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It Follows - Critique

Par Nopopcorn @TeamNoPopCorn

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Rendez-vous avec la peur !

La scène d'ouverture It Follows établit la présence d'une force invisible par un panoramique à 360 degrés qui suit une jeune fille terrifiée dans les rues d'une banlieue pavillonnaire typique de la banlieue US fuyant une présence invisible. Elle finit par emprunter le véhicule familial jusqu'à une plage ou nous retrouvons quelques instants plus tard, son corps brisé sur la plage, victime d'une horreur indicible.
Dès cette ouverture glaçante David Robert Mitchell évoque l'atmosphère des classiques du slasher le cinéma de John Carpenter aux les Griffes de la Nuit de Wes Craven dont il reprend le cadre et l'atmosphère onirique.
La nature de la menace présente dès l'ouverture se révèle à Jay (Maika Monroe) jeune fille de 19 ans quand après avoir fait l'amour avec son petit ami celui-ci lui révèle qu'il lui a transmis une MST mais ou le M signifierait malédiction ! Malédiction qui fait d’elle la cible d'une entité protéiforme qui sait toujours ou elle se trouve et va marcher dans sa direction de manière inexorable pour la tuer. C'est à ce moment qu'apparait une étrange femme nue marchant vers eux , dans leur fuite Hugh lui explique les règles : rester loin de la créature à tout prix et coucher avec quelqu'un pour passer à son tour la malédiction !
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Le(s) plus

Qualité majeure de It Follows c'est qu'il fait vraiment peur au milieu d'une production fantastique qui a un peu perdu cette qualité!

La peur d'It Follows n'est pas basé sur le dégout ou le gore, mais retrouve les ambiances atmosphériques des classiques de l'épouvante de Jacques Tourneur (la féline) qu'il mêle aux éléments métaphoriques du passage à l'âge adulte qu'on retrouve chez Craven ou Carpenter.

La terreur qu'inspire la créature du film (qui évoque par sa démarche lente mais inexorable la figure du zombie et par ses formes les spectres de l'horreur japonaise) est si forte, c'est bien sur grâce à la mise en scène de Mitchell avec ses longs plans qui impriment le malaise aux nombreux "jump scare" amplifiés par l'atmosphère sonore oppressante du score au synthétiseur de Disasterpeace et ses basses puissantes, mais aussi parce qu'elle nous renvoie directement à une logique de cauchemars: qui n'a jamais rêvé être poursuivi par une présence invisible auquel on ne peut échapper?

La malédiction peut avoir plusieurs significations métaphoriques, sur les maladies sexuellement transmissibles bien sûr, mais aussi sur la réputation qui colle aux basques des adolescentes dans les lycées au moment des premières relations sexuelles ou bien de l'instant où l'on prend conscience de sa propre mortalité.

It-Follows-Photo-Maika-Monroe-02Le casting de jeunes acteurs est impeccable avec en tête la prometteuse Maika Monroe; leur jeu naturaliste amène du réalisme dans l'atmosphère irréelle qui baigne le film : le passage du temps est flou, comme dans Les Griffes de la Nuit, les parents et les adultes en général sont quasi-absents.
Géographiquement ils semblent prisonniers de leur environnement comme s'ils étaient seuls dans un lieu imaginaire défini par leurs perspectives limitées, la peur de Jay face aux apparitions récurrentes de l'entité étant un symbole des dangers qui les guettent dans l'âge adulte.

Le(s) moins

It Follows mélange une horreur viscérale avec une ambiance "arty" qui rappelle la vision d'un Gus Van Sant ou d'une Sofia Coppola d'où des passages contemplatifs et languissants qui cassent le rythme du film.

La mécanique de la scène finale est un peu confuse, on a du mal à comprendre où la bande veut en venir, la nature floue de la menace le rend un peu inutile.

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Conclusion

Avec son implacable concept et sa logique de cauchemars renforcée par atmosphère sonore étouffante, et en rappelant les meilleurs du genre, It Follows réussit ce qui est de plus en plus rare au cinéma : créer l'effroi et le malaise.

Ma note: 7/10


It Follows

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Synopsis : "Après une expérience sexuelle apparemment anodine, Jay se retrouve confrontée à d'étranges visions et l'inextricable impression que quelqu'un, ou quelque chose, la suit. Abasourdis, Jay et ses amis doivent trouver une échappatoire à la menace qui semble les rattraper..."
Réalisé par: David Robert Mitchell / Avec: Maika Monroe, Daniel Zovatto, Keir Gilchrist / Genre: Epouvante-horreur / Nationalité: Américain / Distributeur: Metropolitan FilmExport
Durée: 1h40min / Date de sortie: 4 février 2015

Plus d'informations !

  • Les Anecdotes !

    It Follows a été présenté en compétition à la Semaine de la critique au Festival de Cannes 2014. La même année, il était en compétition au Festival du Cinéma Américain de Deauville.

    L'idée du film It Follows a été inspirée au réalisateur David Robert Mitchell par un cauchemar récurrent qu'il faisait quand il était enfant : celui d'être suivi par une présence. Par la suite, Mitchell réalisa que cela pourrait être un bon sujet de film et écrivit le scénario d'It Follows.

    Après avoir mis le projet en route, la priorité de David Robert Mitchell était de travailler sur l'identité visuelle du film et plus particulièrement sur la lumière : "Avant le début du tournage, j'avais le sentiment qu'on avait trouvé l'identité du film", indique-t-il.

    Parmi ses influences, David Robert Mitchell cite des réalisateurs emblématiques du cinéma fantastique tels que John Carpenter et David Cronenberg. En outre, le metteur en scène d'It Follows mentionne des classiques du genre tels que Rosemary's Baby de Roman Polanski, Shining de Stanley Kubrick ou encore L'Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel.

    Le mélange entre rêve et réalité provient des goûts personnels du metteur en scène : "J'aime inventer des univers qui sont un peu en décalage avec la réalité". L'univers du film est donc relativement fantasmagorique mais conserve néanmoins quelques repères familiers nécessaires à l'adhésion du spectateur.

    Malgré les apparences, David Robert Mitchell établit un lien avec son précédent film, la comédie dramatique The Myth of American Sleepover, et It Follows : "J'imagine que je trouvais intéressant de reprendre la tonalité de MYTH et d'imaginer des personnages un peu plus âgés, puis de les mettre dans un contexte terrifiant et de voir comment ils allaient réagir". Le metteur en scène voulait également qu'à l'instar de MYTH, les personnages de son nouveau film soient authentiques et attachants.

    Dans It Follows, une jeune femme se retrouve hantée par des visions cauchemardesques après avoir eu un rapport sexuel. David Robert Mitchell voulait aborder le thème de la sexualité sous l'angle horrifique : "Je pense que la période où l'on découvre sa sexualité peut être effrayante. On est alors traversé par toutes sortes d'angoisses", déclare-t-il.

Et vous qu'avez-vous pensé du film It Follows ?

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