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Dirty Sexy Money : Bilan de la saison 1

Publié le 28 mai 2008 par Blabla-Series

Même sanction que pour Pushing Daisies, Dirty Sexy Money, pour le bien du Script, s’est vu considérablement réduit à une simple poignée d’épisodes et fera un retour triomphant la rentrée prochaine. Reste dix épisodes, qui ont eu le bon goût de poser des bases solides, quelques bonnes storylines et une galerie de personnages attachants. Néanmoins, le bilan sera bien moins dithyrambique que celui conclu hâtivement après visionnage du pilot.

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L’excentricité des protagonistes : le point fort du show 
Dirty Sexy Money, c’est d’abord ce cast détonnant, une riche famille excentrique allant du vieux patriarche aux jeunes jumeaux désinvoltes, le tout dirigé par un trentenaire dynamique, interprété de manière impeccable par notre cher Peter Krause.
Pour un drama familial, les personnages sont un élément nécessaire. A cet égard, Dirty Sexy Money réussit son coup et propose une galerie de personnages riches et variés, tous très différents des uns des autres. Cela permet de mettre en scène efficacement le luxe et l’oisiveté vus par plusieurs générations, cela se traduit par la recherche de distraction et de fêtes déchaînées pour les plus jeunes, par des mariages en série et des conquêtes en pagaille pour les aînés et par du bon vin et d’achats compulsifs pour les plus âgés.

Ainsi, se distingue plusieurs personnalités rayonnantes et hautes en couleurs. Il y a bien les jumeaux, insouciants, futiles voire un tantinet superficiels, il faut dire que le jeu désastreux de Samaire Armstrong aide beaucoup dans cette voie. Pour ma part, je retiens avant tout Brian, le frère pasteur méprisant, dont la vie évolue déjà beaucoup au cours de cette première saison, et Karen, the professionnal divorcee, à la fois touchante et amusante.
Il y a une vraie et réelle alchimie entre les Darling, le résultat quasi-palpable est amusant et efficace, cette famille à la fois unie et impertinente est très appréciable dans ses airs dysfonctionnels....

Une famille difficilement gérable, se traduisant par des imperfections techniques dommageables
..., malheureusement, malgré les nombreux pesonnages charismatiques, le reproche qui en découle est qu’au cours d’un même épisode, il est difficile de traiter véritablement chacune des storylines de manière égale, en raison de ce nombre important de personnages. Parfois, certains characters sont mis de côté et n’apparaissent que le temps d’une scène en famille. D’autres attendent encore d’être mis en lumière, notamment Kiki, la fille de Nick dont on se demande comment elle est éduquée. Il aurait été plus aisé pour la série de faire en sorte que Nick soit célibataire.
Ainsi, pour gérer cette difficulté, le montage est souvent abrupt, on passe d’une scène à une autre de façon très peu subtile. C’est cela –entre autre choses- qui fait que Dirty Sexy Money n’est pas une réussite incontestable. Au-delà des trois premiers épisodes, cet effet participe à une routine qui commence à s’installer, les personnages censés dysfonctionnels n’amusent pas outre-mesure et la plupart des storylines bien qu’agréables à suivre ne sont pas follement passionnantes.

Un arc fil-rouge au demeurant peu exploité
C’est ledit arc qui devait principalement caractériser la dimension drama de Dirty Sexy Money. Malheureusement, et ce n’est pas l’effet de la grève qui aurait pu arranger les choses, l’intrigue centrale de Dirty Sexy Money tourne -déjà- en rond.
En fin du pilot, Nick comprend que son père fut victime d’un assassinat, le choc était tel qu’on laissait présager une enquête approfondie et un comportement revanchard de Nick à l’égard des Darlings.
Pourtant, ce ne fut pas le cas, Nick continua de chaperonner les Darling sans se focaliser véritablement sur l’accident tragique de son père et en faire une priorité. Outre cet aspect surprenant, l’intrigue n’a pas connu d’évolution majeure, à l’exception de la découverte de Simon, un jeune milliardaire -insipide soit dit en passant-, ennemi de la famille Darling qui entretenait une relation encore mystérieuse avec le père de Nick. A part cet indice, l’intrigue est restée telle quelle, les suspect initiaux restent suspects, l’accident reste techniquement inexpliqué, la vie personnelle du père de Nick reste non-creusée.
Souhait des showrunners de ne pas trop en dévoiler en raison d’un contexte délicat ou résultat d’un flou scénaristique imprécis et hésitant ? Le mystère reste entier.  

Une série très ABC : un soap moderne qui s’assume
Dirty Sexy Money est à l’image de sa galerie de personnages : parfois excentrique, parfois superficielle, parfois inintéressante, parfois hilarante. Ce qui manque le plus dans cette série, c’est avant tout le côté drama du show, à l’image de quelques bons épisodes de Brothers & Sisters. Tout est un peu superficiel, les storylines se contentent d’être légères, rapidement effleurées pour divertir et passer à autre chose. Pourtant je suis sûr que l’émotion et la profondeur siéraient très bien aux visages des Darlings. Il faut espérer que cette facette soit prochainement exploitée.
De plus, lorsque des storylines plus sérieuses se présentent, celles supposées les plus intéressantes et travaillées en somme, -j’évoque ici notamment la relation entre Brian et son fils caché et celle entre Nick et sa femme-, c’est alors très souvent redondant et cela manque un peu d’évolution. Il faut espérer que le propos de la seconde saison soit davantage orienté vers quelque chose de plus saisissable et de plus construit.

Au final, DSM est une série très ABC, à la fois dynamique, tape à l’œil, amusante, esthétique, stylisée et divertissante, c’est un soap qui s’assume pleinement et qui n’a aucune autre prétention. Comme de nombreuses dramédies à tendance soap d’ABC (Men in Trees, Desperate, B&S, Grey’s) Anatomy, l’aspect excentrique prend peu à peu le pas sur le drama : la série connaît de forts beaux atouts, des histoires mélos, des personnages solides très attachants et une jolie alchimie en résulte. Dirty Sexy Money exploite bien ces ingrédients et ainsi se laisse suivre avec un grand plaisir. Mais la série n’arrive pas à créer un lien dramatique, le propos reste superficiel et les storylines sont cloisonnées dans l’univers sophistiqué de chaque personnage. Il manque une réelle intéraction et un propos vibrant et émouvant.
Pourtant, les Darling comme Brian, Karen ou même Letitia ont un réel potentiel et je pense que la série gagnerait en maturité et en relief si elle parvenait à exploiter cette dimension, indispensable pour elle.

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