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Les couleurs de Virginie, par Virginie Tanguay…

Publié le 03 février 2015 par Chatquilouche @chatquilouche

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Lorsque je peins, je veux m’adresser à l’esprit des gens, aller au-delà du concret. Je suis à la recherche de la vérité, de l’essence du sujet. En ce qui concerne « Le voyageur », c’est dans le regard qu’il pose que j’ai souhaité voir la magie opérer. La pièce a été créée de quelques coups de crayon et de la superposition et du retrait des couleurs. Je n’éprouve pas le besoin d’inclure plusieurs détails, j’ai le désir de transmettre rapidement un message, une émotion. Bien que toutes les interprétations conviennent, je voulais rendre l’intensité de la vie et le mystère que dégageait l’homme.

Dirigeant la danse de l’eau et des pigments sur le papier humide, mon large pinceau devenait maître de la cérémonie. J’accentuais ou atténuais la lumière. Naturellement, l’ombre se logeait dans les endroits à l’abri de la clarté du jour. J’imprégnais dans la fibre du papier ma perception de ce personnage que je ne connaissais pas. J’étais consciente que cet homme me touchait. Nul doute que par moment il choisissait la solitude. Par contre, c’était fort possible que ce ne soit pas pour les mêmes raisons que moi.

L’unique fois où je l’ai vu, c’était près de la mer, sur une plage scintillante et balayée par le vent. Ce voyageur avait attiré mon attention sans même ouvrir la bouche. Mon œil avait détecté ce besoin de retrait qui l’habite. Il m’inspirait. Alors, je pris le temps de me vêtir d’une robe de plage et d’attraper mon appareil photo au passage. J’entamai une courte conversation avec lui, je saisis un cliché et retournai m’étendre sur le sable doré.

Les yeux fermés, je visualisais mon tableau en humant l’air salin qui m’enivrait. Est-ce qu’il vivait cette solitude pour fuir une triste réalité ? Je savais que j’arriverais probablement à lui décrocher un sourire lorsqu’il apercevrait son portrait… Ce qui faisait ma joie !

La solitude est une amie qui me permet d’afficher mes couleurs sur papier. Avant de m’endormir, je savourais le bonheur d’être seule avec moi-même : pour mieux m’entendre, tout comme mieux entendre le murmure des vagues.

Virginie Tanguay

Notice biographique

Virginie Tanguay vit à Roberval, à proximité du lac Saint-Jean. Elle peint depuis une vingtaine d’années. Elle est

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près de la nature, de tout ce qui est vivant et elle est très à l’écoute de ses émotions qu’elle sait nous transmettre par les couleurs et les formes. Elle a une prédilection pour l’aquarelle qui lui permet d’exprimer la douceur et la transparence, tout en demeurant énergique. Rendre l’ambiance d’un lieu dans toute sa pureté est son objectif. Ses œuvres laissent une grande place à la réflexion. Les détails sont suggérés. Son but est de faire rêver l’observateur, de le transporter dans un monde de vivacité et de fraîcheur, et elle l’atteint bien. Elle est aussi chroniqueuse régulière au Chat Qui Louche. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, son adresse courrielle : tanguayaquarelle@hotmail.com.

(Une invitation à visiter le jumeau du Chat Qui Louche :https://maykan2.wordpress.com/)


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