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Mark Strand – Vers pour l’hiver (Lines for Winter, 1978)

Par Stéphane Chabrières @schabrieres

Mark StrandDis-toi
quand il fait froid et que la grisaille tombe de l’air
que tu continueras
de marcher, en entendant
le même air peu importe l’endroit où
tu te trouves –
à l’intérieur du dôme de l’obscurité
ou sous le blanc craquelé
du regard de la lune dans une vallée de neige.
Ce soir quand il commence à faire froid
dis-toi
que ce que tu sais n’est rien
d’autre que l’air que jouent tes os
quand tu continues de marcher. Et tu seras capable
pour une fois de te coucher sous le petit feu
des étoiles d’hiver.
Et si jamais tu ne peux pas
continuer ou revenir et que tu te trouves
là où tu seras à la fin,
dis-toi
dans ce dernier afflux du froid à travers tes membres
que tu aimes ce que tu es.

*

Tell yourself
as it gets cold and gray falls from the air
that you will go on
walking, hearing
the same tune no matter where
you find yourself—
inside the dome of dark
or under the cracking white
of the moon’s gaze in a valley of snow.
Tonight as it gets cold
tell yourself
what you know which is nothing
but the tune your bones play
as you keep going. And you will be able
for once to lie down under the small fire
of winter stars.
And if it happens that you cannot
go on or turn back
and you find yourself
where you will be at the end,
tell yourself
in that final flowing of cold through your limbs
that you love what you are.

***

Mark Strand (1934–2014)The Late Hour (1978) – Traduit par Cécile A. Holdban et Thierry Gillyboeuf



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