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La Collaboration (1940 - 1945), aux Archives de France

Par Mpbernet

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Pour Denis Peschanski, commissaire de l’exposition, « il y a trois moments dans la Collaboration : l’initiative française entre 1940 et 1942, la gestion des contraintes de 1942 à 1943, et à partir de 1944, une radicalisation où la France met en œuvre la politique allemande et participe aux rafles. »

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Trois acteurs sont en présence : le gouvernement de Vichy qui espère desserrer l'étau de l'armistice et prendre une place dans la « nouvelle Europe », les autorités allemandes pour lesquelles les collaborationnistes servent de supplétifs et constituent des auxiliaires utiles pour maintenir l'ordre avec un minimum de troupes d'occupation, les partis collaborationnistes qui souhaitent imposer le fascisme et l'idéologie raciste en France. Ils combattent trois ennemis en commun : les Juifs, les communistes, les francs-maçons.

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Ceux qui s'intéressent à l'histoire n'apprendront pas grand chose de nouveau sur cette sombre période. Cependant, ils seront émus comme nous devant les pièces inédites exposées par les archives nationales : le texte du statut des Juifs annoté de la main de Pétain, la signature riquiqui de Pierre Laval au bas du décret portant création de la Milice française, les procès-verbaux de fouille des personnes appréhendées par la police – dont celle de Manoukian – avec la mention, à chaque fois, consubstantielle à l'état-civil : race juive, race aryenne …. - les affiches de propagande, une lettre manuscrite de l'acteur Robert Le-Vigan remerciant Alfred Greven pour son engagement sur le film de la Continental « Le crime du père Noël », les lettres de dénonciations.

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Les Français tous collabos ? Certes non, cependant, les 300000 dossiers d'épuration ouverts au lendemain de la Libération témoignent de l'ampleur sociologique du phénomène (cela fait une moyenne de 3000 personnes inquiétées par département, tout de même !).

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Ce qui me sidère à la sortie de cette exposition tout à fait passionnante (mais fort discrète dans les médias) à la scènographie noire, comme le tunnel dans lequel furent plongés les Français sous l'Occupation, c'est la faculté du plus grand nombre à « gober » une propagande visant à l'exclusion (des élites, des intellectuels, des étrangers …). Nul doute que la plupart de ces Français humiliés par la défaîte de 1940 se soient embringués dans des combats fratricides en toute « bonne foi ».

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On en a retrouvé certains dans les rangs de la LVF (Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme) aux côtés des troupes SS sur le front de l'Est, d'autres se sont enrôlés dans la Milice pour traquer les Résistants et prêter la main aux rafles de Juifs, apparemment sans états d'âme. Beaucoup croyaient en la supériorité de la race blanche sur les autres – et peut-être leurs descendants y croient-ils encore ?

Aujourd'hui comme hier, le bourrage de crânes et la propagande pervertissent les esprits faibles et mal informés. Certains n'ont rien appris ni rien oublié.

La collaboration (1940 – 1945), exposition jusqu'au 2 mars à l'Hôtel de Soubise – Archives Nationales de France, 60 rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris – fermé le mardi.


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