l’est parisien ».
Bande annonce française
"Le code génétique a été baptisé "SK1" : Serial Killer numéro 1. C'est le premier tueur en série dont on a l'empreinte génétique."
4.0
L'affaire SK1
Les polars au cinéma, c'est vraiment ma came. Du coup, quand j'ai vu la bande annonce de "L'affaire SK1", ce film m'a tout de suite intéressé. Que ce soit pour son sujet, son affiche qui avait de la gueule, son casting dont le choix me paraissait judicieux, tout était bien mis en place pour avoir un film qui me plait et c'est donc très confiant que je me suis diriger vers mon cinéma.
Le long métrage est très fidèle à l'image que je m'en faisais. J'ai beaucoup aimé ce scénario écrit par Frédéric Tellier et David Oelhoffen d'après l’œuvre de Patricia Tourancheau. Je connaissais cette histoire mais sans jamais pour autant m'être plongé plus que ça dans le sujet, il fut donc très intéressant pour moi de voir comment cette enquête a été révélée et comment l'arrestation de Guy Georges a pu être possible. Il y a des choses que j'ai apprise, d'autres non mais ce qui m'a particulièrement plu, c'est la façon très crédible dont on nous relate les événements.
Je me trompe peut-être car encore une fois je ne suis pas expert mais j'ai eu la sensation que la fiction s'est faite au final assez discrète. On y découvre ainsi les failles de cette enquête, on est abasourdi par tant de cruauté, par tant de meurtres qui aurait pu être éviter (en même temps avec des "si"...) et le petit passage sur les attentats parisien de 1995 ont même réussi à me glacer un peu le sang puisque je découvre ce film peu de temps après ceux de cette année contre Charlie Hebdo notamment, le journal satirique n'étant pas la seule cible...
Bref, cette traque m'a vraiment captivé de bout en bout sans jamais me perdre ni même m'ennuyer. Je connaissais l'issue mais voir comment on est venue à une telle conclusion m'a vraiment plu. De plus, et c'est quelque chose que j'aime particulièrement lorsque l'on parle de meurtriers, j'ai trouvé très intéressant, notamment via le rôle des avocats, que l'on cherche à nous expliquer le comportement de Guy Georges. C'est même l'un des véritables points forts du film à mes yeux, d'essayer de ne pas le dépeindre comme un monstre mais comme un homme qui a commis des atrocités.
J'ai vraiment trouvé cet aspect du scénario vraiment profond. On aurait même pu creuser davantage mais c'est assez bien fait je trouve. On ne cautionne jamais ses actes, on éprouve même du dégoût de savoir qu'une personne est capable d'agir ainsi mais j'ai un gros problème avec la diabolisation. Je trouve qu'elle ne règle aucun problème bien au contraire, elle les repousse, nous donne des réponses injustifiées et j'ai vraiment beaucoup aimé que le scénario s'attarde à essayer de comprendre ce serial killer, ce pervers sexuel sans jamais pourtant lui donner raison fort heureusement. C'est aussi d'ailleurs la façon de montrer les enquêteurs comme des humains avec leurs erreurs, leurs failles, leurs faiblesses face à la monstruosité à laquelle ils sont confrontés que j'ai apprécié également.
Devant la caméra, Raphaël Personnaz en Franck Magne est impeccable. C'est un acteur que j'apprécie énormément, qui peut me faire déplacer en salles (même si ce n'est pas systématique) et ici, il incarne son personnage avec beaucoup de convictions. J'ai aimé son évolution et sa façon de l'aborder. Au début, je le trouvais peut être un peu trop caricatural avec des réactions un peu prévisible mais au final, je me suis laissé entrainer par son jeu et son personnage.
J'ai bien aimé aussi son duo avec Olivier Gourmet en Bougon. Très vite, on ressent de la complicité entre ses deux-là et cette volonté farouche de vouloir coincer le tueur. Charismatique, Olivier Gourmet joue bien le jeu. C'est un personnage que je trouve très intéressant dans cette intrigue, un peu comme un alter ego à celui de Franck Magne. On ressent d'ailleurs à tous les deux cette douleur de ne pas réussir à coincer le coupable à chaque meurtres et les deux comédiens ne tombent au final jamais dans la surenchère.
Thierry Neuvic dans la peau de Jensen est lui aussi excellent. Il a une grande présence à l'écran, il en impose et bien qu'il arrive tardivement dans l'histoire (sa première apparition étant plus risible qu'autre chose à mon sens et frôlant presque la comédie lorsqu'il rencontre pour la première fois Franck Magne), il a réussi à assez vite s'imposer. Au début très détestable, on fait vite abstraction de ce détail lorsque, comme ce groupe de policier, on se dit que la seule chose qui compte, c'est d'arrêter ce tueur.
Côté policier également, Chloé Stefani est très bonne en Coco. Elle va un peu prendre le relai à Olivier Gourmet lorsque ce dernier va être plus discret dans cette unité mais sa relation avec Raphaël Personnaz fonctionne bien. Après, avec un sujet si sérieux on ne va pas s'amuser à déformer les faits mais j'admets que grâce à la comédienne, j'aurais bien aimé en voir un peu plus de son personnage. C'est aussi d'ailleurs le cas de Michel Vuillermoz, toujours aussi excellent et qui fait un bon Carbonnel.
Pour la défense, j'ai eu un peu de mal (surtout au début) avec William Nadylam. Dans le rôle de l'avocat de Guy Georges, je trouve qu'il en fait souvent un peu trop et son jeu a eu beaucoup de mal à me convaincre. Je ne sais pas si ça vient de son texte qui fait trop réciter, trop "pourfendeur de la liberté et des droits de chacun" mais il ne m'a jamais véritablement convaincu même si son interprétation ne m'a pas fait sortir du film pour autant. J'ai plus apprécié Nathalie Baye, qui sous certains points possède sans doute les mêmes défauts dans son jeu, mais qui m'a semblé un peu plus crédible en Frédérique Pons. J'ai aimé en tout cas le regard que porte son personnage sur la justice et sur cette affaire criminelle.
Mais celui qui sort vraiment du lot (bien que lui aussi fasse son arrivée tardivement dans le film tant l'enquête a eu du mal à avancer), c'est Adama Niane. Inconnu pour moi à ce jour, j'ai trouvé qu'il était vraiment excellent dans la peau de Guy Georges. Son rôle n'est pas facile, il aurait été facile de tomber dans la facilité mais le comédien s'en sort vraiment avec les honneurs. Il réussit à bien jouer sur les atrocités de son personnage sans pour autant tomber lui aussi dans la diabolisation. Il est convaincant, terrifiant et apporte beaucoup de choses dans sa gestuelle et dans son regard à tel point que l'on peut comprendre aisément comment son personnage a pu brouiller les pistes durant de longues années. J'ai vraiment été agréablement surpris par son jeu. C'est le rôle où il ne fallait pas se casser la gueule et le comédien s'en sort vraiment très bien.
Le reste de la distribution fait du bon boulot aussi. J'ai bien aimé Christa Theret dans la peau d'Elisabeth Ortega, seule survivante du tueur en série. La comédienne joue bien le jeu aussi de cette rescapée sans trop en faire. Je ne suis pas un grand fan de l'actrice mais elle m'a plu ici. J'ai bien aimé également Marianne Denicourt en Chef de la Crim' tout comme j'ai apprécié Norah Lehembre en Louise Magne. C'est une bonne chose pour cette dernière d'avoir mis son rôle en retrait même si l'on arrive quand même à voir son importance aux côtés de Franck Magne, la vie devant continuer. On voit peu son personnage mais c'est sans nul doute un peu grâce à elle quand même que Franck Magne n'a pas sombré bien bas face aux meurtres qu'il devait résoudre avec ses coéquipiers.
Première réalisation de Frédéric Tellier que je découvre, j'ai bien aimé son travail et sa mise en scène contribue aussi fortement à la réussite de son long métrage. Le réalisateur à très bien su jouer avec sa caméra en ne tombant pas dans le piège de la fiction gratuite (avec le voyeurisme qui va avec), ni dans le piège du documentaire qui imposerait sa vérité. Son film est toujours entre les deux, il ne fait que relaté des faits en essayant d'être le plus juste possible.
Bien sûr, d'un point de vue cinématographique, il y a quand même des éléments qui sont rajoutés mais sa mise en scène est vraiment propre avec des cadres bien pensés et un montage qui ne cesse de faire des allers-retours dans le temps sans jamais nous perdre en court de route. De plus, Frédéric Tellier a eu la brillante idée de jouer avec le grain de son image et les évolutions technologiques, l'image se faisant un peu daté au début de cette enquête pour apparaître de plus en plus en haute définition vers son aboutissement au procès.
La photographie est également impeccable avec un bon choix de couleurs tandis que les décors sont bien exploités. Il y a de belles prises de vues de Paris sans pour autant trop joué sur le glamour ce qui aurait sonné faux pour ce genre de récit. On n'est pas dans la carte postale, on est plus dans un Paris assez brut et les scènes de crimes m'ont parues bien reconstituées. C'est parfois brutal, sanglant, à la limite du soutenable (surtout lorsqu'on nous décrit ce qui s'est passé) mais encore une fois, on ne tombe jamais dans le voyeurisme gratuit fort heureusement.
J'ai bien aimé l'évolution aussi des différents costumes et accessoires, l'intrigue suivant le cours de son époque. Ça va au-delà de la simple apparition de l'ordinateur sur le bureau de Franck Magne, sa passe aussi par les tenues, les coupes de cheveux, les voitures, le mobilier urbain etc etc. Quant à la bande originale composée par Christophe La Pinta et Frédéric Tellier, elle est à la hauteur de son sujet. Aussi poignante que son récit, elle ne fait qu'accompagner l'ensemble sans jamais être trop lourde. Il n'y a pas de véritables thèmes qui se dégage, elle sert juste à appuyer un peu plus la tension que l'on peut ressentir dans cette ambiance qui m'a paru assez lourde voir parfois étouffante.
Pour résumer, avec "L'affaire SK1" j'ai eu le long métrage que j'attendais. Un film poignant, intense, qui ne m'a pas laissé indifférent, qui m'a éclairé sur cette enquête que je connaissais sans jamais avoir non plus creusé en profondeur tout en ne jouant jamais la carte du voyeurisme gratuit. L'amateur de polar que je suis à apprécié tout comme j'ai fortement aimé le fait qu'on ne diabolise pas Guy Georges mais qu'on tente d'expliquer, sans jamais cautionner ses actes, comment un homme est capable d'une telle barbarie. Avec un casting en plus impeccable et une mise en scène soigné, c'est un excellent film à mes yeux en tout cas que je ne regrette pas d'avoir vu et qui me fait dire que cinématographiquement, l'année 2015 démarre plutôt très bien.
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