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Mo Hayder : Viscères

Par Stephanie Tranchant @plaisir_de_lire

Viscères  de Mo Hayder   4/5 (05-02-2015)

Viscères  (441 pages) est disponible depuis le 15 janvier 2015 aux Editions Presses de la Cité, dans la collection Sang d’encre.

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L’histoire (éditeur) :

Il y a quinze ans, deux amoureux ont été retrouvés sauvagement éviscérés dans le bois attenant à la maison de campagne des Anchor-Ferrers. Le principal suspect, qui a avoué les crimes, est depuis sous les verrous. Mais aujourd'hui, alors qu’Oliver, Matilda et leur fille, Lucia, n'ont pas oublié cette découverte macabre, l'histoire se répète, plongeant la famille dans la terreur.
En grand peintre de l'angoisse, Mo Hayder nous livre une série de tableaux sanglants, dans lesquels le commissaire Jack Caffery, toujours hanté par la disparition de son jeune frère, est plus vulnérable que jamais.

Mon avis :

Première découverte de Mo Hayder, Viscères se révèle à la hauteur de mes attentes. Je connaissais  son travail et sa réputation pour l’écriture de romans sombres, sordides et aux descriptions pour le moins gores,  et comme ce sont des détails que j’aime retrouver dans ce genre de lectures, je me faisais une joie de me plonger dans ce nouveau titre à la couverture assez morbide et déconcertante.

Aucune déception ici, avec  Viscères. On entre très rapidement dans l’histoire et les chapitres ultra courts passant d’un personnage à l’autre et d’une situation à une autres offrent une vivacité au rythme très appréciable.

Une petite chienne est retrouvé dans les bois avec accroché à son collier un message appelant à l’aide. Jack Caffery, en proie à de terribles migraines depuis la mort de Tracey Lamb (dernier maillon d’une chaine de pédophiles ayant eu un rapport avec la disparition de son grand frère, il y a plus de vingt ans) choisi de prendre quelques jours de repos afin de régler cette vieille affaire personnelle. Il va trouver de l’aide auprès du Marcheur, un mystérieux vagabond qui a recueilli une petite chienne blessée,  portant à son collier un message appelant à l’aide. Le marcheur lui propose alors un marché : Caffery doit retrouver les propriétaires de l’animal (et comprendre ce singulier et effrayant message) en échanges d’informations. A quelques kilomètres de là, les membres de la famille Anchor-Ferrers sont confrontés à des évènements inexplicables, leur rappelant des faits vieux de 15 ans relatifs au double meurtre commis par un dangereux psychopathe non loin de chez  eux. La découverte d’entrailles au fond de leur jardin, soulève alors une immense inquiétude. Surtout que sans téléphone et éloignés de tout, le souvenir du malade mental Minnet Kable ne promet rien de bon à venir.

Mo Hayder fait doucement monter la pression en mettant le lecteur face à deux situations distinctes : les recherches, plutôt détendues, de Caffery pour retrouver les maîtres de la petite Ourse (et ainsi trouver une piste à ses interrogations), et  un huis-clos à l’ambiance hautement oppressante où Oliver, Mathilda et leur fille de 30 ans, Lucia sont tenus captifs. Vous savez que l’enquête que mène l’inspecteur (presque tranquillement) le conduira aux Anchor-Ferrers mais vous stressez de ne pas le voir débarquer plus rapidement. Les réponses sont dévoilés progressivement, le stress grimpe à mesure que les jours défilent et les coups de théâtre tombent jusqu’à laisser le lecteur sans voix. Entre ses deux intrigues, l’auteure joue subtilement la carte du suspens et entraine le lecteur jusqu’au bout où  une ultime surprise l’attend.

Viscères est un très bon thriller. Je m’attendais à plus de sang et de scènes choquantes mais ce que Mo Hayder nous offre ici est prenant et très bien narré.  J’ai pris plaisir à découvrir Caffery, un commissaire adjoint de la brigade criminelle qui a déjà quelques heures de route et surtout pas mal de romans dont il est la vedette. L’auteure fait d’ailleurs référence à ses précédente enquêtes et à son passé, mais pour ceux qui ne connaisse pas encore le protagoniste ça ne pose aucun problème de compréhension. Au contraire, après avoir lu ce livre j’ai encore plus envie de lire les précédents (dont Birdman et Fétiches, qui vient de sortir au format poche). Sans pour autant m’être attachée à lui (ni à aucun des autres personnages en vérité), j’ai éprouvé une certaine empathie en découvrant son obsession : trouver suffisamment d’informations pour mettre des mots sur la disparition d’Ewan son frère de neuf ans. Alors forcément le mot de la fin met très mal à l’aise. Quant à la famille Anchor-Ferrers, j’ai senti leur peur et les réponses apportées à leurs doutes m’ont fait froid dans le dos !

C’est donc avec fascination et addiction (la fin des chapitres est diablement efficace pour ne pas vous lâcher) que j’ai découvert Viscères, un titre qui risque de vous donner envie de suivre de près cette maître du thriller. 


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