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Mattheis l’interview

Publié le 27 janvier 2015 par Hartzine

HARTZINE : THE INDIE MUSIC WEBZINE

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Photos © Hélène Peruzzaro

Nous étions présents à la dernière édition du festival Baleapop (lire) et ce fût l’occasion de faire plus ample connaissance avec le travail de Mattheis, si bien que ce dernier est devenu l’un de nos coups de cœur de l’événement. Rencontre en bord de plage avec ce jeune producteur hollandais aussi discret que sympathique et présentation de ses dernières sorties.

Alex P.

Interview avec Mattheis

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Il est assez difficile de trouver des informations te concernant. Pourrais-tu te présenter ? Evites-tu consciemment de jouer le jeu de l’internet ?
It’s rather hard to find any info about you, could you introduce yourself ? do you consciously avoid the “internet game” ?

Je n’essaye pas d’éviter “le jeu de l’internet” à tout prix ni d’essayer consciemment de faire de mon mieux pour en faire partie. Je ne suis pas très bon quand il s’agit de parler de moi et je déteste faire des choses dans lesquelles je ne suis pas à l’aise. Ceci étant dit, il m’est difficile de me présenter.

It’s not that I avoid the whole “internet game” on purpose, neither do I consciously try my best to be part of it. I really lack at talking about myself, and I hate doing things that I lack at, haha. That being said, I find it difficult to introduce myself.

Tu es affilié à la nébuleuse Border Community / Amateur Music / Beachcoma et à ce son mélancolique et mélodique à la fois délicat et physique. Comment te situes-tu dans cette scène ?
You’re affiliated to the Border Community / Amateur Music / Beachcoma nebula and to this melancholic and melodic, both delicate and physical sound, what are your influences and how do you see yourself in this scene ?

Auparavant, j’étais plus concerné par la musique en général. J’étais plus impliqué dans ce qui se passait dans la “scène” et j’étais bien plus au fait de ce que faisaient les autres artistes. Mais je me suis aperçu que cela ne fonctionnait pas pour moi. En fait, ça m’a confiné d’une certaine manière. J’ai réalisé que moins je prêtais attention à tout ça, plus j’étais capable  de développer un son avec lequel j’étais à l’aise. Essayer de faire partie de quelque chose n’était qu’une perte d’énergie. Aujourd’hui, je me retrouve à apprécier des artistes qui ont une approche totalement différente de la mienne, c’est ce qui m’inspire le plus.

Formerly I used to be more concerned with music in general. I used to be more involved with what was happening in ‘the scene’, I’d be way more involved with other artists and their work. However, I noticed that this didn’t work out for me. Actually it somehow confined me in a way. I realized that the more I let go of that, the more I was able to develop a sound that I felt comfortable about. In a way it felt like trying to be part of something, was just a waste of energy. Now I find myself enjoying artists that have a completely different approach than myself, that is what inspires me the most.

C’était comment de travailler avec ces différents labels et de passer de l’un à l’autre ?
How was it to work with all these different labels and to go from one to another ?

Ça présente à la fois des avantages et des inconvénients. C’est très facile de rentrer en contact avec des gens passionnés mais inversement, il est difficile de partager cette passion à n’importe quel moment. La plupart du temps, le contact est très succint et volatile, mais je suis quand même conscient de la progression en termes de possibilités si on compare à ce qui se faisait il y a quinze ans. Pour moi, la vraie essence dans le partage de cette passion réside dans le partage d’expériences. Par exemple, dès que je termine un morceau, je l’envoie à Sjoerd (Nous’klear), je prends mon vélo pour aller chez lui, on discute autour d’une bière et à un moment donné on sera là : “Ah ouais, le morceau…” puis on se l’écoute et on balance des idées. Pour moi, c’est très différent de simplement uploader un morceau, l’envoyer à l’autre bout du monde et attendre un coup de fil ou un email.

It has both advantages and disadvantages. It’s very easy to get in touch with passionate people. On the other hand, it’s very hard to share that passion at any given time. Most of the time the contact is very little and volatile, nonetheless I’m completely aware of the progression in possibilities in comparison to 15 years ago. It’s just that for me the true essence of sharing that passion lies in sharing an experience. For example, whenever I finish a track, I just send it to Sjoerd (Nous’klaer), I grab my bike, cycle over to his apartment, we’d have a chat and a beer, and at some point we’d be like “oh yeah, the track…”. Then we would have a listen, and just bounce some ideas. To me this is so much different from uploading a track, sending it to the other end of the world, and waiting for a call or an e­mail…

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2013 a été une année chargée pour toi : Anestun est sorti sur Shabu Recordings et Isms sur Nous’klaer Audio, devenant la première référence du label. Peux-tu nous en dire plus sur le label et la relation que tu entretiens avec ce dernier ?
2013 has been a really busy year for you, Anestun was released on Shabu recordings and Isms on Nous’klaer Audio becoming the label’s first reference, can you tell us more anout the label and your relationship to it ?

Nous’klaer est quelque chose de magique. Sjoerd et moi nous sommes rencontrés par des amis communs et après quelques années, il m’a dit que l’idée de monter un label avait germé dans son esprit. Après, je crois qu’il nous a fallu plus de trois ans pour finaliser la première sortie. Au départ, nous avions vraiment beaucoup réfléchi ensemble mais Sjoerd est plus le réel entrepreneur derrière tout ça. C’est quelqu’un qui d’une manière très saine suit ses convictions sans jamais perdre de vue là où il veut emmener le label. Travailler avec lui est un vrai privilège.

Nous’klaer is something magical. Sjoerd and I met through friends, and after a few years he told me that he had been hatching the idea to start a label. I think that from that day on it took us over three years to accomplish the first release. Initially we did a lot of brainstorming together but Sjoerd really is more of the entrepreneur in this. I know him as someone who ­ in a healthy way ­ holds on strongly to his beliefs, without losing sight of where he wants to take the label. That being said, to me, working with him is a true privilege.

Comment différencies-tu le live par rapport au travail en studio ?
How do you tackle your live performances in comparison to studio work?

Mon dispositif live consiste en deux synthés, deux contrôleurs, une pédale d’effet et un laptop. Je dois dire que j’ai du mal à trouver un équilibre entre ma façon de travailler en studio et ce que je fais en live. Je pense que certains morceaux ou éléments – en particulier dans mes morceaux – sont sensés être comme ils sont. J’ai le sentiment que ma musique peut être assez monotone et parfois c’est une vraie lutte pour rendre mes live excitants ou du moins c’est comme ça que je le vis. Je peux comprendre les gens qui pensent que ma musique est assez prévisible. Pour moi, il s’agit d’arriver à capter l’attention du public dans la prédictibilité de la musique. Au final, je pense que je cherche toujours à ce que l’auditoire écoute attentivement.

My live ­setup consists of two synths, two controllers, an effect­ pedal and a laptop. I must say that I have a hard time finding a balance between how I work in the studio, and how I do my live performances. I believe that certain tracks or elements ­ and in particular within my tracks ­ are meant to be the way they are. I feel that my music can be quite monotonous and sometimes it feels like a struggle to make my live sets exciting. Or at least that’s how I experience it haha. I can imagine people thinking my music has a certain amount of predictability. For me it’s all about attracting peoples attention within the predictability of the music. In the end I think I always pursue to have the audience listening attentively.

En 2011, Panda Valium remixait ton titre 1802, et cette année tu es à l’affiche du Baleapop. Quelle relation entretiens-tu avec le collectif Moï Moï ?
In 2011 Panda Valium remixed your “1802” track and this year you played at Baleapop, what’s your relationship with the Moï Moï collective ?

Je crois que c’est moi qui suis entré en contact avec Manu (Matthys) le premier. Ces deux dernières années, nos noms ont du être confondus une bonne douzaine de fois. A part ça, j’aime leur travail et leur façon de travailler, surtout avec ce qu’ils font avec Odeï et Polygorn. J’ai hâte de travailler un jour avec eux.

I think I first got in touch with Manu (Matthys). Over the last couple of years our names must have been confused quite a dozen of times. Apart from that, I love their work and how they work, especially what they do with Odei and Polygorn. I look forward to work with them one day.

Quels sont tes projets futurs ?
What are your future projects ?

Question sorties, l’année passée a été assez calme, mais une cassette vient juste de voir le jour sur le label londonien Ecstatic, ainsi qu’un remix d’Oceanic pour Nous’klaer, et un EP solo est prévu pour début 2015 sur Nous’klear. En plus de travailler sur mon live, je crois que c’est suffisant pour le moment.

Release­wise last year was a bit quiet, but a cassette on the London label Ecstatic, and a remix for Nous’klaer have just been released. Also a solo­ep will come out on Nous’klaer, within the first quarter of 2015. Besides from performing my liveset I think that’s just about enough for the moment.

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