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Avec Philip Roth

Publié le 06 février 2015 par Lecteur34000

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« Avec Philip Roth »

SAVIGNEAU Josyane

(Gallimard)

Josyane Savigneau fut, et selon ses mots à elle, « destituée » de la direction du Monde des Livres aux alentours de l’an 2005. Mais en dépit de cette « destitution », cette journaliste est une « grande » professionnelle dont le Lecteur avait beaucoup apprécié la biographie qu’elle consacra à Marguerite Yourcenar. Cet « Avec Philip Roth » est, lui, affublé d’un titre en trompe l’œil. Tant il est vrai que le livre, s’il traite de l’exceptionnel romancier américain, ne s’intéresse à l’homme qu’afin mieux aider à (re)parcourir (ou, et pour les non initiés, s’initier) à son œuvre. Ce qui donne un superbe et bouleversant chant d’amour qui situe cette œuvre parmi les plus conséquentes de la littérature contemporaine. Tel est du moins le ressenti du Lecteur qui la fréquente lui depuis la parution dans leurs traductions en français des tout premiers romans de Philip Roth.

(Il est d’ailleurs très fâché, le dit le Lecteur. Quel est celui de ses amis qui lui emprunta « Goodbye, Colombus » et « Portnoy et son complexe », mais qui jamais ne les lui restitua ?)

Le Lecteur a donc vécu depuis près d’un demi-siècle dans une sorte d’osmose avec l’enfant de Newark. Il ne fut jamais un « critique » pertinent des romans successifs qu’il découvrit l’un après l’autre au cours de tout ce temps-là. Non. L’osmose est un obstacle à l’approche critique. Ce qui est sans doute le cas de Josyane Savigneau, ce que le Lecteur ne reproche en aucune façon à la Journaliste « destituée ». Bien au contraire. Il partage avec Elle l’essentiel de ce que contient l’immersion dans l’œuvre à laquelle Elle s’est livrée et qu’Il partage. Philip Roth a décidé d’en finir une fois pour toutes avec l’écriture. « Némésis » est donc le dernier des romans qui ait pris place dans la bibliothèque du Lecteur, la place matérielle bien entendu, mais plus encore la place à la fois affective et intellectuelle.

« Au bout du compte, qu’est-ce que tout cela a à faire avec la littérature ? On est contraint de s’engager dans ce débat tant il est récurrent. Mais l’accusation de misogynie est simplement « non littéraire ». Roth le dit, un personnage féminin, ce n’est pas « les » femmes. Et moins encore « la femme ». A celles qui s’appuient sur le témoignage de Claire Bloom et de quelques autres pour affirmer que vivre avec Roth n’est pas toujours une partie de plaisir, on a envie de rétorquer : et alors ? Qu’est-ce que cela lui retire en tant qu’écrivain ? Ce qui est misogyne, c’est de penser qu’une femme est dépendante d’un homme, ou des hommes, au point d’avoir besoin qu’ils soient, à titre privé, « gentils » avec elles. Pour combattre la misogynie, ce qui importe, c’est la vie publique, les lois, les pouvoirs, la société en tant « qu’espace public ». La   littérature n’a surtout pas a être régie par les mêmes règles. Et d’ailleurs, si Roth devait être quelque chose en ce domaine, c’est plutôt misanthrope que misogyne… »

Josyane Savigneau - Avec Philip Roth


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