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Circuit dans les pouilles

Publié le 16 janvier 2015 par Aelezig

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Il s'agit d'un circuit fictif... mais j'espère le faire un jour ! Nous partons dans les Pouilles, dans le sud de l'Italie !

Situées à l'extrême sud-est de la péninsule, les Pouilles constituent le « talon » de la « botte ». La région est baignée par la mer Adriatique et la mer Ionienne. Le territoire est assez plat, l'un des moins montagneux d'Italie. Le climat est bien sûr méditerranéen, tendance chaude et ensoleillée.

Une petite carte pour vous situer :

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Et on commence par la capitale, Bari, qui compte plus de 300 000 habitants, 600 000 pour l'agglomération. Bari est connue pour être la ville où se trouvent les reliques de Saint Nicolas. Ce privilège a fait de Bari et de sa basilique l'un des centres importants de l'Église orthodoxe en Occident. Bari a une forte tradition marchande et est depuis toujours un centre névralgique du commerce et des échanges politico-culturels avec l'Europe et le Moyen-Orient. Son port est actuellement le plus grand port de passagers de la mer Adriatique. Le centre historique appelé la Barivecchia est empreint d'une histoire millénaire et contraste avec le quartiere murattiano datant du XVIIIe siècle dont le nom est issu du maréchal d'empire Joachim Murat, qui lors de l'occupation napoléonienne agrandit la ville. Le quartier est organisé en damiers et celui qui représente le mieux la tradition commerciale de Bari. Après la Seconde Guerre mondiale, l'urbanisation rapide et souvent incontrôlée a rendu moins régulière la partie moderne de la ville qui s'est développée au-delà du quartier murattiano.

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On remonte la côte vers le nord et on arrive à Trani dont les origines sont antérieures aux Romains. La petite ville a connu une forte activité commerciale au Moyen-Age grâce à son port, un des plus importants des Pouilles. Elle fut une base de l'ordre des Templiers à partir du XIe siècle. La ville a gardé une bonne partie de son quartier portuaire médiéval et un patrimoine remarquable. Sa magnifique cathédrale romane sur le long de mer fut bâtit au XIIe siècle, elle est dédiée à Nicolas le Pèlerin. Le proche château remonte à Frederic II de Souabe (XIIIe). Le monastère de Santa Maria di Colonna a été fondé au XIe siècle par les Normands, qui étaient à cette époque installés dans le sud de l'Italie et en Sicile. Il a été bénédictin jusqu'au XVe, puis franciscain jusqu'au XIXe.

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On quitte la mer et on redescend vers le sud, dans les terres, pour aller voir des habitats troglodytiques, près de Matera, les Sassi (sassi = cailloux), classés sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Humanité de l'Unesco.  La Gravina a creusé le calcaire du plateau des Murge ; de nombreuses grottes naturelles ont ainsi été creusées et ont servi de refuge aux hommes depuis le paléolithique. Ce serait l'un des plus anciens sites préhistoriques. Grecs et Romains ont à leur tour occupé les lieux, à la croisée des routes commerciales (Matera était l'une des étapes de la Via Appia). Aux VIIe et VIIIe siècles, les grottes sont investies par des moines byzantins, qui y aménagent des chapelles. On peut ainsi admirer des fresques à forte influence byzantine. Pendant la domination normande, la ville connaît une période de prospérité, elle s'agrandit, avec des éléments extérieurs, on y construit le château et les remparts. Pendant la période d'occupation catalane / espagnole, la ville ne possède plus le même rayonnement. Les priorités artistiques de l'époque dénigrent les Sassi, qui abritent une population de plus en plus démunie et qui occupe les lieux parce qu'ils n'ont pas d'autre endroit où aller.

La pièce principale sur le devant était occupée par la famille et les animaux domestiques étaient rentrés le soir dans la pièce du fond. La natalité était élevée ; tout le monde s'entassait dans une seule pièce ; le bébé dormait souvent dans le dernier tiroir de la commode. Même au XXe siècle, ni l'eau courante, ni l'évacuation des eaux usées n'avaient été installées.

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C'est seulement en 1953 que le dernier habitant est parti, à la suite d'une décision politique, en raison des conditions de salubrité précaires de ces quartiers. La loi De Gasperi, en 1952, imposa l'évacuation des Sassi et le relogement de leur population. À cette époque, 15 000 personnes vivaient encore là dans des conditions sanitaires inhumaines.

Depuis, un énorme projet d'aménagement s'est mis en place, confié aux meilleurs urbanistes du pays, pour créer de nouveaux quartiers, tout en essayant de préserver la sociabilité particulière des sassi. Dans les parties récentes les façades des maisons sont construites et certains toits servent de rues aux étages supérieurs.

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On revient sur nos pas pour aller visiter Altamura au coeur de la montagne, la Haute Murgia. Il reste des murs très anciens (IV siècle av. J.C.) qui ont donné leur nom à la ville : Altamura, c'est-à-dire "hauts murs". Après l'Empire Romain, Altamura perdit subit les invasions des Goths, des Vandales, des Longobards, des Sarrasins, puis des Normands, avant de renaître grâce à l'arrivée des Souabes (germaniques) dans l'Italie du Sud. Avec eux, Altamura connaît l'une de ses périodes les plus florissantes ; on construit la cathédrale (1234) et la ville devient royale, sous le gouvernement direct de l' Empereur Frédéric II. La population afflue de toute la Méditerranée car ici on est libre de pratiquer différentes religions. Après la chute des Souabes, Altamura passe aux Angevins, qui reconstruisent la cathédrale, dévastée par un terrible tremblement de terre. Ensuite la ville passe aux Aragonais avant de passer, en 1734, aux Bourbons.

La diffusion des idées de liberté, arrivées en Italie à travers les campagnes napoléoniennes, est fort bien accueilie par Altamura qui avait fait pendant des siècles de son indépendance une manière de vivre. On plante l'Arbre de la Liberté (1799) et on proclame la République, mais l'arrivée des troupes pontificales commandées par le cardinal Fabrizio Ruffo détruit le rêve en quelques jours... Altamura retourne sous la domination des Bourbons jusqu'à son annexion au Règne d'Italie (1860).

On peut visiter tout près la carrière des dinosaures à Pontrelli, l'un des gisements de restes fossiles les plus riches du monde qui remonte à la période crétacée (il y a environ 70 millions d'années). Le climat était alors chaud et humide. La taille des empreintes datent va de 5 à 45 cm, pour des animaux pouvant atteindre 10 mètres. Cet état de conservation exceptionnel (on peut parfois voir les plis de la peau) est probablement dû à la présence d'un marais au fond boueux, avec des tapis d'algues qui ont permis une cimentation des marques. On peut en effet souvent voir la petite vague de boue produite lorsque l'animal posait sa patte.

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Remontons maintenant vers le Nord-Ouest pour atteindre Mote Sant'Angelo, bâtie autour du sanctuaire de l'archange Michel qui lui donne son nom. Située à environ 800 m d'altitude, elle domine la plaine de Foggia. Selon la tradition, l'archange Michel serait apparu en 492 et 492 à l'évêque Lorenzo Maiorano le 8 mai 490 lui ordonnant de construire un lieu de culte chrétien dans une grotte sous la ville, afin de chasser les croyances païennes en cours. Monte Sant'Angelo devient par la suite le point d'arrivée de pèlerinages en partance du Mont Saint-Michel en France et traversant l'Europe par la Via Sacra Langobardorum.

De 1081 à 1103, elle est la capitale des possessions des Normands. Au XVIIe siècle, la ville fait partie du Royaume de Naples avant d'intégrer l'Italie unifiée au XIXe siècle.

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On repart vers la côte : Manfredonia. Conquise par Alexandre le Grand, puis par les Romains qui l'appellent Sipontum, elle est détruite au VIIe siècle par les Slaves. Reconstruite, elle est IXe la proie des Sarrasins. En 1042, les Normands en font le siège d'un de leurs douze comtés, tandis que le Monte Gargano reste byzantin. Devenue insalubre en raison de la stagnation de l'eau dans les lagunes, Sipontum a été abandonnée après le tremblement de terre de 1223. La ville moderne de Manfredonia a été construite par le roi Manfred Ier de Sicile entre 1256 et 1263. Elle passe aux mains des Angevins, mais en 1620, elle est détruite par les Turcs, qui n'ont laissé que le château et une partie des murs. La cathédrale San Giovanni Rotondo et la ville seront reconstruites. 

Dans l'église San Domenico, la chapelle de la Maddalena contient des peintures du XIVe siècle. Trois kilomètres au sud-ouest se trouve l'ancienne cathédrale de Siponto, aujourd'hui basilique de Siponto, construite en 1117 dans le style roman, avec un dôme et une crypte. À sept kilomètres au sud-ouest se trouve l'ancienne abbaye San Leonardo.

Uun grand dauphin surnommé Filippo s'est installé dans les eaux du port de Manfredonia, de 1998 jusqu'à sa mort en 2004. L'animal se montrait amical envers les humains, mais ce choix apparent de s'éloigner de ses semblables afin de vivre à proximité des humains est inhabituel et devint l'objet de recherche scientifique. Filippo a été retrouvé mort en août 2004 de cause inconnue.

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On continue vers le Sud pour atteindre les grottes de Castellana, l'une des attractions les plus importantes des Pouilles et un patrimoine naturel d’une valeur inestimable pour toute l’Italie. Elles ont commencer à se former il y a environ 90 millions d’années. La visite au public s’effectue sur un parcours de 3 km, à plus de 60 mètres de profondeur dans un cadre stupéfiant de stalactites, stalagmites, concrétions aux formes incroyables, fossiles, canyons et cavernes aux noms fantastiques, calcifications aux formes et aux couleurs surprenantes.

Lors de l’exploration à une température constante d’environ 16°-18°, l’émerveillement et la stupéfaction laissent la place à la surprise, là où la nature, au cours des centaines de millions d’années où la roche a été façonnée, offre des images fantastiques : des spéléothèmes prennent forme tandis que petits et grands s’amusent à reconnaître en eux quelque chose ou quelqu’un.

Les Grottes de Castellana sont, pour le voyageur, une occasion à ne pas manquer pour découvrir l’une des merveilles naturelles les plus stupéfiantes de la région magnifique que sont les Pouilles.

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Direction Alberobello, à l'intérieur des terres. Un village célèbre et très typique : ses maisons sont des trulli, faites de pierres sèches (sans mortier), au toit en forme de cône couvert de lauses calcaires plates ramassées dans les champs voisins ou extraites lors du creusement des citernes. On en compte environ 1500 dans les quartiers Monti et Aia Piccola, tous deux classés au patrimoine mondial de l'UNESCO. L'histoire d'Alberobello remonte à la seconde moitié du XVIe siècle. Ce petit fief alors sous le contrôle de la famille Acquaviva, comtes de Conversano, voit arriver des paysans qui se mettent à cultiver la terre. Selon la légende, les comtes les ont laissé s'installer, à condition qu'ils construisent des habitations en pierres sèches afin de les démonter facilement en cas d'inspection royale. En effet, Ferdinand Ier d'Aragon exigeait le paiement d'une taxe en cas d'édification d'habitations fixes.

En réalité, il s'agirait tout simplement d'une tradition des artisans bâtisseurs locaux . Le musée du Terroir occupe plusieurs trulli dont le plus ancien date du XVIIIe siècle. Il abrite des outils liés à l'agriculture et à la construction rurale, deux pièces meublées comme autrefois et des pinacles déposés du toit de trulli.

L'église Saint Antoine, aux toits construits en style trullo par un des derniers maîtres trullistes, date de 1926.

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Visite du petit village perché d'Ostuni, puis direction Brindisi, toujours vers le sud. C'est une ville importante de la côte Adriatique, célèbre depuis l'Antiquité. Son port, le seul vraiment protégé de la côte, en a fait une porte vers l'Orient dès l'époque romaine. Après la chute de l'Empire romain elle est prise par les Ostrogoths, puis passe vers 535 sous la domination de Byzance, jusqu'en 1070, avec l'arrivée des Normands. Un tremblement de terre la détruisit en 1456. La ville a été sous la domination de l'Empire ottoman en 1480-1481. Il s'agit du seul territoire de l'Italie à avoir été gouverné par les Ottomans. Le sultan Mehmet II avait envisagé d'en faire la base militaire d'une campagne sur Rome afin de s'emparer du siège papal. Ce projet n'a pas abouti en raison de la mort subite du sultan. Perdant de son importance économique après la Renaissance, c'est maintenant une station balnéaire, un centre portuaire (pêche) et industriel (chimie, mécanique, énergie).

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Toujours plus au sud, mais dans les terres, voici Lecce. La ville a été, pendant des siècles, un centre culturel, religieux et commercial prospère et l'une des villes les plus peuplées du Royaume de Naples. Aujourd'hui, elle reste active dans les secteurs de l'industrie agricole, des services et de la céramique. Elle est le siège d'un archevêché, de l'université du Salento et est un haut-lieu touristique et artistique.

Réputée pour son patrimoine artistique particulièrement bien conservé, qui compte des vestiges romains, la ville est considérée comme l'une des capitales de l'architecture baroque de par l'originalité et la richesse du style architectural qui y a été développé à partir de la fin du XVIe siècle, rendu possible par la malléabilité exceptionnelle de la pierre calcaire locale, appelée Pierre de Lecce. À cet égard, l'on parle même d'un « baroque de Lecce », qui possède des caractéristiques et un vocabulaire architectural qui lui sont propres. Lecce a, pour ces raisons, reçu des surnoms flatteurs tels que la Florence baroque, la Florence du Sud ou encore l'Athènes des Pouilles et est considérée comme l'un des fleurons de l'Italie méridionale.

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Et on termine à nouveau sur la côte Adriatique, encore plus au sud (on atteint presque la pointe du talon) avec Otrante. Elle est d'abord grecque, puis passe aux Romains. L'importance de son port lui fait assumer le rôle de pont entre Orient et Occident et Otrante devint un centre byzantin puis normand, angevin et aragonais. La cathédrale, construite entre 1080 et 1088 et modifiée par la suite, est le reflet de ces dominations successives.

La ville est aussi connue pour avoir été le duché de Joseph Fouché, ministre de la police de Napoléon Ier. Honneur jugé douteux par les Italiens car Fouché s'était rendu célèbre pendant la Terreur pour sa politique de déchristianisation et pour avoir ordonné à Lyon des exécutions d'opposants à coup de canon, jugeant la guillotine trop lente.

Du fait d'un cadre resté exceptionnel et d'un grand nombre de vestiges et de sites remarquables, l'histoire récente d'Otrante a été marquée par l'implantation d'un grand nombre d'infrastructures touristiques. Otrante est ainsi une destination privilégiée dont les joyaux vont du bourg ancien à la Ccthédrale (XIe siècle) abritant un pavement de mosaïque du XIIe siècle représentant l'arbre de la vie, en passant par l'église byzantine de Saint Pierre (IXe siècle) ou par le grand Château de Frédéric II de Souabe (XIIIe siècle).

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Et moi je dis : c'est quand qu'on y va ?


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